CHAPITRE QUATRIEME
ne prenaient rien de leurs observances. Ils se bornèrent aux vœux qui sont Tessence de la vie religieuse.
Les œuvres multiples de Tapostolat chrétien ont provoqué la naissance d'un grand nombre de sociétés de clercs réguliers. Elles ont toutes bien mérité de l'Église, par les exemples de vertu qu'elles ont donnés, par les hommes puissants en œuvre et en parole sortis de leur sein et par la fécondité de leurs labeurs apostoliques. La reconnaissance des fidèles aime à placer en première ligne la Compagnie de Jésus. Que n'a-t-elle pas fait pour la plus grande gloire de Dieu dans les missions étrangères, au sein des contrées ravagées par l'hérésie, au milieu des adolescents, dans les chaires des universités, partout où il y a eu une vérité à défendre, une erreur à attaquer?
Ne semblerait-il pas impossible désormais de retrancher quoi que ce soit des formes extérieures de la vie monastique ?
Attendons un siècle encore, et nous assis-
icrous en France à une nouvelle et dernière phase de la vie religieuse.
L'amour de Dieu et de l'Église avaient jusque là maintenu l'union entre les religieux et le clergé séculier. C'est là un bien très précieux. Il procure aux nations chrétiennes une grande prospérité. La vie circule abondante dans les membres de la hiérarchie; les prêtres, pleins de doctrine et de vertu, conduisent sûrement les fidèles dans les sentiers de la sainteté; les hommes, voués à la pratique de la perfection, leur prêtent volontiers le secours de leurs paroles et de leurs exemples.
Satan , qui ne peut supporter la paix de TEghse et le bien de âmes, s'efforça de rompre cette union. Il chercha à semer la division entre les clercs et les religieux. Il porta les premiers à jalouser l'influence et les privilèges des seconds, comme si ces privilèges, en les mettant à l'abri des changements, ne les rendaient pas plus aptes à servir la chrétienté.
Dieu, pour empêcher les maux que cette
LE MOIXE BÉXÉDICTIX
division aurait attirés sur l'Église de France et mannenir autant que possible l'influence des réguliers sur les clercs, suscita des milices qu, prirent le milieu entre les deux éléments devenus rivaux. Elles ne prirent de la vie religieuse que la vie de communauté. Leurs mem, es ne se lièrent point par les vœux de religion; on ne leur donna pas les noms traditionnels de Pères on de Frères par lesquels les chrétiens aiment à désignée leurs religieux. Tels furent les prêtres de feaint-Lazare. de Saint-Sulpice et de l'Oratoire, prêtres séculiers vivant de la vie com mune.