‹ Le mois de juillet consacré à sainte Anne [microforme]Chapitre 26 sur 89 · PP 7 ME · texte numérisé non relu

PP 7 ME

BRSERE

. bonnes résolutions ? Nous manquerions de

constance dans la lutte que nous avons entreprise contre nos passions déréglées ?

Non, ne regardons pus le temps de la vie comme si long, puisqu'’en effet il est très court. Les jours de l’homme sont bornés, et vous suvez, Seigneur, le nombre de mois qu'il a à vivre. | II. Ce serait la folic la plus déplorablh, si nous venions à nous lasser dans la pretique du bien, et si l’idée de la longueur de la vie nous refroidissait dans notre application à la vertu. Le temps s’envolera dans tous les cas; mais à la tin, nous le

-trouverons vide de bonnes œuvres, et

Jorsque nous serons appelés à en rendre compte, quelle excuse pourrons-nous alléguer au tribunal du Juge suprême?

Non, ce n’est pas maintenant le temps de jouir. (Créés pour le bonheur, notre felicité serait par trop fugitive, si toutefois on pouvait l’uppeler une vraie félicité. Ne voyez-vous pas dans quel triste état les, arbres sont en hivor? Pauvres et même totalement dépouillés de feuillage, recou-

querions de nous avons déréglées ?

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verts de neige, sans apparence et sans beauté, personne ne daigne y jeter un regard en passant. Mais attendez un peu, et bientôtils seront ornés de verdure, brillants de fleurs et chargés de fruits délicats.

Ainsi en est-il de notre vie. A l’exté'ieur, elle est mortifiée, souffrante, humble, traversée par toutes sortes d’adversitée et semblable à une mort. Mais à l’intérieur, elle renferme une sève pleine de vitalité, c'est-à-dire la grâce; elle abonde en consolations célestes et en joies pures.

Attendons un peu jusqu'à ce que le Seigneur nous appelle à lui, et nous dise: Le temps est passé pour vous, votre hiver est fini. Oh! qu'il nous sera doux alors de voir s'ouvrir le printemps éternel! Qu'il nous sera doux de nous rappeler les neiges, les frimas, les vents de la saison “’hiver, c'est-à-dire toutes les tribulatio… äe la vie; car c’est par leur moyen que nous aurons pu mériter les joies de l’‘\ernité, de même que c’est grâce aure."3 et à la gelée que la plante a pris une vigueur nouvelle pour la bonne saison.

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III. Supposons qu’impatient du retard, un arbre ait voulu bourgeonner et fleurir avant le temps. N'est-il pas vrai qu'il ne tarderait pas à languir? Sans doute, et pendant que les autres déploieraient au printemps leur verdure et leurs fleurs, il serait privé de tout ornement et honteusement stérile. Voilà ce qui nous arrivera à nous-mêmes, si nous prétendons anticiper sur la joie qui est réservée aux saints du ciel. dx

D'ailleurs, nous ne sommes pas ici-bas pour jouir, mais pour souffrir; et ces encouragements spirituels que le Seigneur nous accorde de temps en temps n’ont pas pour but de nous attacher à la terre, mais de nous faire désirer plus ardemment le ciel. Du reste, ce sera toujours par la voie unique des souffrances que nous pourrons arriver heureusement à la possession de la gloire céleste. Nos joies au ciel seront proportionnées à nos souffrances, mais dans une proportion en quelque sorte immense, parce que cette joie sera précisément la mesure de notre récompense éternelle,

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TRENTÉ-UNIÈME JOUR. 155

Courage donc ; nous avons peu de temps à vivre sur la terre; ne nous lassons pas de mener une conduite chrétienne, persévérons dans le bien, car celui-là seul sera couronné qui aura persévéré jusqu'à le fin, et celui qui aura attendu avec

patience dans le temps, recevra dans

l'éternité la plus belle couronne.

PRATIQUE. — Neuf Ave Maria.— Baisez la terre, en pensant que c’est un lieu d'épreuves pour vous. — Sainte Anne, intercédez pour nous.

XXXIe JOUR.

Le paradis. ,

I. Lorsque nous élevons nos pensées vers la patrie céleste et que nous nous disons à nous-mêmes : Voilà notre patrie, voilà le lieu de notre éternelle demeure, que nous figurons-nous ? Ah ! nous gémis- ‘sons dans une vallée de larmes et d’exil où les consolations sont rares et même

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amères, quand elles ne viennent pas de Dieu. Comment donc pourrions-nous ne pas désirer un lieu de repos, et non-seulement de repos, mais de joie, non-seulement de joie, mais de félicité et de félicité éternelle comme Dieu lui-même? Voilà pourquoi cette félicité s'appelle la vie, s’appelle la couronne de vie. A la seule.

pensée qu'alors c’en sera fait de tous les i maux qui nous tourmentent en ce monde, des persécutions, des tribulations, et des larmes, nous éprouvônis déjà une grande consolation; car la cessation de tout mal est déjà un grand bien sur cette terre.

