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, de nos jugements les principes du monde;
cette crainte de Dieu, réglée par l’amour, est le fondement de toutes les vertus chrétiennes, la base de la perfection chrétienne; et nous qui devons être jugés et récompensés, non par le monde, mais par Dieu, gardons-nous de prendre pour règle dirigeons-nous au contraire par le principe de la sagesse, qui n’est autre que la crainte de Dieu.
III. Sainte Anne a toujours vécy animée de cette crainte salutaire. Sa tribu famille avaient conservé religieusepfat\ies QUE traditions des anciens patriarc a bt le fidèle souvenir des choses gran Y mer 2 veilleuses que Dieu avait opéréæ @hl fa À de son peuple. On s’y rappelai \es autäntao il s'était montré sévère envers legpécheurs, 4
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autant il avait fait éclater sa miriobite- se et sa clémence envers les justes, ènvers'"° les affligés, envers les saints. Tout parlait ki à sainte Anne de ce Dieu si grand, si terrible, si bon; et son cœur était sans cesse excité et poussé à le craindre, à espérer en lui, à soupirer vers lui Elle
savait qu’elle ne pouvait se rendre digne de reposer un jour dans le sein de ses aïeux, si elle ne Jeur ressemblait par l'exercice des vertus qu’elle admirait dans leur vie, et cela, non pour acquérir la vaine estime du monde, mais par une crainte sincère de Dieu. Tel fut effectivement le motif qui, l’éléva à la sainteté la plus éminente.
Que son exemple nous engage à examiner” attentivement sur quel fondement ls'élève l'édifice de nos œuvres, de nos vertus. $i nous remarquons que nous avons vécü jusqu’à présent dans l'illusion, cherchons à nous corriger, en y substituant un fondement plus solide.
Prarique.—Neuf Ave Maria.—Une mortification quelconque dans le boire ou le manger.—SNainte Anne, intercédez pour nous,
Ile JOUR.
Notre misère et la grandeur de Dieu. sat
‘ I. La sainte crainte de Dieu doit être le fondement de notre perfection. Et comment pourrions-nous ne pas craindre le Seigneur, si nous avions une vraie connaissance de nous mêmes, je yeux dire de notre immense misère ? Hélas ! en notre qualité de pécheurs toujours enclins au mal, nous nous. sommes rendus absolument indignes des grâces du Seigneur. Il nous avait créés pour le connaitre, 'ai-
“mer, obéir à ses commendements, et nul-
lement pour l'outrager et pour l’offenser avec autant d'ingratitude que de méchanceté. De quoi nous sert-il de nous sentir quelquefois poussés au bien ? De quoi nous sert-il que notre volonté s’éveille de temps en temps et désire embrasser la vertu ?
C'est le Seigneur qui imprime ces bons / mouvements à notre volonté; c’est par sa
bonté et par sa grâce qu'elle éprouve ces encouragements, de telle sorte que parfois elle désire efficacement le bien qu’elle aime. Mais telle est la profondeur de notre misère que bien souvent notre intelligence, obscurcie par les ténèbres de l'ignorance, et notre cœur entraîné par la concupiscence de la chair, l'emporte sur notre volonté qui demeure ainsi paralysée, sur la grâce de Dieu qui reste ainsi stérile; et tous nos ‘désirs de vertu aboutissent de la sorte à des souhaits sans effet. Ah! que nous avons peu de chose de nous-mêmes! Voilà pourquoi saint Paul s’écriait : O homme, qu’as-tu que tu n’aies point reçu ?
Méditons un peu cette vérité, reconnaissons notre néant à sa lumière, et voyons combien nous avons été insensés de présumer de nos forces pour le bien.
