LONDRES
Adresse du peuple anglais au peuple de Paris.
« Frères,
« Les quelques heures qui viennent de s'écouler ont été remplies dans votre ville par des évéticmenls de la plus haute importance pour le bien-être de la société dans le monde.
« La politique insensée de votre gouvernement a été cause d'une commotion dont il e.-t difficile de prévoir les résultats. De sagi s concessions à de jusli^s demandes vous auraient sauvés de la guerre civile, et le pouvoir n'aurait pas été coupable du sang répandu.
« Vous avez fait votre devoir, la justice a prévalu, et vous avez triomphé. PuissetJt les événements de Paris, pendant ces derniers jours, demeurer comme un averlissenienl éternel aux chefs des nations de ne plus retomber dans la folie et l'aveuglemcnl de croire que les réformes ne sont pas nécessaires, ou que, si elles le sont, on ne doit pas les accorder.
« Peuple de France, la dignité et la stabilité d'une grande révolution consistent en ce qu'elle ai t lieu, d'abord, pour un grand objet, et ensuite qu'elle se fasse eu respecant la propriété el lu vie humaine, Nous
vous devons beaucoup pour votre nianifeslaiion contre l'oppression; mais uiris vous supplions de terminer celte lutte ainsi que vous l'avez conmiencée, dans un esprit de paix.
« Enfin, que Dieu vous protège, soyez calmes et fern.es, et la justice doit triompher. >>
— Le prince Louis Bonaparte a adressé la lettre suivante à M.\I. les membres du gouvernement provisoire :
« Paris, le 29 février 18^8.
« Messieurs,
« Après trente-trois années d'exil el de « persécutions je croyais avoir acquis le « droit de retrouver un fojer sut* le sol de « la patrie.
« Vous pensez que ma présence à Paris « est maintenant un sujet d'embarras, je « m'éloigne donc monienianénieni. Vous « verrez dans ce sacrifice la pureté de mes « intentions et la sincérité de mon pairio- « lisme.
« Recevez , messieurs , l'assurance de « mes seniimenls de haute estime el de « sympathie.
« Napoléon-louis Bonaparte. »
— On écrit de Berlin, le 18 février, au Journal allemand de Francfort :
« D'après les lettres que nous recevMiS de Saini-Pétersbi)urg, on est fondé à croire que la perspective assez assombrie de l'avenir de l'Europe a resserré les liens des deux cours, et l'on peut annoncer que, d'après la disposition testamentaire de Frédéric-Guillaume III, son successeur considère l'alliance avec l'Auiriche et la Russie comme la clef de voîiie de la politique européenne. Si donc quelque opération avait lieu contre l'Italie et la Suisse, les trois puissances du Nord agiraient en commun, sans prendre pour alliées la France et i'.^ngleterre. On croit qne si des désordres éclataient en France à l'occasion du ban- (juei, la Prusse formerait l'avant-garde de la triple alliance contre l'Occident. Airssi l'attention que l'on porte eu ce moment sur l'administration militaire de la Prusse esteHe déterminée par des motifs graves. »
On écrit de Bruxelles, 26 février, que le gouverneineiit belge prépare des mesures énergiques pour éviter le contre-coup du mouveinenl de Paris. Un emprunt forcé a été voté; il frappe uniquement sur la propriété immobilière, et est destiné à faire face aux besoins du moment.
On lit dans une leilre d'Aix-la-Chapelle, du 27 février :
« Les nouvelles des événements de Paris ont produit ici une impression exiraordinaii'e. Dans les lieux publics lUi s'nrrachaif les journaux qui contenaient le récit de ces événements. On s'alarme déjà des mesures qne le <»ouvernemeMt prussien ne manquera pas de prendre à la première nouvelle des événenienis. Déjà, il paraît certain que la landwehr est appelée, etroiicraiiu que les jeune-; gensde dix-huit à vingi ans ne soient également appelés. Nous nous attendon-; déjà à voir arriver ici une armée de trente mille homnies avant huit jnurs. »
Op éciit deThioiivi'le,'le 27 février, que quelques mouvements de troupes ont eu lieu dans le duché de Luxembourg, pour renforcer les garnisons fi'ontières 0" ajoute que les esprits sont très-agités à Trêves. (Prusse I liénane.)