III. Telle fut l'humilité de sainte Anne
Tombée dans lé mépris auprès de ses concitoyens, à’ cause de sa stériste, elle ne se
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plaignit pas, et elle ne laissa point paraitre au jour ses grandcs et admirables vertus, afin de regagner leur estime. Renvoyée.
avec son époux du service du temple, elle ne considéra point ce renvoi comme une injustice, et elle en sortit paisiblement pour se retirer et vivre dans Ja solitude de Nazareth, disposée à tout ce qu’il plairait au Seigneur de lui envoyer. Lorsque ensuite, par une grâce spéciale d'en haut, elle eut le bonheur de devenir mère, elle ne s’enorgueillit point ; elle ne fut pas.plus fière, en se voyant mère d’une fille qui était l’image même de la vertu et qu’on aurait pu appeler la vertu, la candeur, la piété personnifiée. Anne était vue de son Dieu, et cela lui suffisait. Elle lui avait fait
| le sacrifice entier de son cœur, elle ne
voulait pas s’en réserver la moindre part, , au préjudice de ce Dieu qui l’avait bénie en lui accordant une fille Si merveilleuse.
Afligée de stérilité, glorifiée par une maternité si heureuse, elle fut toujours égale à elle-même, toujours humble dans ses paroles, dans sa conduite, dans son inté-
rieur, parce que son humilité était basée sur la foi et sur la crainte de Dieu.
Examinons nos actions et nos paroles.
Nous avons sous les yeux un modèle bien propre à nous en faire porter un jugement exact ; tâchons d’en profiter.
: PRATIQUE.—Neuf Ave Maria.—Aujourd’hui, ayons soin de remplir quelqu'un des.
offices domestiques les plus vulgaires, en esprit d’humilité.—Sain(e Anne, intercédez pour nous.
Vle JOUR La foi.
I. Étrangers et voyageurs dans cette vallée de larmes, nous savons que Dieu nous a créés pour la céleste patrie, mais bien souvent nous l’oublions. Ah! quelle lamentable folie ! Cette vérité devrait être toute notre consolation, et c’est précisément pour nous en convaincre toujours de plus en plus que le Seigneur nous a ac-
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cordé le don de la foi. Ce don infiniment précieux 3 été répandu dans nos âmes, au moment où nous avons été régénérés à la vie chrétienne, et c’est lui qui nous fait voir un Dien qui nous aime, un Dieu qui nous commande de lui obéir par amour, un Dieu qui récompense par des biens éternels, qui punit par des châtiments également éternels, un Dieu enfin qui est la grandeur et la puissance même, qui a toujours été avant même le commencement des siècles, ot qui existera à jamais lorsque les siècles auront achevé leur cours pouf nous.
II. Ainsi nous n'avons pas été abandonnés sur cette terre d’exil sans appui, sans protection, sans guide, sans une idée
‘de la nature de nos sublimes destinées et
de la divinité qui les régit. Non,-Dieu a parlé, et voilà un autre objet de notre foi : la révélation des vérités éternelles.
Il ne suffit pas de croire fermement en Dieu, il faut croire que ce Dieu a parlé, et croire à tout ce qui nous a révélé dans sa bonté. Que ces vérités soient au-dessus de
notre intelligence, nous devons néanmoins
les croire, précisément parce que c'est Dieu, la vérité même, qui les a manifestées. Nous devons avoir en horreur cet esprit d’orgueil qui veut tout examiner, tout discuter. En effet, quand il s’agit des vérités que Dieu nous a proposées, ce n’est pas la discussion qu’on nous demande, mais la soumission de notre raison et l'hommage de notre foi à la majssté suprème du Dieu qui parle. Ce motif ne suffit-il pas pour abaisser notre orgueil, pour humilier notre raison, et pour la plier à l'hommage d’une foi sincère ?
D'ailleurs toutes ces vérités sont consolantes, importantes, nécessaires pour notre salut éternel. Refuser de'le croire, c’est
nous exposer à un malheur inévitable.
Jamais nous n’aurions pu arriver par nousmêmes à leur connaissance; c’est pourquoi Dieu nous les a révélées dans sa bonté, et par là, il nous a donné une nouvelle preuve de son amour.
La justice et la reconnaissance doivent
donc nous engager à croire, tout autant
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que l'intérêt de notre salut éternel. Nous dovons eonclure de là qu'il n’est pas déraisonnable de eroire, mais”qu’il est plutôt déraisonnable de ne pas croire.
III. Anne, issue de la rare des anciens patriarches, parut avoir hérité de leur foi.
Les vérités que le Seigneur avait daigné
” communiquer à ses ancêtres, les promesses
qu'il leur avait faites touchant le Messie, et qui étaient consignées dans les livres saints, étaient l’objet de ses méditations, au pour mieux dire de sa consolation. Elle pouvait dire avec le Psalmiste que le jour et la nuit, elle méditait la parole du Seigneur, et que dès le matin elle lui offrait un sacrifice de louange. Sa langue parlait
de l’abondance du cœur, c’est-à-dire le
langage de cette foi vive et sans réserve, qui ammait autrefois Abraham et le disposa à sacrifier son fils unique; de cette foi qui faisait dire à Job: je suis sûr de ressusciter après ma mort; de cette foi qui faisait entrevoir à Isaïe les fruits naissants de la racine de Jessé, et qui a porté les autres prophètes à saluer par avance le
Roi promis à Israël, le Sauveur de son peuple, le Prince de la paix, le Père du siècle à venir. *
Animée par cette foi, sainte Anne sanctiflait chacune de ses journées par la prière, par la charité et par les œuvres de la sainteté la plus parfaite. Et nous, quelle est notre foi? Ah ! qu’elle est languissanté et tiède ! tâchons donc de la raviver; et promettons à Dieu une soumission inébran- ‘ble à toutes les vérités qu’il nous a révékes et qui forment le trésor de la foi dont l'Eglise catholique est la dépositaire.
PRATIQUE.—Neuf Ave Maria.—Dans le cours de la journée, nous ferons un acte de ‘oi, à genoux, devant le crucifix.—Sainte Anne, intercédez pour nous.
VIe JOUR.
L'Espérance.
. I, Celui qui croit fermement en Dieu ne peut s'empêcher de concevoir une vive espérance. L’espérance est aussi un don
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SÉPTIÈME JOUR. 31
de Dieu, en vertu duquel nous vivons dans l'attente de la gloire éternelle à laquelle nous sommes destinés et nous espérons du Seigneurs les grâces et les secours nécessaires pour y parvenir. Cette vertu précieuse s'appuie donc sur la foi, et elle en est pour ainsi dire la conséquence. Qu'est-ce en effet que la foi nous découvre? un Dieu infiniment bon qui nous a tirés du néant par bonté, qui, en nous créant, nous a ornés des dons les plus précieux, qui a gravé duns nos âmes son image et sa ressemblance, et qui ne nous a créés qu'afn de le posséder un jour; un Dieu d’une bonté immense, dont la bonté excède tout ce que nous pouvons nous imaginer ici-bas, un Dieu qui n’use de rigueur qu'’envers les pécheurs obstinés, et cela parce que sa justice l'exige ainsi; en effet elle n’éclate contre eux qu'après qu'elle les a attendus longtemps à la pénitence, et qu’elle ne pourrait difiérer de les punir sans blesser ses droits, sans risquer
de voir la honté divine méprisée et foulée
aux pieds.
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