ACTES OFFICIELS
• Le président du conseil des ministres,, ch.irgé du pouvoir exécutif,
• Vu les d"crets et arrêtés des 25 et 26 février, 17 et 29 avril IS/iS, relatifs à l'organisation de la garde nationale mobile de Paris;
• Vu spécialement le décret du 29 avril, qui a suspendu tout nouvel enrôlement dans ce corps ;
«Vu le décret de l'Assemblée nationale en date du 29 juillet 1848, portant fixation des dépenses de la gardi; mobile, d'après un effectif de 650 hommes par bataillon, effectif qui n'est pas alieini;
• Sur le rapport du ministre de l'intérieur,
• Arrête :
« Art. 1". Il sera reçu, à partir du 5 septembre, présent mois, de nouveaux enrôlements pour porter les 25 bataillons de la garde nationale mobile à l'c ffectif uniforme de 650 hommes par bataillon.
« Ne seront admis que les citoyens célibataires ayant seize ans d'âge au moins et trente au plus, domiciliés depuis six mois dans le département de la Seine, ou présentant, dans ce département, un parent, patron ou correspondani qui leur servira de caution et sur le domicile duquel ils seront dit igés dans le cas de renvoi individuel ou de licenciement.
• Toutefois les anciens militaires ayant servi au moins sept ans, pourront être admis jusqu'à l'âge de trente-cinq ans au plus.
• Les citoyens ayant accompli l'âge de vingt ans avant le 1'' janvier lf^/i8, devront, de plus, justifier avoir saiislait à la loi du recrutement.
• Art. 2. Les engagements seront contractés devant un fonctionnaire de l'intendance militaire, attaché à la garde nationale mobile. Ils auront lien sur la production des pièces exigées dans l'année pour constater l'aptitude physique et morale des jeunes soldats. -
• Art. S. Le ministre de l'intérieur est chargé de l'exécution du présent arrêté.
• Fait à l'hôtel de la présidence, à Paris, le 2 septembre 1848.
• E. Cavaigsac.
« Le ministre de l'intérieur,
• J. Senard.
Le comité de rAIgorie ei des colonies s'est réuni pour enieinlre le minisirede l;i guerre sur la proposiiion de MM. Pascal, Ferdinand Banoi el de Falloux, relaiive à l'envoi de 20,000 ouvriers libres en Algérie, pour y fonder des colonies agricoles.
M. le g('Miéral de Lanioriciére s'est prononcé contre la prise en cnusidéraiion de la proposition ; niai> a il pris l'engagement d'apponer lui-même un projet dans ce sens d'ici à cinq jours,
L'Assemblée a adopté ce paragraphe :
• Eu présence île Dieu et au nom du peuple français, l'Assemblée nationale proclame et d<"erèie. •
Voilà deux jours que les représenianis discutent sur ces deux lignes. Cela promet pour le reste.
M. le général de division Charon, directeur des affaires de l'Algérie au misnilèip de la guerre, es', nommé gouverneur général de l'Algérie.
La librairie de Paris vient d'organiser une tombola de cent vingt mille billets de 25 fr., dont les preneurs recevront eu souscrivant 25 fi'. de livres choisis dans nu catalogue dressé à cet effet, et p.iriiciperont en outre à un tirage de mille lots, dont le premier est une inscripiion de 5,000 fr. de rente, et les derniers de 100 fr. en livres.
8 SEPTEMBr.E.
L'amendement de M. Deville est rejeté, (f oir le 5 septembre.)
9 SEPTEMBnE.
M. de Laroch'jacquelein demande que son nom soit ajouté dans le Moniteur aux noms de ceux qui ont voté la Rt-pulilique démocraii(|ue. Il n'a pas d'ob^ervaiions à faire du moment oit le gonverneiuent democraiiqiie n'est autre chose que le suffrage universel.
Voilà tout.
9 septembre 18*5. — Loi sur les crimes, déliis et contraventions de la piessf el des autres moyens de publication. Ceiic lui qui, d'après ses auteurs, devait èire la sauvegarde de la monaichie de 1830, a contribué, pour une larg(; pai t à son renversenieni. Il serait à désirer (jue cet exemple profilai au gouverneuient qui lui a succédé.
Des officiers de la garde nationale ont écrit pour se plaindre que l'entrée des sa-
Ions leur ait été refusée, à la dernière soirée de M. Armand Marrast, malgré les insignes de leur uniforme, sous prétexte qu'ils n'avaient pas de lettre d'invitation. Un des huissiers aurait même parlé de réquérir la garde, parce que queltiues-uns de ces niessiiis s'asseyaient dans l'antichambre el ne se liàiaienl pas de se retirer.
Des condamnations aux tribunaux el des mots à la Chambre.
Le 10 s'•pl^mbre 1789 fut porté le décret qui établit le pouvoir législatif dans une seule chambre, el qui déclare que le veto du roi n'est que suspensif.
On a fait plus ce jour-là qu'aujourd'hui.
Proclamation de ^. Ducoux. C'est loiijours la même chose. M. Ducoux se fatigue à prouver que le Monl-de-Piélé reçoit plus qu'il ne prête. Cela vient loul simplement de ce que depuis le mois de février le Mont de Piété ne prête plus sur les objets autant qu'autrefois.
Puis, qui dit à .M. Ducoux que les malheureux aient encore quelque chose à en-
'er
Aujourd'hui , pas d'Assemblée ; taiit mii^ux.
Il y a aujourd'hui quarante-six ans que le Piémoni, divisé en huit déparlemenls, a éiê réuni à la France.
M. Xavier Durricu a proposé à la Chambre qu'en aucun cas, même durant l'éiat de siège, un journal ne piit êire siisp>'ndu.
