PRÉFECTURE DE POLICE
^ux habitants de Parit.
• Citoyens,
• Ainsi que je l'avais espéré, les inventeurs ou émissaires de sinistres nouvelles ont cessé d'exercer sur l'esprit public leur fâcheuse influence. La confiance renaît, la tranquillité se raffermit. Ceux qui seraient tentés d'organiser, dans l'umbre , les moyens de paralyser les généreux efforts du gouvernemcnl,sonl connus et surveillés avec soin. Les prétentions de toute nature échoueront devant le bon sens et le patriotisme des masses, qui comprennent aujourd'hui que, sans ordre, la liberté ne peut porter ses fruits, et que l'ordre ne saurait exister hors de la République, au delà de laquelle il n'y aurait que déchirement et larmes pour toul le monde.
• Los approvisionnements de la capitale ce laissent rien à désirer. Giàcc à la récolte providentielle qui a lieu sur lous les
points de la Fiance, nous avons la certitude que le pain se maintiendra à un prix très-modéré.
« L'amélioration que j'avais signalée dans quelques branches d'industrie se soutient; la proporiion des travailleurs occujiés aux travailleurs inoccupés a fait ces jours derniers quelques progrès. Sur 28,225 ouvriers qui habitent dans les garnis, 18,038 sont occupés : 10,167 sont inactifs. Parmi ces derniers, il faut comprendre 3,000 individus environ qui, de tout temps et sous tous les régimes, persistent à fuir le travail pour se livrer à de honteuses et coupables habitudes.
« La populaiion des garnis a diminué cette semaine de 2,7G7 ûmes. Cette diminuiion résulte du départ d'ouvriers qui sont retournés en province.
• Le Monl-de-Piéié, depuis le 25 juillet jusqu'au 31 inclusivement, a prêté 302,002 fr., et les remboursements qui lui ont été faits se sont élevés à la somme de 334,302 f. La différence enlre ces deux chiffres indique une amélioration sensible dans lu situation des classes laborieuses.
« Dans l'espace de six jours, du 25 au 30, il a élé accordé 2,.30'i passeports à des ciloyons français; sur ce nombre, 593 ctnieut gratuits. Le chiffre des passeports
" M. RuGMFR prévient ses sousciiplcurs nii'il est en mrsiirc de donnor désormais son journal du 1" au 15 de iliaque mois. — Adross r, riyourcmcment Jranc", i fr. par an, ca un mandai sur la poste, ï 51. Reigmeb, 171, rue Monlmarlre.
(lélivros à des éuaiit;'cis a clé de 572 scuiLiiient.
« Les hôtels garnis el les maisons n.eu- Llécs lie la capitale ont vu déeroître légè- I cnifiil le nioiiveineiil de 1< iirs locataires. [| y est entré hfih9 personne s et il eu est parti 5,585. Celte dilTcrence doit être attribuée à l'ouverture des vacances. 519 étrangers sont descendus daus les liùlels : i52 sonl partie, ce qui seu.b'e prouver que le séjour de Paris offre plus de sécurité aux élraiigi'is, et que noue capitale les vtiia bientôt affluer dans ses niui s comme par le [lassé.
• L'ordre pub'ic, au poinl de vue de la répression des crimes el délits, continue d'être parfait. Nous n'avons ti déplorer qu'tiu seul attentat commis par uu soldai en étal d'ivresse contre un ciloyen iiioffensif. 11 a éié dénoncé 8 ai tentais contre la propriété, dont une leniative «l'incendie. Le nombre de vols simples el escroqueries a été en moyenne de 7 par jour.
« « Les prisons reureririaient, le 2/1 juillet, 3,ï82 détenus ordinaires ; le 30, ce nombre était réduit à S, 219. Le ehiffie des d<''lei.us pour cause d^usurreciiou est de 9,223.
• L'étal sanilaiie des prisons est loujoui's p;ufait.
