‹ Le moine Guibert et son temps (1053-1124)Chapitre 4 sur 64 · XIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XIV PRÉFACE

tel maître il s'était formé non seulement à l'art de la réflexion logique, mais aussi à la discipline du caractère. Dans le môme temps, il s'était nourri des ouvrages de Grégoire le Grand, c'est-à-dire de pensées limpides et d'émotions généreuses. Alors aussi il lisait passionnément les poètes latins, suspects d'impureté païenne aux moines farouches qui prenaient Virgile, Ovide et Ju vénal pour des démons et coupaient sans miséricorde, dans les parchemins, « à la façon des ongles », les vers qui chantaient l'amour ou les joies terrestres. On entrevoit, dans l'esprit et la conscience de Guibert comme une aube de Renaissance. Il se rattache à la société des grandes âmes qui surent alors mettre d'accord la raison et la foi et se ralliaient à la sentence de cet admirable Gerbert : « Dans les choses de l'action, l'humanité tient le pre-

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