Celte proposiiion suivra la marche du règlement.
Les éleciions se préparent.
Le ciioyen Delbrouik a fait la proposition suivante le 10 scpleinbre au club de la salle des Spectacles Concert* :
« Considi'iani que plusieurs journaux ont publié une liste de candidais pour les éleciions du 17 de ce mois, eu lêle de laquelle figure le nom de Louis- Bonaparte;
• Considérant ipie ces mêmes journaux, sans doute dans une inteuiion perfiJe, ont ■Mjouié que les démocrates socialistes faisaient cause commune avec les bonapartistes, et couientaieni à voter Pu faveur de \'ex-prùice ;
• Les délégués des associations démocra-
liqucs el des corporations ouvrière?, réu- Bis en assemblée éleciorale le dimanche 10 septembre dans la salle des Speclachx- Conce.rU, bazar Bonne Nouvel.'e, onl décidé que la lisie adopié par eux serait envoyée à tous les journaux déniocraiiques, et qu'il serait prolesté en même temps que jamais les républicains socialisies ne se rallieraient à aucun prétendant.»
Liste des candidats adoptés par les associations démocratiques el les corporations ouvrières.
Cabet.
Kaspail.
Thoiié.
Paris se couvre d'adiches. Paris devient le théâtre des pluséti;ing<-s bouffonneries, quand il est livré aux élections.
Autrefois, dit-on, quand on voulait être député, on s'en allait dans s-on département, on faisait des visites à ses électeurs, on leur promettait un chemin de fer ou des places pour leurs enfants, petits-enfants et neveux, on leur donnait à dîner, ils vous donnaient leurs voix. Cela s'appelait corrompre.
Auiourd'hni, on ne corrompt plus avec des dîners, on corrompt, ou piniôi on essaie de corrompre avec des alTiclies.
Les restaurateurs y perdeni, mais les imprimeurs y gagnent. Chacun son tour, c'est trop juste. La République a été établie pour cet axiome.
La dépuialioa est devenue un état au lieu d'être une mission On est député, comme on est cbénisle. C'est une chose qui rapporte 25 fr. par jour, c'est-à-dire neuf mille francs par an. Aussi, la conrurrence est-elle effrayante. L'argent est si rare! Puis, les vingi-cinq francs sont insaisissables et les représénianis ne peuvent être arrêtés, si bien que la conscience de ces messieurs est à l'abri, et que ceux qui, il y a six mois étaient mei:acés de la prison ponrdeties, peuvent voter aujourd'hui pour la contrainte par corps.
El il y a des gens qui disent qu'il n'y a pas progrès. Ce soni les créancier^ qui disent cela.
Après tout, je ne sais pas pourquoi je ciitique cette nouvelle enlieprise. Elle a son bon côté.
Aller tous les jours de deux heures à quatre danà une grande chambre où il y a des gens qui causent el qui se promènent, un petit monsieur qui agite de temps en
tf'inps une grosse sonnette, et des individus qui montent dans une tribune; venir de temps en temps el au hasard déposer un bulletin dans une urne, et lorsque le président met aux voix une question quelconque, avoir la liberté de se lever si l'on veut se tirer les jambes, ou de rester assis si l'on est fatigué, manger en entrant et en sortant un morceau à la buvette du Palais, passer à la caisse et recevoir cinq bonnes pièces de cent sous, en échange d'un mauvais reçu, cela n'est pas ennuyeux, et je connais des braves père de famille, maçons ou couvreurs, qui se donnent plus de mal, et qui foui plus de bien pour trois fr. par jour.
En outre, on n'est pas forcé dans celte canièi e-là de parler le français, ni de mettre l'orihographe.
Lisez pluiôi la Constitution, si vous ne me croyez pus, c'esi concluant.
Il résulte de tons ces avantages que quinze ou vingt jours avant les élections, il se fait à Paris une immense commande de papiers rouge, bh'U, jaune, orange, violet, rose, de toutes les couleurs, enfin, de l'arc-f n-ciel et de l'opinion, et les candidats se metieni à l'œuvre.
Il y en a pour tons les goûts. 11 y a des avocats, des rentiers, des entrepreneurs, des priures, des généraux, des rconomisles, des banquiers, des socialistes, des hommes de lettres, des communistes, des phalanstériens, des prisonniers même, qui onl trouvé cet ingénieux moyen de sortir de prison. C'est si commode. Il y a de* omnibus qui passent à Viucennes, et qui, pour huit sous, vous mènent à la place de la Concorde.
Nous ne pourrions véiitablemenl pas donner la liste de tous les candidats. Voici les principaux cependant : Bugeaud , Louis Napoléon, Raspail, Thoré, Cabet, E(Mi!e deGirardin, Dupetii-Thouars,Gervais (de Caen), Roger (du Nord), Edmond Blanc, Adam, labbé de Giierry, Dupoiy, Achille Fould, de Geiioude, Delessert, Horace Say, Cousin, Schmidl, d'Audif- Iret, de la Moskuwa, de Castellane, Emile Thomas, de Boissy, Grégoire.
13, lu, 15 SKPTEMBBE.
Pendant ces trois jours a eu lien à la chambre la discussion du droit au travail, espèce de calembonrg social qui était destiné, si on n'avait pas changé sa signification première, à faire faire encore quel-
ques insurrections dans le genre de celle de juin. M. de Tocqneville, M. Leilru- Rollin el M. Thiers ont parlé sur celle imporianie quesiion les denx premiers jours, puis M. Dnfaure, M. de Laniariine, M. Goudchaux et l'obscur M. Lagrange ont parlé le troisième. L'amendement a été rejf'té.
M. de Lamartine élait pour, M. Thiers et M. Goudchaux étaient contre.