‹ Le MoisChapitre 9 sur 75 · A. GUINARD · texte numérisé non relu

A. GUINARD

Le gouvernement a nommé la commission chargée de faire aux blessés, aux veuves et aux orphelins des citoyens morts dans les journées des 22, 23 et 24 février, la répartition des sommes qui ont été données pour eux. Elle se compose de I\»M. Bouin, Degousée, Drolling, Fei-rey banquier, Marchais et Thirion. On annonce qu'elle va immédiatement commencer ses travaux.

ÉTRANGER

Notre glorieuse révolution trouve et trouvera des sympathies chez ions les peuples. Voici un extraii dn procès-verbal du conseil d'État du canton de Vaud :

extrait i)u fhocès-vkrbal du conseil

d'État du casto^ï de vaud.

Séance du 27 {écrier.

Présidence de M. Brialte.

Le conseil d'état ayant appris qu'après des événements d'une grande importance qui se sont passés à Paris, le peuple de la capitale de la France, non salisfaii de l'abdication du roi Louis-Philippe I", a proclamé la République et nommé un gouvernement provi^oil•e; considérani que cet événement aura les conséquences les plus heureuses pour la Suisse, le maintien et le développement de ses institutions démocraiiques; considérani que le peuple français a toujours syuipuihisé avec tous les peuples, et en particulier avec le peuple suisse ; attendu que la nation vauloise voudra faire une manifestation publique en faveur du peuple fraucais, à laquelle le conseil d'État s'associe de tous ses sentiments;

Décide :

Il sera tiré aujourd'hui à Lausanne centun coups de canon. A cet effet, l'inspecleurgénéral des milices est chargé de faire

chercher à l'arsenal deMorgesdeux pièces de douze livres, avec les munitions et accessoires. Il mettra sur pied les artilleurs de la section de Lausanne, sous le commandemeni des oflîciers Jacquemin et Ancrenoz, et ces militaires, chargés de desservir les pièces, seront soumis à la discipline militaire. On commencera le tir à cinq heures du soir.

Pour extrait conforme, au nom de la chancellerie,

Le chancelier, P. Fornerod.

Une lettre qui nous arrive de Berne, ajoute :

« La cause de la souveraineté des peuples « est noire cause; aussi n'ai-je pas besoin « de vous dire que nous avons salué avec « transporis la République française, notre « sœur protectrice. En auendaut que nos « aulorités se soient mises en relations « directes et oITicielles avec le gouverne- « ment provisoire, soyez auprès de lui l'in- « terprète de nos ardenleJ sympathies.

« Vous pouviz être certain que, si cela est « nécessaire, le pont de Bàle et les défilés « des .\lpps seront celle fois énergiquemenl « défendus contre les ennemis de la France, « qui sont aussi les nôtres. »

Dans le canton de Neucliàlcl, où le parti conservateur av:iil réussi à garder le pouvoir, les nouvelles de Paris ont élecirisé la population ; et le soir même, les patriotes du Locle, de la Chau.v-de-Fonds et du Val- Travers se sont mis en marche contre Neuchàlel. A celle heure, les deux canions qui seuls avaient survécu à la défaite du sonderbnnd doivent avoir fait leur soumission aux idées radicales.

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