LB SUPPLICIÉ
Bien en avait pris au malheureux fossoyeur Frère Simon de s'être ûonné, dans la nuit, avant la séance affreuse du chevalet, cinq à six fortes rasades du vin le plus généreux de la cave des Pères : grâce à ce puissant tonique, grâce surtout à une constitution vigoureuse, fortifiée encore par son ancien métier, il échappa aux conséquences de la torture à laquelle l'avait soumis l'impitoyable restaurateur des moines.
On l'avait porté, ne donnant aucun signe de vie, dans l'infirmerie des Frères.
L'infirmier s'était hâté de lui faire respirer du fort vinaigre ; il lui avait frotté les mains, l'estomac, les tempes ; une potion chaude et aromatisée avait été préparée, et on lui en ingurgitait quelques cuillerées. Ces simples précautions, en attendant les ordres d'un médecin, avaient suffi pour