CHAPITRE DEUXIEME
ainsi. L'aflection du moine pour ses frères a une origine céleste ; elle est dégagée des éléments périssables, et par suite inacessible aux changements.
Oui, ils sont heureux, divinement heureux, parce qu'ils aiment Dieu, ils aiment leur abbé, ils aiment leurs frères, ils aiment leur famille religieuse, ils aiment leur cloître. Cet amour, cet esprit de famille, ils ont su l'inspirer aux vieux âges de foi. Ce sont eux (pii ont jadis organisé le foyer chrétien ; ils ont par là rendu à la société un service immense.
Cet amour, ce bonheur, ils ont su l'exprimer de bien des manières. Ils l'ont dit ou écrit dans un langage dont le charme et la sincérité nous séduisent encore ; ils l'ont traduit partout autour d'eux, dans leurs églises, dans leurs cloîtres. Leur vie entière en était imprégnée. Leurs demeures, leurs personnes exhalaient un parfum de paix et de joie qui séduisait les âmes chrétiennes et les provoquait à entrer nombreuses dans la fa-
sî
LE MOIXE BENEDICTIN
mille bénédictine. Le même bonheur règne au sein des quelques monastères restaurés de nos temps. Ah ! si les hommes savaient combien est douce, même dès ici-bas, la part échue à l'enfant du cloître !