‹ Le mois de juillet consacré à sainte Anne [microforme]Chapitre 15 sur 89 · II. Tu aimeras ton Dieu de toutes tes · texte numérisé non relu

II. Tu aimeras ton Dieu de toutes tes

forces et de toutes les facultés de ton être, par-dessus toutes choses. L'amour doit étre proportionné au mérite de la personne

et au prix de la chose qu’on aime. Dieu est infiniment élevé au-dessus de toutes choses; Dieu ‘est le centre des beautés même les plus sublimes; Dieu est la source de toutes les grandeurs qui sont au ciel et sur la terre ; Dieu est l’être absolument parfait en tout. Comment donc pourrait-il être dignement aimé, s'il n'était aimé par-dessus toutes choses ? Ilest vrai que ses perfections, ses grandeurs, sa sublimité sont infiniment supérieures à notre intelligence. Mais le Seigneur s’est accommodé à la faiblesse de la nature humaine ; et comme elle ne peut aimer sur toutes choses un objet qu'elle ne connaît qu’imparfaitement, il ‘a voulu, pour ainsi dire, emporter notre amour par la grandeur de ses bienfaits. De là vient que notre amour est engendré par la reconnaissance, et que c’est elle qui lui aplanit la voie. Il a donc voulu que nous l’aimassions par reconnaissance, sauf à l'aimer ensuite pour sa bonté que nous ne counaîtrons parfaitement que dans l'éternité.

Vois donc, à mon âme, si quelqu'un a

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surpassé Dieu en bonté à ton égard; s’il est quelqu'autre à qui tu sois plus obligée de témoigner ta reconnaissance ? Mais ce langage serait une folie! Non, personne ne t’a fait autant de bien que lui; personne ne t’a comblé de plus de largesses ; personné ne peut lui être comparé pour la grandeur de ses bienfaits.

Jésus-Christ n’avait-il donc pas raison de nous dire : Vous aimerez votre Dieu par-dessus toutes choses? Mais cet amour, nous l’avons dit, ne doit pas se borner à une affection stérile ; il faut qu’il se manifeste par les œuvres; et ces œuvres que nous sommes obligés de faire, telle est la bonté et la sagesse de Dieu, qu'il veut bien les agréer, si nous le faisons pour son amour. C’est dans cet amour qu'est renfermée toute la perfection de la loi.

HI. C’est ainsi que sainte Anne observait la loi de Dieu. Qui peut dire les épanchements de son cœur en la présence de Dieu, do ce grand Dieu qui l’avait prévenue de sa grâce, et disposée à prendre part, bien que d’une manière éloignée, à

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l’œuvre de la rédemption, œuvre qui était uniquement celle de l’amour ? Aimer Dieu!

sainte Anne dépouillée de tout bien, rebutée par le monde, retirée dans sa demeure, n’avait d'autre joie que celle d'aimer Dieu sur toutes choses. Mais cette joie lui suffisait ; c’est là qu’elle trouvait ses chastes et saintes délices. Voilà ce qui la rendait maitresse de toutes les autres affections, et ce qui la tranquillissait pour l'avenir.

O âmes créées par le Seigneur, persuadez-vous que tout bien se trouve dans l’amour de Dieu. Faites-en l'expérience.

Oui, essayez, et puis vous direz si ce n’est pas la vérité.

PrariQue. — Neuf Ave Maria.— Un acte d'amour de Dieu et du prochain. —- Sainte Anne, intercédez pour nous. +

XVIe JOUR.

De l’amour du prochain.

I. Vous aimerez votre prochain comme vous-même. Voilà le second commande-

ment de cette:loi divine que nous devons observer. Et il est bien naturel qu'après P ‘avoir porté nos affections vers Dieu, nous devions aussi aimer ceux qui en sont l’image vivante, qui ont été faits à sa ressemblance, et qui, par conséquent, nous rappellent son souvenir. C’est là aimer Dieu véritablement ; c’est là diriger notre 4 affection de telle sorte qu'elle ait Dieu pour terme ; en effet, dans l’amour que nous portons au prochain, nous devons toujours avoir en vue notre Créateur lui- q même. Oui, toujours nous devons avoir le .

Créateur en vue, et malheur à celui qui

ne verra pas son image dans le prochain

ou qui se conduirait par une sympathie

:(h toute naturelle ; car c’est la charité seule D: qui est et qui sera toujours la marque dis- a | tinctive des véritables disciples de Jésus- ch Christ, Le Sauveur Jui-même nous en à ‘ avertis en ces termes : On saura que vous ea êtes mes disciples, si vous vous aimez les P urs les autres. ”

Or, si le divin Maitre l’a choisie comme la marque de ses vrais disciples, il faut

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bien que’ce ne soit pas une, inclination purement naturelle. En effet, le paiïen même et les Juifs savent aimer naturellement. Ila plus: tout animal, dit l’Écclésiastique, tout animal aime son semblable. Il s’agit donc ici d’un amour choisi, sublime, surhumain, c’est-à-dire «qui ne soit pas basé sur des considérations humaines. Nous devons nous appliquer sérieusement à bien distinguer l’amour naturel du prochain, de cet autre amour qui dérive de la charité ; il faut que celuici soit dans une harmonie parfaite avec le commandement qui nous prescrit AR

Dieu sur toutes choses. ‘

II. Mais de même que pour l'amour de Dieu, le Seigneur nous a donné une règle qui consiste à l’aimer par-dessus toutes choses ; de même, en a-t-il établi une en ce qui regarde l’amour du prochain; et cette seconde règle ne pouvait détruire la première. Voilà pourquoi il nous a dit:

Vous aimerez le prochain comme vousmème

Remarquons ici que Jésus ne ‘dit pas :

Sarre DR. NT. RS —

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