IT. En regard de notre néant, opposons maintenant la grandeur de Dieu. Il est immense, éterne], parfait dans ses attributs comme dans son existence, (C'est par pure bonté qu'il a créé la terre, les cieux, les habitants de la terre et du ciel. C'est
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THOÎSIÈME JOUR. * 18
lui qui à donné une destination à chacun des êtres vivants, en réservant la plus belle à l’homme, qu’il a créé à son image et pour sa gloire éternelle. Chaque fois qu’il a daigné se manifester aux hommes, ce fut toujours avec les caractères de la
plus sublime grandeur, soit qu'il ait fait
éclater. sa toute-puissance, soit qu'il ait agi pour nous témoigner l’immensité de son amour, li remplit de son être le ciel et la terre; il pourvoit à toutes; toutes choses subsistent par lui. En sa présence, les anges tremblent de respect et de crainte, et son nom épouvante les démons dans l'enfer. |
Or ce Dieu si grand, si puissant, qui d’une seule parole pourrait créer mille mondes nouveaux, avec une multitude d’autres anges et d’autres créatures, ce Dieu veut que nous le considérions comme un père et un père plein de bonté. Ilne nous appelle point ses esclaves, mais ses enfants. Et nous aurions le cœur de ne point nous montrer à son égard comme des enfants ohbéissants, affectueux et reconnais-
14 TROISÈME JOUX,
. Là crainte d
u Seigneur était très.
&rahde dans Sainte
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qu'élle avait de
soit lorsqu'il créait le ciel et l’homme, soit lorsqu'il promulguait sa loi, soit lorsqu'il guidait Israël au milieu des prodiges vers la terre de promission, dans le dessein de s’en faire un peuple chéri.et de le rendre , grand et puissant à la face des nations. Plus elle réfléchissait sur toutes ces particularités, plus elle sentait s’augmenter la crainte de Dieu et de ses châtiments dans son âme docile; plus aussi elle craignait de l’offenser parce que si d’un côté elle admirait et redoutait sa grandeur, de l’autre elle était touchée et pénétrée de sa bonté incomparable ét de sa miséricorde sans bornes.
C’est ainsi en effet que Dieu désire être connu. S'il veut être craint, c’est pour qu’on l’aime. Imitons en ce poiut la con duite de sainte Anne.
PraTiQue.—Neuf Ave Maria.—Un acte de mortification intérieure, en supportant, sans mot dire, la première humiliation que nous rencentrerons dans le cours de la ljournée.—Sainte Anne intercédez pour
nous. £
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IVe JOUR.
L'humilité intériéure.
I. La connaissance de nous-même et le sentiment de la grandeur de Dieu ne pro-.
duisent pas seulement en nous une crainte salutaire, mais ils y engendrent encore une profonde humilité. Quand nous reconnaissons notrn grande misère, que nous avons nos péchés sous les yeux, et que nous nous voyons aussi misérables et coupables que nous sommes en présence d’un Dieu si grand, si puissant et si saint, ne serait-ce pas le comble de la folie que de concevoir de l’orgueil? Comment la poussière et la cendre peuvent-elles s’enorgueillir? Peuton joindre l’orgueil à une telle misère?
Comment irions-nous provoquer l’indignation de ce Dieu qui, connaissant si bien:
notre néant, a eu néanmoins pitié de nous, et nous a fait tant de bien par pure miséricorde; de ce Dieu qui est prêt aussi à
ième et le eu ne pro-.
ne crainte ncore Une reconnaisous avons que nous coupables un Dieu si e serait-ce concevoir sière et la lir? Peutle misère?
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ié de nous, pure misérêt aussi à
nous punir par la soustraction de toutes ses grâces, en nous abandonnant à la merci de notre volonté, c'est-à-dire de notre indigence et de notre pauvreté absolue ?
Ne perdons pas de vue notre Jésus qui,
en venant sauver le monde perdu par l'or gueil, s’est fait le modèle de l’humilité, et de l'humilité la plus profonde, au point de s’anéantir lui-même et de prendre la forme d’esclave, lui qui. était le Roi du ciel, le maître du monde, le Fils de Dieu, et Dieu lui-même de toute éternité. Ah! il n’est aucun genre d’humiliations et de douleurs qu’il n’ait supporté avec amour et en silence, pour nous apprendre à nous humilier nous-mêmes, et à chercher dans l'humilité l'expiation de nos péchés et notre salut éternel. En regard d’une si haute majesté qui s’abaisse jusqu’à la plus extrême humiliation pour nous, comment la bassesse elle-même oserait-elle s’exalter jusqu’à l’orgueil ?
