‹ Le MoisChapitre 47 sur 75 · PRÉFECTURE DE POLICE · texte numérisé non relu

PRÉFECTURE DE POLICE

Aux habitants de Paris.

• Citoyens,

• Quelques incidenls parlementaires dans le sein de l'Assemblée nationale, et les nouvelles de l'Iialie, ont produit une certaine émotion qui occupe les espriis sans troubler la sécurité publique. Celle exciiaiiou n'offre rien de grave, parce que le pays a une juste confiance dans le patriotisme et dans la sagesse du gouvernement, qui saura dignement accomplir sa mission. Li République ne peut que se forlifier et grandir au milieu des épreuves que le ciel lui destine. Un seul jour d'orage renverse un trône ; mais toute agression, extérieure ou intérieure, ne servirait aujourd'hui qu'à démontrer l'irrésistible puissance d'une souveraineté qui réside dans tous.

€ A ceux qui essaieraient encore de propager l'alarme dans Paris, je répondrai par un seul mot : la République veille..., tant pis pour ceux qui tenteraient de la surprendre.

« Citoyens, j'aurai toujours le courage de vous dire la vérité, diit-elle devenir triste à révéler. Fiez-vous à mes paroles. Les ennemis de nos libertés ne parviendront jamais à nous les ravir. Restons

calmes et confiants, et contemplons sans effroi un avenir qui sera, j'en suis couvaincu, la page la plus glorieuse de notre histoire, parce qu'il réalisera pacifiquement les grands principes de notre régénération politique.

• L'approvisiounemeiU.^es halles est toujours dans l'état lé^^-*i-»aiisfaisant. L'indispensable aliment du paivre restera à un prix que tout salaire pourra facilement ai teindre.

Le Mont-de-Piété, cette ressource dernière des classes laborieuses, a moins reçu qu'il n'a rendu. Les sommes prêtées depuis le 31 juillet jusqu'au 7 août se sont élevées au chiffre de 329,251 fr., et les sommes reniboiusées à celui de 3^j7,711 fr.

• Dans le nombre des symptômes d'amélioration qui se manifestent, le mouvement des fonds à la Caisse d'épargne doit avoir une haute signification. A l'excepiion des journées de juin , pendant lesquelles les bureaux de la caisse centrale et des succursales sont restés nécessairement fermés, pas un jour de receiie ne s'est écoulé sans que la Caisse d'épargne ait reçu un nombre considérable de dépôts. Ainsi, depuis le 27 février jusques et y compris le 31 juillet, le montant total des receltes a été de 912,^60 francs, versés par 9,i98 déposants, dont 1,387 nouveaux. Les recettes des trois dernières semaines de juilei se sont élevées, en moyenne, à 36,000 fr; celles du dimanche 30 et celles du 31 juillet ont atteint le chiffie de 39,083 francs veisés par 37/i déposants, dont 68 nouveaux.

• Le nombre des travailleurs occupés se maintient dans une proportion favorable.

Sur 27,301 ouvriers qui habitent les garnis, 10,925 ont du travail ; 9,432 sont inaclils. La cause de cette inaction, pour le tiers des honmies compris dans ce dernier chiffre, ne réside pas dans l'étal fâcheux où s'est trouvée l'industrie. Il n'était pas donné à la République de transformer immédiatemeui des habitudes de désordre :

ce sera la lâche du temps et des institutions.

« Le mouvement qui s'est opéré dans les hôtels garnis et les maisons meublées de Paris est d'un favorable augure. Les étrangers reprennent le chemin de la capitale, et un moins grand nombre de Français l'a quiitée pendant ces derniers jours, malgré rouverlure des vacances. Il y est entré

k,c9U personnes; il en est parti 4,683. Le chiffre des départs, dans le bulletin précédent, était de 5,585. Le nombre des étrangers descendus dans les hôtels est de 710 ; 571 seulement ont quitté la capitale.

• Dans l'espace de six jours, il a été accordé 2,314 passepa||M^ des citoyens français : 745 é!aieni^3Hnts, 588 ont été délivrés à des étrangers.

• Nous n'avons à déplorer aucun attentai contre les personnes. Les attentats contre la propriété se réduisent à 7. Le nombre des vols simples a été en moyenne de 6 par jour.

• De itmps à autre, quelques détonationsviennent jeter l'inquiétude dans la population. Elles sont le résultat de l'imprudence que commettent des citoyens en déchargeant leurs armes au hasard. Les l)rojeciiles ainsi lancés dans l'espace peuvent causer des accidents difficiles à expliquer pour les personnes éloignées du lieu de l'exiJJosion.

• Deux coups de feu se sont fait entendre vers le périmètre des fortifications. Un factionnaire a été atteint dans ses vêlements. Les recherches les plus minutieuses n'ont pu encore révéler si ces faits doivent être attribués à la malveillance.

« Samedi dernier, un premier convoi de 531 détenus de juin a été transféré au Havre, où ils ont éié embarqués pour Belle- Isle-en-Mer. Indépendamment des raisons d'éiat, rencombrcnient des casemates faisait de ce tianspori une nécessité hygiénique. Les détenus tronveionl dans leur nouvelle destination tous les soins qui leur ont été prodigués dans les prisons de Paris. Dans l'intérêt des familles, je ferai insérer au Moniienr de demain les noms des citoyens transférés.

Depuis la publication de mon précédent bulli tin, 20 blessés de juin sont morts dans les hôpitaux, ce qui porte à i /4OO le chiffre total des victimes.

• Pai is, le 8 août IS^iS.

-•Le représentant du peuple, préfet de police, • Dicoiix, »

Le cautionnemenl est rétabli.

Rien de nouveau.

La séance d'aujourd'hui a été eniière-

meni consacrée à desra;5ports de pétitions. L'incident qu'on attendait n'a pas eu lieu. Seulement M. Marrasl a annoncé que les pièces relatives à renipiête ne pourraient être livrées que mercredi, et que la discussion ne pourrait venir avanl huit jours.

M. Louis Blanc a réclamé la publication immédiate des pièces justificatives imprimées jusqu'ici.

M. Ledru-Rollin a manifesté le désir qu'on en attendit la publication iniégralc.

L' .assemblée a passé à l'ordre du jour. 13, 14, 15 AOUT.

Pas d'événenienlsà l'intérieur. L'attente, voilà la position de la France. Les nouvelles de l'étranger sont tristes. Nous les donnons plus loiu :

Le journal VEve'nemenl publie une note curieuse que nous reproduisons avec plaisir. La voici :

Documents pour servir à l'histoire contemporaine.

La propriélé, c'est le vol.

Page 1