‹ Le moineChapitre 54 sur 58 · LA CANONISATION DES MARTTRS DU JAPON · texte numérisé non relu

LA CANONISATION DES MARTTRS DU JAPON

lui naturellement qui était allé à la chancellerie pontificale demander que le prélat exempt, l'abbé de Charroux , fût compris dans les invitations.

Une hospitalité brillante attendait donc dom Boissier à Rome.

Il y parut avec tout l'éclat de sa nouvelle dignité.

Le vieux évéque de Poitiers, malgré son grand âge, Voulut assister à la solennité, et porter à l'immortel Pie IX son hommage de profonde vénération. Les maux de l'Église étaient grands, et lui, le chaud ami des moines, ne pouvait manquer de venir accroître le nombre des prélats qui allaient s'annihiler devant les hommes du cloître et travailler, comme des aveugles et des dupes, à l'abaissement du corps du clergé séculier dont ils sont les chefs naturels.

II en coûta néanmoins à sa vanité d' évéque et de grand seigneur d'aller rendre hommage à ce cardinal de fraîche date, qui av.ait été aumônier de quelques pauvres religieuses de Poitiers.

Dom Boissier se trouvait là.

— Nous vous devons beaucoup, monseigneur, dit l'Éminence.

L' évéque ne comprit pas si c'était une fine raillerie ou une parole dite sincèrement par le cardinal Guillart.

— J'ai toujours eu, Éminence, une grande affection pour vous, et je suis bien heureux que le Souverain Pontife ait récompensé vos mérites par les honneurs de la pourpre.

— Monseigneur, dit dom Boissier, avouez que

8i l'aU^é GuiUart eût été curé de Saint- Hilaire et moi du village de Ghasseneail, ou de tout autre dans votre banlieue, il n'eût jamais porté le chapeau de cardinal, ni moi la crosse abbatiale, à la solennité de la canonisation des martyrs du Japon. Cest vous qui nous avez faits moines^ monseigneur. Tout est venu de là. Mon ami éminentissime avait raison ; et je vous dis avec lui : Nous vous devons tout •

Ce fut là Tunique vengeance de dom Boîssier.

Les deux amis, en hommes courtois, comblèrent le vieillard de. prévenances, le promenèrent dans Rome. Ces deux pauvres abbés, tant dédaignés de lui, étaient ses égaux*

Cependant, la veille de la grande fête, un Père Capucin se présentait chez le cardinal GuiUart II le demandait et en même temps le révérendissime abbé de Charroux; c'était l'illustre Père Athénagore de Paris, que les Capucins députaient à Rome, auprès du Saint-Père, pour prendre part à la brillante solennité, et en même temps pour s'occuper, avec lui et avec les sommités du monde clérical et monacal, des moyens d'étendre la salutaire doctrine romaine de l'infaillibilité papale*

Le cardinal GuiUart voulut que le Père Athénagore acceptât chez lui l'hoc^italité.

Le jour même il y eut dîner intime au palais de rÊminence* On laisse à penser les joies des trois amis.

Au dessert, trois toasts furent portés :

— A réminentissime cardinal de TJÊglise romaine Guillart !

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