CHAPITRE CINQUIEME
études sur sainte Gertrude et sainte Meclitilde ; des monographies empruntées à tous les âges de l'Église et venant compléter par l'analyse des détails ce que l'histoire générale a d'inachevé dans l'ensemble... Et si j'ajoute enfin que V Année liturgique, ce livre dont on a pu dire que, mis à la portée de tous, il ferait une révolution dans le monde, si j'ajoute que cette incomparable épopée de la vie et de la piété chrétiennes a trouvé son couronnement dans le chant de l'Église ramené à la pureté primitive des mélodies grégoriennes ; l'activité féconde de Dom Pothier et de ses émules achèvera de montrer que, dans ses cinquante premières années, Solesmes a bien mérité du Christ et de l'Église. »
Le Christ et son Église peuvent donc à juste titre compter sur les moines.
Qu'il leur reste à faire, grand Dieu ! Le rationalisme nous envahit de toutes parts; il pénètre jusque dans le sanctuaire, déguisé sous le nom de catholicisme libéral; il cherche à souiller de son contact impur
toutes les branches de la science ecclésiastique. La sainteté s'en va, parce que les enfants des hommes diminuent la vérité, affaiblissent son énergie divine et ternissent sa candeur virginale. Ils n'osent plus affirmer la royauté du Seigneur. Pourtant, aujourd'hui comme dans les siècles passés, le Seigneur est le roi des peuples et le roi des sciences.
Que d'efforts ne fait-on pas pour réparer les ruines qui s'amoncellent! Le succès, hélas! ne répond guère à la bonne volonté. Pourrait-on espérer une restauration catholique sérieuse, tant que l'erreur n'aura pas été confondue partout où elle porte ses pas, tant que les droits imprescriptibles du Christ et de son Église ne seront pas imposés aux convictions? Or, comment obtenir ce résultat, s'il n'y a pas au sein de la société chrétienne des centres nombreux, où la vérité se conserve intacte ; des lieux irrépréhensibles, où se tiennent des témoins autorisés de la tradition catholique ? Ces centres sont un foyer de lumière, qui rayonne sur toute une contrée,