‹ Le MoisChapitre 58 sur 75 · DÉCRETS · texte numérisé non relu

DÉCRETS

Votede» lois organiques -partAttemhlèe nationale.

• L'As-eniblée nationale a adopté,

• El le chef du pouvoir exécutif promuN gue le décret dont la teneur suii :

« An. 1". L'Assemblée nationale ne se dissoudra point sans avoir volé les lois organiques.

« Art. 2. Un décret spécial, rendu immédialemoni après le vote de la Constitution, déterminera les lois qui devront être votées par l'Assemblée consiiluanie.

• Délibéré en séance publique, à Paris, le 4 septembre l&i8.

Limitation de* heure* de travail.

« L'Assemblée nationale a adopté, « Et ledit f du pouvoir exécutif promulgue le dérret dont la teneur suit :

• Art. i". La journée de l'ouvrier dans les manufactures et usines ne pourra pas excéder douze heures de travail effectif.

• An. 2. Des règlements d'adminisiralion publiqu(!iléteriHineront les exceptions qu'il Sera nécessaire d'afiporterà cette disposition générale, à raison de la naturedes industries ou des causes de force majeure.

• Art. 3. 11 n'est porté aucune atteinte aux usages et aux couvenliuns qui, auté rieunnienl au 2 ni:irs, Kxaient pour certaines industries la journée de travail à un «ombre d'heures intérieur à douze.

■ An. U. Tout chef de manufjcture ou usine qui contreviendra au présent décret et aux règlements d'adminisiraiion publique promulgués en exécuiion de l'art. 2, sera puni d'une amende du cinq francs à cent francs.

• Les contraTontions donneront lien à autant d'amendes qii il y aura d'ouvriers indûment entployés, sans que ces amendes réunies puissent s'élever au-dessus de mille francs.

« Le présent article ne s'applique pas aux usages locaux et conventions indiqués dans la présente loi.

« Alt. 5. L'article 63 du Code pénal pourra toujours être appliqué.

« Art. 6. Le décret du 2 mars, en ce qui concerne lu limitation des heures du travail, est abrogé.

« Délibéré en séance publique, à Paris, le 9 septembre 18A8.

M. Pinel-Granchamp, maire du douzième arrondissement, a été condamné à un an de prison, pour avoir pris part à l'insurrection.

16 SEPTEMBrtE.

La peine de mort a été maintenue, malgré les magnifiques discours de M. Coquerel et de Victor Hugo.

Interpellation de M. Falloux au ministre de l'intérieur, à propos des représentants que le gouvernement veut envoyer en province pour consolider l.i République.

Quelle sorte de république consoliderontils? la modérée ou la rouge? demande M. Falloux.

On passe à un orrlre du jour motivé.

On s'est liitéraleincni battu à coups de poing aujourd'hui à la bourse, à propos des élections. Les parlis;ius de MM. Cabet et autres avaient envahi la tribune destinée aux partisans de M.M. Fould et Delessert. On a été foicé de faire venir la garde.

Le 17 septembre 1394, édit de Charles VI, qui kaniiii les juifs de France à perpétuité. On sait que toutes les mesures de cette nature avaient en apparence la religion pour cause : c'était le prétexte, tandis qu'en réalité, c'était pour s'emparer de leurs richesses que les rois pro.scrivaient les secialeurs de Moîse. L'Ass(!mblée constituante s'était réservé de décider pour l'admission des Israélites dans les l'onctions civiles et militaires ; ce fut seulement sous l'empire que les juifs rsnirèrent dans le droit commitn et furent admis à la participation des droits civils el politiques.

M. de Fouchécoim (comte) ex-garde du corps, failli, lieutenant des ateliers nationaux, a été jugé aujourd'hui. Des pièces de t'iiisirucliun, il résulte que l'accusé et son fils, âgé de vingl-ei-un ans, qui aétélrans-

porlé, auraient coniballu à diverses barricades, conimaiidé à celles des rues Ciiiture- Sainl Geivais, SaiiU-FrançoiseiThorigny, où de l'argent fut distribué, et que surmoiiiait un drapeau rouge.

M* Creîsien a présenté la défense de l'accusé que le conseil a condamné à vingt ans de travaux foixés, à la majorité de cinq voix contre deux qui avaient voté la mort.

