‹ Le mois de Jeanne d'ArcChapitre 24 sur 79 · LE SACRE · texte numérisé non relu

LE SACRE

Sur le sacre, nous avons une lettre de trois gentilshommes angevins adressant, le jour même, 17 juillet 1429, à la mère et à la femme de Charles VII un compte rendu de la cérémonie.

Le maréchal de Boussac, le maréchal de Rais, le sire de Graville, grand maître des arbalétriers, et le sire de Culan, amiral de France, étaient allés à cheval, armés de toutes pièces, chacun sa bannière en main, et suivis d'une grande escorte de gens de guerre, quérir à Saint-Remi la sainte ampoule qu^apporta solennellement Tabbé dudit lieu, revêtu de ses habits pontificaux. Ils entrèrent à cheval dans la vaste basilique, toute pleine de monde, et descendirent au seuil du chœur.

La cérémonie dura de neuf heures à deux heures. L'archevêque de Reims officiait. C'est le duc d'Alençon qui donna au roi l'accolade et le fit chevalier. Les six pairs laïques en habits royaux, les six pairs ecclésiastiques, avec crosse et mitre, entouraient Charles VII.

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Devant lui se tenait le sire d'Albret, debout, Tépée haute.

Noël! Noël! crièrent toutes les bouches quand Thuile sacrée oignit le front du roi.

Noël ! Noël ! crièrent encore toutes les bouches, quand la couronne fut posée sur sa tète. Et, en même temps, les trompettes sonnaient de telle manière qu'il semblait que les voûtes de la cathédrale se dussent fendre.

A ce moment, d'après les récits des chroniqueurs, la Pucelle qui, tout le temps, s'était tenue près du roi son étendard en main, se jeta à ses pieds et embrassa ses genoux. Un grand silence se fit et elle dit : « (ïentil roi, voici exécuté le plaisir de Dieu qui voulait que vous vinssiez à Reims recevoir votre digne sacre, montrant que vous êtes vrai roi et celui auquel le royaume doit appartenir. »

Jeanne pleurait; tous pleuraient.

Quand l'homme touche au sommet de la félicité, il ne peut jouir d'elle purement et

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