Comparons-nous souvent avec Dieu qui est la souveraine grandeur, avec Jésus.
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RUATRIÈME JOUR.
IL. L'humilité est la source de tout. bion, C’est uniquement à elle que Dieu accorde dans toute leur plénitude ses grâces et ses faveurs. Autant l’orgueil soulève son indignation, autant la vertu contraire fait ses délices. Il résiste aux superbes, et il donne sa grâce aux humbles,
Ilen à été ainsi de tous les saints. Ils ont été farorisés d’une si grande abondance : de grâces, précisément parce qu'ils étaient humbles au point de se regarder comme les plus grands pécheurs du monde.
Il en fut ainsi de la très-sainte Vierge Marie : {c’est par son humilité qu’elle a plu
à Dieu.
Toutes les. vertus suivent l'humilité, Sachant que ni les honneurs, ni les richesses ne suffisent pour nous réndre dignes des regards de Dieu, nous nous appliquons à amasser des trésors qui aient une valeur réelle devant lui, c’est-à-dire des trésors de vertu. Ces trésors, on ne les acquiert pas, en s’étalant soi-même aux yeux des.
hommes par-vanité ou par quelque autre motif humain, mais uniquement en cher-
tout. bien.
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QUATRIÈME JOUR. "+ 48 chant.à plaire aux yeux de Dieu. Pratiquées de la sorte, les vertus s’élèvent au degré le plus éminent, parce qua l’âme véritablement humble ne croit jamais en .
fairo assez. Elle a toujours sous Je yeux
. dans la personne de Jésus le modèle de la
plus haute perfection, et elle s’étudie à s’y conformer.
Voilà le motif pour lequel celui qui s’humilie sera exalté, et celui qui’ se fait le dernier pour Dieu deviendra le premier dans son royaume. Or, cette exaltation et cette supériorité en fait de grâce et de gloire, ne sont-ce pas là les seuls biens véritables, les seuls dignes de l’ambition du ehrétien? Aimez donc l’humilité, car tel en est le principe et le fondement unique.
III. On sait combien cette vertu d’humilité a resplendi dans Marie ; mais de qui la sainte Vierge l’avait-elle apprise ? D'où a-t-elle tiré son modèle, dès sa plus tendre enfance, c’est-à-dire à cette époque de sa vie où elle n’avait pas encore sous les yeux Jésus-Christ, l’auteur et le con-
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sommateur de toutes les vertus? Assurément, ce fut de sa sainte mère, de la ‘glorieuse sainte Anne.
Cette pieuse mère, tout appliquée à cultiver les vertus domestiques dans la solitude de sa maison, dans l'éloignement des pompes mondaines, dans l’exercice de la prière, dans la méditation des vérités éternelles; cette pieuse mère, disons-nous, enseigna l'humilité à sa fille, plus encore par son exemple que par ses discours.
Voilà à quelle sainte école la bienheureuse Vierge s’est formée, à cet âge surtout où l'exemple a bien plus d'autorité que la parole. +
Et nous aussi, tâchons donc d’acqérir cette vertu précieuse. Commençons par la faire pénétrer dans notre cœur, dans nos sentiments et nos pensées, avant de la produire dans nos discours ou dans nos œuvres, ainsi que nous le dirons plus tard, et alors notre humilité ne sera pas de l'ostention ou de l'hypocrisie. Toute humilité qui n’a point son siége et sa racine dans le cœur est une fausse humilité.
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PrarTique.—Neuf Ave Maria.—Dans le cours de la journée, nous réciterons une fois le psaume Miserere, et nous insisterons sur ces paroles: Seigneur, vous ne mépriserez pas un cœur contrit et humilié; nous les répèterons trois fois. — Sainte Anne, Intercédez pour nous.
