CHAPITRE TR0ISIE:\IE
LA TRIÈRE DU MOINE. — l'œUVRE DE DIEU. — LA PRIÈRE LITURGIQUE.
\TouÉ par état à la pratique de la perfection chrétienne, le moine doit laisser se développer parfaitement en son àme la vie de la sainte Eglise.
Le chrétien est l'enfant de l'Eglise, le membre du corps mystique de Notre Seigneur Jésus Christ. Peut-il avoir une vie à soi, diftérenle de la vie du corps du Sauveur? Peut-il ne pas vivre de la propre vie de l'Eglise ? Ne doit-il pas plutôt faire tous ses efforts pour s'approprier cette vie? Le moine, chrétien parfait, tend à ce but plus que personne. Il cherche à perfectionner son caractère auguste de membre de Jésus: c'est là sa vocation.
Il se livre à l'action vivifiante de l'Esprit consolateur, qui le saisit, réalise et développe en lui ce que sa présence mystérieuse accomplit au sein de l'E^çlise.
Aa ant tout, elle est une orante, une société d'hommes qui prient. La prière est son grand devoir envers Dieu, elle est son occupation principale^ elle est en quelque sorte l'occupation de tous, ses instants : Benedicam Dominiini in omni tempore i. Elle est sa raison d'être. Pourquoi Dieu a-t-il créé le genre humain? Pourquoi l'a-t-il élevé à l'ordre surnaturel? Pour sa gloire sans doute. Cette gloire, l'humanité déifiée la rend à son Créateur surtout par le culte public. Pour le glorifier dignement, elle l'adore, elle célèbre ses louanges, elle implore pardon, elle sollicite des faveurs; en un mot, elle le prie. Et c'est par l'oblation du saint Sacrifice et la célébration de la louange divine qu'elle remplit ce noble devoir de la prière.
L'Eglise sait Dieu, ses œuvres merveilleuses