HUITIÈME DÉCISION
Le saut de Beaurevoir fait cette femme coupable de suicide.
Interrogatoires correspondants.
— Ma fille, on vous a mis les fers parce que vous avez essayé naguère de vous échapper.
• — Chercher le salut est chose licite à tout prisonnier.
— Voilà qui est mal parler. Si vous ne voulez être convaincue d'hérésie, défense vous est faite de rien tenter pour vous tirer de la prison à vous assignée.
— Je n'accepte point cette défense. Je n'ai donné ma foi à personne. J*ai voulu et je voudrai toujours me tirer de vos prisons. El
VOUS, si VOUS étiez bien informés de moi, vous devriez vouloir que je fusse hors de vos mains.
— N'avez-vous pas sauté du haut de la tour de Beaurevoir pour vous tuer?
— Je ne voulais pas me tuer, mais aller rejoindre les miens. J'entendais dire qu'à Compiègne les pauvres gens allaient être exterminés. Puis, je savais que j'étais vendue aux Anglais.
— Mais, étant protégée de Dieu, pourquoi ne pas attendre que Dieu vous délivrât?
— Le proverbe dit : Aide-toi, Dieu t'aidera. J'essayerais encore d'échapper aux Anglais si j'en avais le moyen.
— On vous gardera avec de bonnes chaînes.
— Vous pouvez m'enchainer; vous n'enchaînerez pas la fortune de la France.