Ve JOUR.
L'’humilité dans les paroles et les œuvres
TI. Quant un chrétien a réellement de l'humilité dans le cœur, c'est-à-dire quand
|. il est humble dans ses sentiments, ses
affections, ses désirs; quand cette humilité
est fondée sur la véritable connaissance de
lui-même, sur la considération des grandeurs divines, et par conséquent sur la sainte crainte de Dieu, alors il ne se croit pas meilleur qu’il n’est en réalité, et beaucoup moins encore Ss’estime-t-il au-dessus des autres. Quelle que soit sa fortune, quelle que soit la considération dont il
jouit, le chrétien vraiment humble sera toujours très-éloigné de parler avec orgueil ; toutes ses paroles respireront cette humilité qui est la mère de la mansuétude; ses lèvres enfin, comme dit la sainte Ecriture, seront les gardiennes de la sagesse.
Il est vrai qn’on n’entendra jamais ce chrétien humble user d’hyperboles ou de termes qui annoncent la bassesse et la lâcheté. Ces discours sont toujours suspects, et bien souvent on ne les profère qu'afin de provoquer la louange ou pour se mettre à couvert de quelque faute qui, d'un instant à l’autre, peut venir à la connaissance des autres. Non, les paroles d’un homme humble sont mesurées; elles sont sans artifice, sans emphase, et exemptes de tous ces éclats railleurs qui produisent l'indignation chez les plus modérés euxmêmes. Ses paroles sont celles d’un homme qui sent la vérité et qui veut l’exprimer, content pourvu qu’elle paraisse au grand jour et sans détour. De là vient que, lorsqu'il ne rencontre pas l’approbation d’autrui, il n’en est pas blessé, parce qu'il est
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intimement persuadé qu'il peut se tromper, et qu'il ne s’offense pas de ce que les autres le croient aussi. En un mot, il n’est pas offensé par la contradiction, parce qu'il est véritablement humble, | IT. Les œuvres et la conduite de l’homme qui est humble ressemblent à ses parcles et à ses sentiments. Il fait le bien, mais non pour sa propre gloire ou par des motifs humains. 1l aime qu'il reste caché, et il permet seulement qu'il vienne à la con.
. naissance des autres, quand cela peut ser-
vir à leur édification. Du reste, s’il fait
Jl’aumône, s’il secourt le prochain, sa main
gauche ignore ce que fait la droite. S'il jeûne ou s’il prie, il se plaît bien plus à le faire dans la retraite et dans le secret de sa maison qu’en public; ou bien encore il ira prier devant le très-saint Sacrement, mais il cherchera à être vu de lui seulement, et il sera content pourvu que Jésus- Christ son Sauveur et l’époux de son âme le voie. Les bonnes œuvres qu’il a faites
‘secrètement viennent-elles à être connues,
il n’en tire aucune vaine complaisance; il
ne souffre pas que le charme empoisonneut de la louange pénètre dans son cœur; il n'a point pour ce motif meilleure opinion de ; lui-même qu'auparavant; si on le loue, il renvoie cette louange à Dieu. en disant:
c’est la grâce qui m'a assisté; c’est par son moyen si j'ai pu faire un peu de bien; je dois à mes bons parents l’éducation: que j'ai reçue; mes richesses appartiennent à Dieu, et ils me les a données pour faire du.
bien aux pauvres; tout ce que je possède me. vient de la libéralité de ce bon Maitre, . et malheur à moi si sa main ne m'avait Soutenue jusqu’à cette heure !
Nourri de ces pensées, il comprend que s’il retenait pour lui les louanges des hommes, il commettrait un larcin envers l’auteur de tout bien. Quand il a tout fait, il dit encore: je suis un serviteur inutile, et par conséquent, Seigneur, ce n’est pas à moi qu’appartient la louange, mais à votre très-saint Nom.