‹ Le mois de Jeanne d'ArcChapitre 59 sur 79 · DAME CLAUDE, LA FAUSSE PUCELLE · texte numérisé non relu

DAME CLAUDE, LA FAUSSE PUCELLE

elle à ladite ville. Tout cela constaté par les comptes de la ville d'Orléans.

Enfin, les affaires de Taventurière se gâtèrent, à la suite d'une entrevue avec le roi. Pierre Sala nous raconte comme quoi Charles VII, oyant dire que la Pucelle était ressuscitée, fit amener devant lui la dame de Tichiemont et la mit si bien dans l'embarras qu'elle se jeta à ses genoux en confessant son imposture.

Mais il fallait désabuser le bon peuple.

Le Parlement fit venir cette drôlesse à Paris, pour tirer Taffaire au clair. On hissa Taventurière sur la table de marbre du palais, au milieu d'un grand concours de monde, et, elle présente, ses mensonges furent publiés.

La fausse Jeanne renonça à se défendre. Elle eut même le cynisme de dire de son passé deux fois plus de mal qu'on n'en avait dit.

Cette exécution eut lieu en août 1440.

Depuis lors, on ne parla plus de la dame de Tichiemont, sinon pour proclamer qu'elle

méritait toutes les épithëtes malsonnautes dont la haine des Anglais avait affublé mensongërement la vraie Jeanne.

Mais, voici qu'en 1683, à la suite des enquêtes d'un oratorien, le père Henri Yignier (appuyé plus tard, vers 1750, par Daniel Polluche, le révélateur des comptes trouvés aux archives d'Orléans) — le Mercure publie des extraits d'une vieille chronique où un ecclésiastique de Metz, le doyen de Saint-Thibaut, racontait comme quoi dame Claude trouva justement crédit dans le pays messin, et même fut reconnue par Jean et Pierre d'Arc, devenus du Lis depuis leur anoblissement.

Aussitôt, grande rumeur. On ne tient pas compte des réfutations antérieures, dont une décisive, consignée par un autre oratorien, le père Guyon, dans son histoire de l'église, du diocèse, de la ville et de l'université d'Orléans; on ne remarque point qu'il existait une autre version, contemporaine du récit de l'analyste messin, corrigeant la première et due proba-

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