19 SEPTEUBFIE.

M. Marrast est réélu président de l'As- ' semblée nationale à la majorité de 5 i!7 voix sur 670 votants. C'est pour la troisième fois qu'il occupe le fauteuil de la présidence. Sa première nomination avait eu lieu par 411 voix sur 765; la suivanie, par 611 sur 708. Les autres pré^idenis de l'Assemblée avaient été élus comme suit : M. Bûchez, 390 voix sur 727; M. Sénard, 593 sur 696; M. Marie, Ù14sur790.

Nous conseillons aux présidents de l'assemblée de faire danser. C'est le moyen, à ce qu'il paraît , d'être toujours renumnié.

Louis Napoléon, Achille Fould et Raspail sont nommés représentants.

La nomination de ce dernier produit une grande sensation.

te soir on s'an a( hait la Presse à Paris. Elle reproduisait les arlicli'S du Mémorial hordeluis. Quoique ces ariicUs aient dû d(jà faire le tour de France , nous les consignons ici. Nous faisons des annales pour l'avenir autant qu'uu journal pour le présent.

Afircs le récit des guillolinades de M. Cavaignac père, le Mémorial hordelait passe à l'bisioire de M"e de Labarrère. Nous copions l'accusation ei la réponse.

« Le général Cavaignac est-il fondé à dite qu'il est heureux et fier déire le fils d'iiji tel homme? Continuons le récit de la vie de son père.

« tsi-ce que le génér:d ignorerait l'horrible histoire de mademoiselle de Labarrère? Cette histoire, des villes entières la connaissent et en parient encore. Venez à Dix, on vous montrera la maison de la victime. Celte fois, Jean- Baptiste Cavaignac inventa des atrocités nouvelles ; il surpassa les plus grands criminels que l'histoire ait voués à l'exéeraiion des siècles. Jugez-en vous-mêmes; lisez dans

la Biographie universelle , imprimée eu 1836 :

« C est à Cavaignac seul qu'appartient

• l'horrible fait relatif à une jeune per-

• sonne (mademoiselle de Labarrère),

• qui avait consenti à se déshonorer pour

• soustraire à l'éehafuud son malheureux

• père, que Cavaignac fil néanmoins périr

• en^uite. Dans la Biographie des Con-

• temporains on a voulu démentir ce

• fait, on a voulu le rejeter sur le con- " vcnlionel Pinet; mais nous avons pris « sur h'S lieux de nouv<'aux renseigne- « nienls, et il en résulte que ce fait atroce « appartient tout entier à Cavaignac; il « était bien alors à Dax, il parcourait le « département des Landes pour y remplir « son horrible mission, et il n'est pas pos-

• sible d'établir, comme on l'a voulu, un « atihi. La malheureuse demoiselle Labar- ■ rère, l'une des beautés les plus acconi- « plies qui aient jamais existé, disparut

• de la ville de Dax quelques jours après

• la mort de son père, et on Me l'y a ja-

• mais revue. ■>

« Un joui-, le corps affaibli par les fatiguas du pouvoir suprême, le général Cavaignac ira peut-être demander du repos et de la vigueur aux monts des Pyrénées; sa route le mènera à Auch, à Bayoïinc, à Dax , il se trouvera en présence des enfants de ceux dont Jean- Baptiste Cavaignac fit tomber la tète comme un moisonneur abat les épis de blé; il rencontrera la famille de mademoiselle l.abanèie. l)ira-i-ilà ses enfants, dira t-il à celle famille ce qu'il a dit à l'Asseiublée : Je suis heureux et fier d'être le fils de cet homme.' • A. B.

Le Moniteur a reçu les communications suivantes de M. le général Cavaignac, président du conseil des ministres, chargé du pouvoir exécutif:

« Le Mémorial bordelais , commentant les paroles prononcées par moi dans l'Assemblée natiotiale du samedi 2 seplembie, a cru utile aux opinions qu'il représente d'ouvrir ses colonnes à une imputation depuis longtemps repoussée sui' la vie politique de mon père.

. Sa publication a été reproduite avec un empressement facile à comprendre de la part des feuilles périodiques qui ne veulent pas qu'on se déclare l'ennemi irréconciliable de ceux qui travaillent au renversement de la République.

— 3ia

• Ma réponse acluclle consistera clans la simple publicaiion des pièces snivanies :

• 1° Extrait du procès verbal de la « séance de la Convention nationale dn

• 13 prairial, an III. (Président, Mathieu.)

• Après avoir donné connais^^ance dis « pièces relatives aux dénanciatlons por-

• lées contre des membres de la Con- «vention, le citoyen' Durand-Maillannc

• termine en disant :

« Cavaignac, qui présidait alors la so « ciéié populaire d'Audi, est accusé « d'avoir partagé ks suntimonts de D. ., « soit en répondant à ses motions, soit en « les mettant aux voix.