Mais nous raisonnons ainsi, parce que nous n'avons pas d'idée d’un bien-être meilleur, sinon en nous figurant un état entièrement exempt de souffrances. Hélas !

que nos idées sont bornées ! Cette manière de concevoir la félicité est elle seule une preuve évidente de notre insuffisance.

Élevons-nous donc par la pensée à un état bien plus noble. Supposons d’abord une exemption parfaite et absolue de tout mal même apparent, de tout mal même

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' le plus léger; mais ajoutons à cela queldb que chose de bien plus grand et de bien Rite. plus sublime. Un prisonnier qui gémit AU dans les fers, fait consister son bonheur . licité dans sa délivrance ; maïis.serait-il vrai- Toilà ” ment heureux, s’il possédait pour tout ÿie, bien sa liberté, et qu’il fût simplement rt: affranchi des incommodités de la prison?

les IT. A l’exemption de tout mal, il faut nde, doc joindre la possession de tous les us biens. Mais ici encore nous n’avons l’idée Lu du bier qu’au moyen des biens de cette val vie, tels que les richesses, les honneurs, . | les plaisirs, la puissance, et autres choses que semblables ; et pourtant, ce ne sont là que été les feuilles de cette arbre de vie, à l'ombre | Atét duquel Dieu nous attend dans le ciel. Oh! las ! que ne pouvons-nous entreyoir la beauté dière et la suavité des fruits que nous cueilletu rons un jour sur cet arbre ! Si le paradis terrestre était si agréable et si beau, qu’on à un l’a appelé un lieu de délices, bien qu'après bord tout, il fût un lieu d'épreuves, combien ne tout sera point délicieux ce séjour de gloire où es nous jouirons d’une félicité complète, en

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contemplant Dieu, notre souverain bien, en contemplant ses infinies perfections dont la seule pensée comble déjà notre âme de douceur? S’ilest si doux de les méditer, que sera-ce de les contempler à découvert? que sera-ce de les posséder, comme nous ferons, et comme Dieu luimême nous l’a promis ?

Voilà la gloire qui nous est préparée.

Voilà la couronne de la vie chrétienne.

Souffrances, vertus, mérites, tout y sera récompensé. Le temps y sera, pour ainsi dire, oublié ; l'éternité seule subsistera et nous plongera dans ses abîmes sans fond; une éternité pleinement heureuse, telle enfin que celle qui fait la béatitude de Dieu lui-même. |

III. C’est pour cette félicité et cette béatitude que notre bon Dieu nous a créés.

Déjà sainte Anne en jouit pour toujours; et nous qui, pendant le cours de ce mois, avons médité ses vertus et l’avons choisie pour notre protectrice, qui sait si ce ne sera pas grâce à son intercession, que nous serons jugés dignes d’y avoir part un

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TRENTE-UNLÈME JOUR. 159

ien, jour ? Sainte Anne nous attend au ciel, Fou Marie nous y attend, Jésus nous y attend, otrè Dieu nous y attend.

loÿ Ah! prenons la résolution non-seulend ment d’invoquer cette Mère glorieuse de der, Marie et de la regarder comme notre mé- Ini- diatrice, mais de la prendre pour modèle 14 de notre vie. C’est ainsi que les vertus qu! {: ie lui ont valu une si grande gloire dans le À | fné. ciel, nous procureront à nous-mêmes une | dés gloire semblable, selon que nous aurons oinibt été fidèles à les imiter. Oh ! alors nous verdat rons combien nous aura été utile la pro- | | ond; * tection de cette illustre sainte, alors notre | telle . reconnaissance pour elle sera sans bornes, e de et nous l’aimerons d’une manière parfaite. Cependant n’oublions jamais que nous bé: nous sommes consacrés à son culte. De réée: son côté, elle ne nous oubliera pas, mais UrS: elle nous regardera comme ses enfants, et | 1 nois, par là nous aurons auprès de Marie et de Ë nisie Jésus une mère et une mère pleine de ten- | sn dresse infinie.

que PRATIQUE. — Neuf Ave Maria. — Renou- Lin .…velez l’offrande de ce mois à sainte Anne.

— Sainte Anne, intercedez pour nous.

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