‹ Le moine bénédictin [microform]Chapitre 60 sur 82 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

schisme, les sectes hérétiques elles-mêmes l'intéressent ; elles ont appartenu au bercail du bon Pasteur, et Pierre s'efforce chaque jour de les y faire rentrer. Leur histoire lui offre de précieux éléments et des débris intéressants de la foi et de la discipline antiques.

Il ne néglige ni les juifs ni les infidèles ; les uns et les autres sont de droit à Jésus. Ils ne peuvent se soustraire à l'action de| l'Esprit gaint. Ils conservent encore quelques lambeaux de vérité ; et parmi eux se trouvent des hommes au cœur droit, qui appartiennent à l'àme de l'Eglise.

L'histoire nationale ne doit pas rester étrangère au paisible habitant du cloître. Sa profession n'étouffe pas le patriotisme dans son cœur : elle le fortifie plutôt et lui donne plus de noblesse et de désintéressement. Le moine aime ses concitoyens, il aime sa patrie ; il aime son présent, son avenir et plus encore, s'il est possible, son passé. Il fouille ses annales avec avec un soin jaloux ; et l'ardeur qu'il met à révéler ses gloires et

à les défendre ne cède le pas qu'à son zèle, à son culte pour la vérité.

Mais il est une étude non moins chère à son àme. Nous avons dit plus haut sa tendresse pour le lieu de son repos, pour cette abbaye qui est son berceau, sa maison paternelle, son foyer domestique. Avec quel amour ne conserve-t-il pas les chartes des temps anciens, les diplômes pontificaux ou royaux, qui relatent son origine et lui permettent de constater les gloires d'un passé glorieux ? Avec quelle diligence ne note-t-il pas les principaux événements de son histoire ? Plus tard il compulse ces documents et rédige la monographie de son monastère. Il ne se borne pas aux œuvres des moines, -ses pères ; sa maison a tenu dans la nation une place trop importante, pour qu'il puisse isoler son histoire de celle de son peuple. Les annales et les chroniques des abbayes deviennent sous sa plume une source historique des plus intéressantes, à tel point que l'un des hommes, à qui son érudition assure

l'une des premières places parmi les savants de son siècle, Mabillon, a puisé sa science prodigieuse dans l'étude approfondie de l'histoire monastique.

Les sciences ecclésiastiques ne sont pas le seul champ où le bédédictin puisse exercer son activité intellectuelle. Laissons parler ici les Constitutions de la Congrégation de France. Scientiœ ecclesiasticœ. cujus rami tam longe lateque projeriintur, incumbant fratres discrète, non indigeste. Si vero quidem aliariim scientiariim partes experiri cupiunt, prœhabitis sacrœ theologiœ jiiribiis, et hoc illis concedatiir. si affiilgeat spes fundata eos in talibus exercitiis profiitiiros. dummodo ad religionis scientiam ultimo rediicatur studiiim illud nulliimqiie detrimentiim monastico spiritiii afferat i.

L'enfant de saint Benoît ne peut de lui même choisir telle occupation, telle étude qui lui agrée. Il milite sous une règle; l'emploi de son temps doit être consacré par la

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