« Hiirdij (de la Seine-Inférieure) :

« D'après la lecture de ces pièces, je de- « mande l'arrestaiion'de D....

• Quelque» eotjf : El de Cavaignac.

« Rewbell : Je ne vois là que des mo- « lions exiravaganies, cl qui dès lors ne « méritent que le mépris.

« BourtauH: Ce n'est point seulement « une motion que la proposition qui tend « à faire égorger une grande partie de la ft Convention; c'est un projet ciiminel « qui mérite d'être puni. Je demande « l'arrestation.

« C I autel : Je ne prendrai pas la défense « de D..., parce qu'il me semble que per- « sonne ne peut la prendre ; mais c'est pour « Cavaignac que je parlerai. Je .«ais qu'il « présidait la société populaire d'.iuch au « moment où D... y fil ses motions exc- « crables.

« Je sais que s'il ne les a pas appuyées, « il les a, au moins, mises aux voix sans « les combaltie; mais reportons-nous au « temps où cela s'est pa-^sé : nous gémis- ■« sioiis alors sous la tyrannie de Ilobes- « pierre, el D..., son lieulcnanl dans le « Gers, n'aurait pas manqué de faire ame- « ncr ici Cavaignac, pieds cl poings liés, « s'i! avait osé s'opposer à ses proposilioas « atroces. Il ne faut pas conclure, de ce que « Cavaignac les a mises aux voix, (|ii'i! les « ait appi'ouvées ; car, tous les jours, nous « avons l'exemple que notre président est « forcé, par les fonctions qu'il remplit, de « mettre aux voix des motions qui peuvent « n'être pns de son avis : témoin noire col- « lègue Vernicr dans la soirée du 1'' prai- « rial.

« On ne peut cependant élever aucun

« doute sur la probité el les vertus de cet « homme respectable.

« La probité et les mœurs de Cavaignac « sont également connues : on se rappelle « qu'il éiaii eu mission dans les déparle- « menis de la ci-devant Bretagne, à l'épo- « que du 31 mai. Sitôt qu'il apprit la nou- « velle de cette journée désastreuse, il fil « une protestai ion qui fut rendue publi|ue: « ce n'éliii point applaudir à la tyrannie ni « en partager les actes, que de protester (i contre celui qui la fondait. On sait, d'ail- « leurs, comment Cavaignac s'est conduit « depuis le 9 ihermidor, comme il s'est « conduit dernièrement à l'année du Rhin. « Hardy : Eh bien! l'on ne demande que « l'arrestation de D...

« Hexohell : Si D... a fait la motion d'é- « gorger une partie de ses collègues, il n'y « a pas de doute qu'il doit être arrêté pro- « visoirement. Mais pour Cavîignac...

« Un grand nomhre de voix : On ne « demande pas qu'il le soit.

« Dehnat : Dans les journées des 1", 2 « et 3 prairial, Cavaignac a montré le plus « grand couiag'^ : il ne m'a pas quitté, el il « m'a parfaitement secondé dans les fonc- « lions pénibles el délicates...

« Plusieur» membret : Il ne s'agit pas « de Cavaignac.

« Dumonl (du Calvados) : Je voulais « dire aussi pour Cavaignac...

« Un grand nombre de niemlres : Il « n'est pas question de lui. Aux voix l'ar- « resiation de I)...! »

« D... est décrété d'arrestation : les scel- « lés seront apposes sur-le-champ sur ses « papiers. »

« 2" Extrait du procès- verbal de la séance de la Convention nationale du 27 ihermiilor an m :

« Lecumie : Je ne vois pas que le comité « ait donné coniiaissaiiciî iletouies les dc- « noncialions qui oril été porli-es, cl noiam- « ment de deuxexirêiiicmenl forlcs, contre « notre collègue Cavaignac, qui lui sont « coniniuiics avec Pinet, pendant leur mis- « sioii dans les Pyrénées.

« Boisgy-d'^iiglas , présidenl : Je ré- « clame la parole ; je veux m'opposer aux « propositions de Thibaut et de Lecomle.

« A cel'e de Lecomle d'abord, parce que « la dénonciation conti'e Cavaignac a été « présentée à la Convention dans le prête mier rapport du comité, fait par Durand « Maillanne, el que, sur celte dénoiicia-

« lion mal fondée, elle a passé à l'ordre du « jour... »

fe 3" Leiire de M. Alexis Eynicrv, administrateur du Mercure de France, à madame Cavaignac. (Colle letire a éié insérée au Moniteur du 27 septembre 1816 )

« Paris, le 23 septembre 1816.

