CHAPITRE DEUXIEME
saint benoit patriarche des moines
d'occident.
LES moines n'avaient pas encore de règle fixe. Ils la cherchaient dans l'étude des divines Ecritures; une interprétation traditionnelle, éclairée et fortifiée par le génie des saints, leur en donnait l'intelligence; les règlements des anciens et les ordres de l'abbé en formulaient la pratique. Les divergences nombreuses et profondes, qui résultaient de cet état de choses, n'allaient pas jusqu'à altérer l'unité de la vie monastique. S'engager à mener loin du monde une existence pauvre, chaste et obéissante suffisait pour faire le moine. Ceux qui contractaient cet engagement étaient tous moines, tous
frères par conséquent; peu importaient les différences dans la manière de vivre.
L'initiative trop individuelle de chaque abbé exposait l'ordre monastique k des fluctuations sans nombre, qui l'auraient entraîné dans une prompte décadence. IMais Dieu voulut épargner cette douleur à son Eglise. Il suscita en Orient saint Basile et en Occident saint Benoît. Ces saints patriarches réunirent et coordonnèrent tous les enseignements de leurs devanciers. Après les avoir mûris devant Dieu par une prière persévérante et les avoir expérimentés sur eux mêmes et sur leurs disciples, ils en consignèrent la substance dans leurs règles immortelles.
Saint Benoit surtout eut une influence immense. Il put mettre à profit la doctrine et les exemples de saint Basile « de notre père saint Basile » comme il aime à le nommer lui môme, sed et régula saiicti pair is nostri Basilii ^ Le Seigneur, pour