III. Parmi les saints, sainte Anne occupe
un des premiers rangs; elle s'est distiris d9 guée par une foi vive, par cette foi qui, selon la parole de saint Paul, a justifié d tous les patriarches de l’ancienne alliance.
Elle s'est distinguée par une espérance ardente dans la venue du Messie; par une charité très-parfaite qui lui faisait trouver en Dieu toutes ses délices, et qui concen:
| trait toutes ses affections en lui; par une | humilité profonde, car bien qu'issue de sang royal, elle n’aimait pas à s'élever parmi | les femmes d'Israël, mais retirée dans l’ennn | ceinte de sa maison, elle vivait en paix, Re sans se plaindre de l’opprobre qui pesait \ ‘sur elle à cause de sa stérilité, , | À côté de ces éminentes vertus, nous.
remarquons la résignation à. la volonté divine, la charité pour le prochain, l’abnégation d'elle-même et une multitude d’autres. Nous les méditerons successivement dans le cours de ce mois qüe nous allons dédier en son honneur, afin de mériter le secours de son puissant patronage.
Ces vertus lui ont valu, de la par de Dieu, des grâces de premier choix, des pré-
rogatives sublimes, qui se résument toutes en une seule qui est assurément incomparable, je veux dire l'honneur d’avoir été choisie pour enfanter Marie, honneur qui l’a fait entrer dans la parenté charnelle du Fils de Dieu fait homme, qui la rend participante de la gloire que sa fille Marie a eue de coopérer à l’incarnation de Jésus-Christ et à la rédemption du genrg humain. .
Tels sont les motifs ou les bases de la dévotion envers cette glorieuse sainte ; voilà les raisons que nous avons d'espérer
en eue; notre’ confiance doit être d'autant
plus grande qu’elle jouit d'un plus Es
. pouvoir auprès de Dieu.
*Offrons-lui donc aujourd'hui le mois que nous commenvons ; présentons-lui par avance toutes les bonnes œuvres que nous ferons en son honneur.
Commençons par réciter neuf fois l’Ave Maria, pratique que nous continuerons tous les jours de ce mois. Chaque jour aussi, nous tâcherons de joindre quelque
“petite aumône à la prière, selon nos res-
sources.
Souvenons-nous que notre prière jacu- À latoire favorite pour ce mois doit être cette. | de, invocation : Sainte Anne, intercédez pour | nous,
Ile JOUR.
La crainte de Dieu.
I. Sans la crainte de Dieu, tout autre 4 vertu est vaine, ou, pour mieux dire, il n’y 44 aurait plus de véritable vertu, parce qu’elle manquerait de son principal fondement.
Quand je serais bienfaisant envers mon prochain jusqu'à donner ma vie pour lui; quand j'observerais la plus exacte tempérance dans le boire etle manger; quand je serais ennemi du mensonge; quand enfin j'aurais toutes les plus belles qualités qui font l’honnête homme, l’homme ni recommandable, si avec tout cela je n'ai ‘4 pas la crainte de Dieu, à quoi se réduiront tous ces dons, ses actes de bienfaisance, cet amour et ce respect de l'ordro? à un
Ed
jacu- intérét, à un calcul, à une disposition heu- 4
cette reuse du tempéramment, à l'amour-propre, à
pour | à l'orgueil, en un mot, à une ombre de F.
| vertu qui ne me mettra pas en état de sou- :
tenir le regard de Dieu qui exige de moi k.
hd toute autre chose que des ventus basées sur h
des motifs purement humains. Que dirait 1
le Seigneur, en voyant mon âme ornée de 4
ces simples dehors et de ces belles appa- ù
rences? Ne dirait-il pas comme jadis du 4
autre figuier de l'Evangile : Elle ne porte que 4
il n'y des feuilles ? Et en effet, ces apparences L
u’elle de vertu ne sont que des feuilles qui n’ont 4
ment. . aucun poids dans la balance de la divine à
mon justice. Si c’étaient de véritables vertus, 1
lui; elles seraient stables et capables de résister E
pm pé- à toutes les épreuves. Or, enlevez-léur ces À
uand motifs humains qui leur ont donné nais- ï. uand ! sance; enlevez l'intérêt, enlevez l'estime
ruali- des hommes, enlevez l'orgueil, ces vertus
mme : | s’évanouissent, et le figuier reste sans 4
n'ai feuilles, c’est une plante desséchée. à
iront IT. Au contraire, donnons la crainte de 1 ane, Dieu pour base à toutes les vertus que
nous venons de nommer; la crainte d’un
Dieu qui scrutes les cœurs et les reins, \ d’un Dieu qui lit le secret de notre âme,
qui ne s’en laisse pas imposer par les appa-
rences, qui est ennemi du mensonge, qui
punit les hypotrites, qui récompense ceux
qui sont véritablement vertueux, qui éprouve
la vertu par la tribulation, et qui couronne
celui qui demeure fidèle jusqu’à la mort;
d'un Dieu enfin que nous devons honorer
par des bonnes œuvres conformes à sa
sainte Joi; comment, sous l’empire,de cette
crainte salutaire, pourrions-nous ne pas.
être vertueux, ne pas nous efforcer de
devenir toujours plus parfaits, et ne pas
faire de continuels progrès dans la charité?
C’est précisément dans la charité que
consiste la sainte crainte de Dieu; elle ne
se borne pas à craindre le châtiment, mais
à craindre l’offense de Dieu qui mérite seul
notre amour. Cette crainte vraiment filiale
nous fait abhorrer le péché, nous stimule
à la pratique du bien. Aussi saint Augus-
tin nous la donne-t-il comme un indice de
l'amour de Dieu, quand il dit: Vous crai-
gnez? donc vous gimez, Par conséquent ro e
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