« Madame,

« Comme vous m'avez prouvé la fausseté « de l'imputation relative à M. de Labar- « rère et à sa lille, rapponée à l'article de « monsieur votre mari dans la peiiii; bio- <( grafthie conventionnelle dont M. l!:iptis- « lin de Moulières est l'auleur, et < o:nme « rien ne me semble plus juste que voiie « réclamation, je me suis hàié de faire rcc- « lifier cette erreur, qui a été commis-e d'ace près des ouvrages imprimés antéricure- « ment à celui de M. de Mouiièies.

« Si ma lettre peut vous être bonne à « queUpie chose, je consens volontiers à ce « que vous la rendiez piibliijuc en la faite saut imprimer dans les journaux.

« A. EïMEKY. )>

i. A l'époque où cette publication Efut faite, il fallait un certain coiiraj;e pour se moniicr juste envers un conventionnel.

« En 18ii, la Quotidienne reproduisit la même calomnie; mon frère Godefroy obtint la nMraciaiiou suivante :

« Dans un article de la Quotidienne du « 21 mai courant (la n-traciaiion est du « 29), nous avons rappelé l'accusation éle- « vée contre un membre de la Convention, « M. Cavaignac, d'avoir, dans le départe- « ment des Landes, imposé le déshonneur « à une fille comme le prix du salut de son « père.

« M. Godefroy Cavaignnc, fils du con- « veniioimcl, a vu, dans les deux dernières « lignes de la note, uiie confirmation per- « sônnellemeni donnée par nous au fait « allégué. Nous nous étions bornés à rap- « peler ce fait, d'après une publication qui « était restée inconnue à I\l. Cavaignac

« fils.

« M. Cavaignac a eu raison de compter « sur notre loyauté, et nous déclarons avec « plaisir que les explications qui nous ont « été données nous ont démontré, de la « manière la plus complète, que cette ac- « cusation était dénuée de fondement. »

« Il est constant que mademoiselle Labarrère, qui, suivant les biographes, owrait disparu de Vax q uelques jours api es

la tnorl de ton père, et qu'on n'y aurait jamais repMc, n'avaii, dans le fait. Jamais (piilié Dax. Elle y avait contiacié un mariage très honorable, et, en 1835, le fils issu de cette union, protestant par sa démarche contre une calomnie qui avait fra|)pé sa mère dans son repos iniéiieur, non moins que mon père lui-même, vint offi ir spontanéinent à mon frère Godefroy le secours de sa parole, comme avocat, dans le procès instruit devant la chambre des pairs, et motiva celte offre de service sur le besoin de repousser en commun une atroce imputation.

« Le pre'xidenl du conseil, charge du pouroir exécutif,

« général E. Cavaiunac. »

La liberté de la presse et du théâtre a été discutée aiijourd'dui.

Rien de nouveau pour la presse. Les ihéâircs seront soumis à des espèces de jiigcs de mœurs.

On s'entietenait aujourd'hui à l'Assemblée d'un complot à la tête duquel se serait trouvé un ami de l'ex-préftl Caussidière, et qui avait pour but d'enlever la réunion de la rue de Poitiers qui tenait séance. Ce complot n'aurait manqué sou elTet que par suite de mesures prises par M. le préfet de police.

Institution de la Republique en France. — Sur la proposition de Manuel, Colloi d'Herbois et Giégoire, l'Assemblée législative déclarait le 21 septembre que la royauté était abolie en France. Le lendemain, sur la proposition de Billaud- Vareiiues, on dé<:rèie qu'au lieu de, dater ce jour de l'an IV de la Liberté, on daterait de l'an I" de lu République.

M. Alphonse Oenl a ëié élu dans le département de Vauclu^e.

M. Louis Bonaparte a été élu dans les départements de la Moselle et de la Charente-Inférieure.

M. Rivet, élu par le département du Rhône, a obtenu 4l,8ô0 suffrages.

Dans le département de l'Orne, M.'Vaudoré, appartenant à l'ancien parti légitimiste, a été élu par 10,000 voix environ, contre 9,000 données à 31. Louis-Napoléon Bona,jarie. M. P:issy a réuni 7,000 voix, et M. Mercier, 5,000.