• Dans un premier bulletin, j'.ii expliqué combien les rumeurs qui avaient effrayé la capitale étaient mal fondées, .aujourd'hui, je lerai encore justice d'une autre exagération : on a porté à des chiffres fabuleux le nombre (.'es victimes qui ont p(''ri par siiile des lamentables évéuemens du mois de juin. J'éprouve (juelque satisfactiou à pouvoir aflinner que le nombre total des morts, soit dans les rangs des insurgés, soit dans les langs des citoyens qui oui combaau pour la cause de l'ordre et de la République, y compris les décès dans les hôpitaux, est aujourd'hui de 1,580. Ce chiffre paraîtra faible si on le compare à ceux qui onl été mis en avant; mais il paraîtra énorme si l'on réfléchit que toutes les victimes appartienueut à la grande famille de la République, el que parmi elles la patrie conipie plusieurs de ses plus nobles cl plus illustres enfants.
" Le repiénenlmil du peuple, préfet de police ,
« Ducofx. •
Rien de nouveau.
Aujourd'hui, M. Banrhard , rapporteur de la commission denquéle, a donné lecture du travail de la commission.
L'Assemblée avait voulu que ses investigations poria^seut non-seulement sur l'insurrection du 23 juin, mais sur l'aitent;it du 15 mai. La commission a donc cheri lié la corrélaiion qui pouvait exister entre cf s deux éviinemcnts.
L'Assemblée avait délégué à la commissiou des pouvoirs souverains; la commission a rencontré | ariout une obéissance complète. Tous les citoyens, toute s ks auloriiés se sonl inclinés devant la souveraineté de r.\sM;niblée nationale. Elle a entendu uu grand nombie de témoins. Tuu- Ufois, un certain nombre n'ont pas révélé tout ce qu'ils savaient ; quelques-uns n'ont Cl nuntniiqué avec la commission que sous le voile de l'anonyme, lani était giande la
leireur que les derniers événements avaient laissée dans tous les esprits.
L'hontfrable rapporteur s'attache à caractériser d'une manière générale les deux évcuements soumis aux inviisiigations de la commission.
Des renseignements onl été demandés aux préfets, des commissions rogatoires onl été envoyées dans les dép;ni.;nienls, et les réponses ne sonl pas encore .arrivées.
L'Assemblée ordonne l'impression , la distribution du rapport el des pièces qui y soui jointes.
La discussion aura lieu uliérieurement.
MI^L Ledru Rollin, Louis-Blanc, Caussidière protestent avec chaleur contre les accusations dont ils sont l'objet dans le rapport.
La séance est levée au milieu d'une vive agitation.
— M. le premier président Séguier est mort.
— La dépense quotidienne, occasionnée par la détention | réventive des insurgés de juin, s'élève, tous frais compris, à 17,500 fr. par jour.
Quelque nombreuses que soient les commissions militaires, elles ne le sont point encore assez, malgré leur louable activité, pour pouvoir promptemeni mettre fia à uu étal de choses si onéreux. Il reste à statuer sur le sort d'une grande quaniiié de prévenus. Ou voit que la création d'une ou deux couimissions supplémentaires ne sérail pas
seulement un ncte (rinimnnité, oc fernii nii acte d'économie, dans un inomenl cù les acies d'économie sont bien nécessaires.
• Le pi ésideui du conseil, ciiefdii 1K)Uvoir exéculif,
• Vu le drciet da 27 juin ISùS, relatif aux in lividus ttolinés à être Iransporic's hors du terri*ftrWoniinenial, co'umeayani pris pari à rinsurrcciion lies 2? juin ei jours suivants ;
• Sur ie rnppoi'i du niinislre de la marine cl des colonies,
• Arrête :
• An. l''. Une commission est foitiîée pour l'cxanicn des questions relatives à l'exéeuiion du décret du 27 juin 18^8, et spécialement de celles qui se rappoileni an ( hoix du lien le plus conven;d)Ie pour la iransporiaiion et au mode de iranspnri qui devra être employé.
• An. 2. Celle coniniission sera présidée par le ministre de la mai ine et di^s colonies ; rlle so coni|iose des ci'oycns : lîogrr (du Loiret), vicc-amiral Cécille, .Monirol, représentants du peuple; Teii-aiix-ronipaiis , ancien député; conlteamiral de IIcll; Levassenr, minisire pli-nipoieniiaiiedi- France, an Mexique; Mesiro, directeur des colonies: IJ .qiicm uirrl, djrectenr du personnel militaire a des opérations maritimes an ministère; Birbaronx, ancien proc ureur-générai à l'île de la H('u- II ion.
