THÉÂTRES
Nous ne pouvons aujourd'hui consacrer qu'une colonne ei demie aux ihéâtres. Dans le courant du journal, nous avons donné à nos lecteurs le chilfre des indemnités qui avaient été accordées. Ces indemnités sont bien insuffisantes, car, avant la révolution, chacun des théâtres indemnisés gagnait en huit ou dix jours la somme qui lui a été affectée. Il faut doue qu'avec ce qu'ils ont reçu ils réparent les perles déjà subies el aillent au-devant des perles à venir. Cependant, nous devons dire qu'ils ont répondu consciencieusement au vœu du gouvernement : ils onl tous rouvert leurs portes, et la plupart par des nouveautés.
Celle qui a eu le plus de relenlisscmeni, esl Tragaldahas, de M. Aug. Vacquerie.
Tous les journaux se sont si violemment escrimés autour de l'œuvre, que nous nous dispenserons de donner l'analyse de celle pièce, et de formuler déjà notre opinion sur l'auteur. Auguste Vacquerie est évidemraent un homme de talent, qui a peut-être le malheur de prendre l'impossible pour
l'original. Faire voir à dix-huit cents personnes, qui sont venues pour assister à une œuvre littéraire, un homme ivre qui vomit sur des buissons de roses, ne sera en aucun temps el n'a jamais été un effet scénique bien attrapant ni bien remarquable. Nous n'en sommes pas moins convaincu que si J\I. Vacquerie appliquait à une œuvre séiieuse le très-réel et (rès-iemarquabie talent qu'il a, que s'il dépouillait en outre certaines habitudes de forme excentrique qui compromettent l'école à laquelle il veut appaiteuir, nous sommes convaincu , disons-nous, qu'il pourrait nous faire assister bientôt à une levanche éclatante. Les deux derniers actes de Tragaldahas onl été presque eniièrement couvons par Us sifllets, el la pièce s'est terminée après une étrange allocution que Fiédérick-Lemaître a fuite au public, el dont la conclusion a été : « Crions lous : Five la Jie'publiqae! • Pendant une minute, les spi dateurs se sont regardés presque avec effroi, croyant (|ue notre gr;ind acteur était devenu fou.
L'Ere'nement, auquel M.Victor Hugo ne prend décidément aucune part, ni directe ni indirecte, a reproduit cniièi'euienl la pièce. Si nos lecteurs veulent juger par eux-mêmes, ils savent maintenani où la ii'onver.
Le Thi'âlre de la République ti repris : /lue faut jurer de rien, d'Alfred de Mussel, dont la première représentation avait eu lieu la veille même de l'insurrection; fleur perdue au milieu de l'orage et que le calme a fait renaître. Nous n'avons pas besoin de dire que ce nouveau proverbe obtient le môme succès que le Caprice.
Les Variétés, le Ïhéiître-Montansier et la Porie-Saiiii-Martin font assaut de tableaux vivants. C'est un reproche que nous leur adressons. C'est un spectacle pour des octogénaires abrutis, et non pour des chrétiens civilisés. Les Variétés , le Theiître- Montansier et la Porte-Saint-Marlin peuvent attirer le public par d'autres spectacles que ceux-là , et ces groupes maussades prennent injustement les scènes de Déjazet, de Bouffé, de Grassot, de Sainville et de Frédérick-Lemaître.
Nous espérons pouvoir, le mois prochain, résumer pins longuement les questions littéraires, s'il y en a.
PARtS.-TYPOGRAPHtE DE E. ET V. PENAUD FRÈRES, W, RUK J)0 FAUBOUUG-MOMMARIBK.
]%<> lo. — IS Septembre 1849.
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