Voici le résultat ofiiciel du scrutin, à Lille : MiVl. JVégrier, colonel, 26,129 voix;

Louis -Napoléon, 19,685, de Geiioiide, .1^,815. '

Le goiiverncnieiit a appris aujourd'hui l'éleciioii dr M. Chaiiiboile, 'ancien député dans la Mayenne.

Nous recevons, par voie du Uàvro, une leilre de la iMai liuique, on date du 17 août derniir, laquelle nous fait connaîire le résullai des éleeiions qui oni en lieu ilans celle colonie, du 9 au U aoûi. Les élus sont :

Les citoyens Bi^sclie. . . . 19.850 voix. Pory-I'apy. . . 19,263 V. Schœlcher. 19,117 Les deux suppléants sont :

Les citoyens V. Mazulime. 18,493 voix.

France. . . . 16,712 Quant aux élections de la Guadeloupe, elles ont eie ajournées au 29 août.

"iS SEPTEMBHE.

Projet d'une constiiution démocratique et sociale, par M. Pierre Leroux.

Ce projet ferait aisénieni le pendant du discours nieniionné plus haut.

Aujourd'hui a eu lieu au Chà!ct le banquet dont M. Ledru-Rollin était président M. Ledrn-Rollin a fait un discours que les convives, en convives bien élevés, ont trouvé fort beau et dans lequel il a p,ouvé neiteinent que la France n'avait jamais été heureuse que sous les monarchies. Ce n'était pas la peine d'être républicain et de reunir tant de démocrates pour prouver cela sous la République.

Nous le savons aussi bien que M. Lcdru-Kollin. Ce que nous ne savions pas cetaii qu il eût des tendances royaliste* et Il faut évidtm-nent qu'il en ait pour avoir ose dire de pareilles choses.

M. Ledru-Rollin avait bien caché son jeu.

Il est biea entendu que M. Ledru-Rollin

attaque < t le gouvernement aiiuel dont il ne fait jdus partie, et le gouvernement provisoire dont il était membre.

Ces go.is attaqueront toute leur vie Pourquoi aussi la France n'a-t-elle pas le temps, l'argent et la patience nécessaire pou.' os meure six mois au pouvoir et voir cejju ils feraient?

M. Cabet annonce qu'il va partir pour J Icaric. Voilà vingt fois que M. Cabet annonce cela. Qu'il parle donc une bonne lois et qu on n'entende plus paiicr de lui

27 SEPTEMBIIE.

L'élection de M. Raspaîl est validée

Seulement,.! restera en prison jusqu'à Je qu 11 soit jugé. H" a ce

Louis-Napoléon a été admis anjourd'hui

H. qualité de représentant du peiple lia

'", dune VOIX émue, l'allocution sîiivante quia ete lort bien accueillie : '

• Citoyens «-"présentants,'!! ne m'est pas pmn.s 'ie garder le silence eu présence des calomnies qui se sont amoncelées coniremoi.Ja, bes.,iu d'exprimer les vrais senti.ne.,ts qui m'animent, qui m'animeront toujours. Après irente-tiois années dcx.l et de souffrance, je rentre dans ma patrie etje jouis de mes droiis ,1e citoyen- La République m'a fait ce bonheur: qu'elle

reçoive ICI mon serment de dévouement et de reconnal^sance.

• Que les citoyens généreux qui m'ont

envoyé ICI restent bi,.ucouvain.-„s que je •egarde la iranquillàé comme le premier

besoin du pays, et que je veux les institutions democraiiques qui soni les premiers besoins du peuple. «^"iitrs

« Longtemps j'ai vécu sur la terre d'exil • je n ai pas pu consacrer au service de mon pays nies inédiiaiions et mes études La carrière m est ouverte! mes chers collègues, n cevez-moi dans vos rangs avec une affectueuse confiance. Ma conduite sera toujours digne de mon nom, et elle prouvera a ceux qui voulaient me proscrire une

deuxième lois à l'aide de leurs calomnies que je veux avant tout la déleiise de l'ordie et 1 affermissement de /a République. » Le commandant Conslantin a été condamne aujourd'hui à trois mois de prison.

Le conseilla déchu de son grade et ju"é incapable d eu occuper un dans l'armée."

28 SEPTESIBnE.

L'Assemblée a repoussé le système des deux Chambres.

29 SEPTEMBIIE.

Un banquet de démocrates rouges a eu lieu a rouloiise. Il païaîirait q„e l'Assemblée nationale y a été assez maliraiiép. en gênerai, et M. Cavaignac, en particulier. Un a tte, dit-on, jusqu'à siffler et huer celui qui avait porté un toast à ce dernier

Les autorités de la ville assistaient officiellement à ce banquet.