• Art. 5. Le minière de la marine et d^s colonies est chargé de l'exécution du présent arrêté.
• Paris, le .31 juillet iS'iS.
• E. Cavatoac.
• r.ir 1(! chef du pouvoir exéculif :
• Le mini tire de la mari ne et de» colonie',
• "N'i'.nNiXAC. •
Piien, pas même la cr-iinle que l'ordre ne soit troublé !M.M;>rrasi donne de-i hais. Les uns disent que c'i st pour essayer de donner im édan an commerce ( l di; la confiance aux riches, lesaulrosdisent que c'est tout simplement parc(! que cela amuse le pré-ident de i'Assenibîét". Nous sommes de l'avis des uns et des autres.
L'autorité est sur la trace d'un mouvement tiès-actif de réorganisation des sociétés secrètes, tant à Paris que dans les
di'-partrments. On p;irle d'une correspond ince suivie à ce sujet entre le mi.'iistre de la justice et les procureurs-généraux de la Képubliiiiie.
Sur «n maedal décerné par le chef du pouvoir exécutif, un commissaire de police a saisi iinjourii'hui la Gazelle de France à la poste et dans ses bureaux ; cinq articles publiés dans divers numéros ont, dil-on, moiivé c tte mesure de rigmiir.
On a dit à l'Asscnihlée que M. de Genou le avait été arrêté. Nnus apprenons avec satisfaction que ce bruit est dénué de fondement.
Ou assure que l'interdiction prononcée conire plusieurs journaux le 55 juin, sera levée demain, et que ces journaux seroia autorisés à reparaître. On annonce à cei ( (Tel un décret pour demain.
Il y a en aujourd'hui une lenlative d'assassinat sur M. Tliiers. On lui a tiré un coup de fusil pendant qu'il était dans stm j.irdin. M. Thiers n'a pas été aiieini. Ou assure qu'une |ictite fille, assise à sa porte, aurait été blessé.î.
7 AOLT.
Ba'sseà la bourse.
• Le président du conseil , chargé du pouvoir exécutif,
« Arrête :
• Ali. 1". Est levée à compter de ce j-Mir la suspension prononcée par l'arrêté du 27 juin 18i8 contre les journaux : fa Ileroliitioii, fa Fraie lîp'pnbliqnc, VOrijatiixafiim du Irai ai/, la Presse, l Assenih>re vationnle, hlSnpoléim rcpnhlicain, le Journal de la CauniHe, le Pire Diichêne, le Pilvri , la Liberté et le l.awpian.
• Art. 2. Les scellé; apposés en exécution de l'arrêté du 27 juin ISiS sur les presses servant :i iinprimer les journaux sus- lésignés, seront levés par les fonclioni^ires qui ont procédé à leur opposition.
• La prohibition d'imprimer l'sdiis journaux et tous engagi-menispris par les imprimeurs rel.itivcmeni à celte prohibition sont considérés pour l'avenir comme non avenus.
" Art. S. Le préfet de police est chargé de rexéculion du présent arrêlé.
• Fait à Paris, le 6 août 18i8.
« E. Cavaicxac. •
Les journaux oni reparu. Ils semblent presque lous résolus à ne pns revenir sur Ja violation qui leur a été laite. Peut être ne font-ils qu'ailcndre la levée de l'élal de siège, pour prendre leur revanche.
On ne s'occupe à la Cliambre que de la discussion sur les caulionftemenis. Il est évident que les cautionnenieuis seront rétablis. Ainsi la République ne conservera pas une seule des libertés promises.
Le Moniteur coniient trois arrêtés du pouvoir exécutif :
Le premier autorise la formation , à Lyon, d'une société anonyme sous la dénomination de : Compagnie des tramporls $ur le lilione et la Saône ;
Le second lève la suspension prononcée contre le journal le Représentant du peuple;
Le iroisième admet les bons de la République, quelle que soit leur échéance, en payement des termes de l'emprunt.