A quoi donc servent les autorités à5Toalouse?

On assure que M. Pageot, ex-niinisire plénipoleniiaire de France aux Elais-Uiiis, a quille ce pays pour se rendre en Anj^lelerre, dans le bul d'oiïiir à Louis-Philippe une pallie de sa fortune priiicièie, ei pour engager l'ex-roi à venir s'établir en Aniérique avec sa famille.

DÉPAUTEMENTS.

Nous avons pi oniie à nos Iccieuis de leur rendre loinpie ce mois-ci des événements qui n'oul pu trouver place dans le dernier numéro. Une grande partie de ces laits devant èire parvenus jusqu'à la connaissance de nos abonnés,' nous n'allons parler ici que des prindpaux.

— La commune de Bozan a été le théàire d'un violent incendie, quize maisons ont été la proie des flammes, et les malheureux habitants sont dans la misère la plus affreuse. On attribue ce m;ilhcur à la négligence. Comme toujours, on a eu à louer le zèle et le courage des pompiers.

— Le commissaire de police de Laflèche viei.l d'arrêier deux foiçats évadés du bagne de Rochefort. L'un de ces misérabli s nommé Voisin, a été condamné en cour d'assises de la Sarihe, pour meurtre sur la personne d'un ses camarades.

— Malgré les crainies qu'exprimaient les habitants de Bancaire, la foire a cependant mieux marché qu'on ne pouvait raisonnabUmenl s'y atundre; il y avai moins d'étrangers, mais les ventes n'ont pas Ijaissé de plus d'un tieis des années précédentes el se sont faites^ avec exactitude.

— Dans !e déparlement de la Meurihe, on annonce la moisson lellemeni abandanle que le prix des grains, déjà bien bas, doit encore baisser.

— Le Journal de Rouen annonce la repiise des affaires dans les fabriques; il paraît que plusieurs marchés iniporianis ont éié faits, surtout' pour les articles de rouennerie.

— Le Courrier de] Lyon du 3 annonçait, que la veille, des scènes de désordres avaient eu lieu à la Croix-Roiisse ; les exhortations et proclamations du maire ayant éié vaines, des pièces d'artilleiie furent envoyées sur ce point. Un violent orage a dissipé les rassemblements. #

— On signule dans les- arrondisscnienls

de Nantes el de Chateaubriand une bande composée d'hommes el d'enfants , et se livrant, les iiivs au vol, les auti'es au maraudage La police de Nantes a arrêté sept de ces voleurs.

— Le poisson est lellement abon lant sur les côtes d'Irlande, que l:i pêche y est avancée d'un mois sur les années précédentes.

— A Bordeaux , une fête vient d'eue donnée par la garde naiionale au profit des ouvriers sans iravail. On évalue lu recetie à 30,000 francs.

— La Gazette de Lyon annonçait que huit individus devaient comparaître ces jours-ci devant la cour d'assises de l'Ain, sons l'accusation d'avoir séquestré à Miibcl, le procureur de la République de Trévoux, ;iinsi que le juge d'instruction et son gi-effiicr.

— Les ouvriers filaleurs de coton de Lille et les ouvriers de Mulhouse continuent à rester en grève malgré es exhortations des autorités.

— A Beauvais, la garde nationale a donné une fêle magniûque. Le général Changarnier, empêihé par ses oeciipalions, se fait remplacer par M. Martinet, capitaine d'éiai-niajor de la légion de

Paris.

La fête a été des plus brillâmes, et a duré deux jours.

— Les régales ont été splendides, les pauvres oui touché le produit intégral du piix d'enlrée dans l'enceinte réservée.

— Aux élections municipales de Saint- Amas (ïarn), le maréchal Soult a é; houé compléienient. C'esl un cordonnier qui lui a été préféré.

— Le 21. Tous les ateliers de Lille sont en activité, l'argent devient moins rare et le crédit se rétablit.

Dans plusieurs districts manufacturiers, les aiïaircs reprennent peu à peu. a Mulhouse, la demande pour tissus est toujours assez active et .les prix leudent à s'affermir.

D.ins l'arrondissement de Vervins on rappelle des ouvriers. A Cliaieauroux, il est arrivé depuis quelques jours plusieurs lepréseniants des maisons de commerce en draperie. Ces commerçants ont fait de fortes acquisitions el des commandes cousidéi-ables.

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