‹ Le mois de juillet consacré à sainte Anne [microforme]Chapitre 49 sur 89 · SECOND JOUR · texte numérisé non relu

SECOND JOUR

Dieu accorde la très-saintie. Vierge à sainte Anne.

La stérilité était chez les Juifs un opprobre, parce qu’on y voyait un signe que

Dieu n'avait point donné sa bénédiction à

l'épouse, et que la femme qui n’avait point d'enfant ne pouvait prétendre à l'honneur d’avoir le Messie parmi ses descendants.

Sainte Anne eut, pendant de longues années à porter cet opprobre; mais, par-

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Dieu, elle se soumettait sans mürmure à cette dure et sensible épreuve, et comme Anne, mère de Samuel, elle se contentait de répandre son cœur devant Dieu et de .

lui demander avec d’instantes et ferventes prières de lui donner un enfant, lui promettant qu'il lui serait consacré. Dans la

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même intention et pour que sa prière fût plus facilement exaucée, elle répandait dans le sein des pauvres d’abondantes aumônes. |

Dieu, qui avait prédestiné sainte Anne à être la mère de celle qui devait enfanter le Sauveur du monde, ne voulait lui confier ce précieux dépôt que lorsque, par ses vertus, elle serait digne de le recevoir. Il fallait aussi que Marie füt une enfant de prières et de miracles; et c’est pourquoi elle fut donnée à une mère stérile, qui ne l’obtint que par ses ardentes prières.

Lorsque le temps marqué de toute éternité pour la naissance de la très-sainte Vierge fut près d'arriver, Dieu envoya l’Ange Gabriel à sainte Anne, pour lui annoncer qu'elle allait devenir mère, et qu’elle mettrait au monde une fille qui sérait la Mère du Messie; ét, selon la promésse de l’Ange, neuf mois après l’immaculée conception de Marie, elle mit au monde, sans douleur, cette bienheureuse enfant, le jour où l'Église célèbre la Nativité de la très-sainte Vierge.

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RÉFLEXIONS

Les mères ne doivent jamais oublier que c'est Dieu qui leur donne des enfants, et que ces enfants lui appartiennent encore plus qu’à elles-mêmes ; elles doivent donc les considérer comme le dépôt le plus précieux que Dieu puisse leur confier.

Comme mères, leurs devoirs commencent avant la naissance de leurs enfants.

1° Dès qu’elles s’aperçoivent qu'elles portent un enfant, elles doivent l’offrir et le consacrer à Dieu et à la très-sainte Vierge, afin qu'ils le prennent sous leur protection et lui accordent la grâce de recevoir le sacrement de Baptème. Elles doivent en outre leur promettre qu'elles l’élèveront pour leur service et dans leur

amour.

2° Comme dans cet état tout accident serait plus funeste encore à l'enfant qu’à la mère, elles doivent éviter avec le plus g-and soin tout ce qui pourrait les blesser; une mère qui, par imprudence ou pour

toute autre raison, serait cause que son

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enfant ne recevrait jamais le saint Baptème, le priverait par là du Ciel, ce qui serait le plus grand des malheurs.

3° Aussitôt après la naissance de son enfant une mère chrétienne doit se hâter de le faire baptiser, afin qu'il soit délivré de l'esclavage du démon, et qu'il devienne

le temple’du Saint-Esprit, l'enfant de Dieu

et de l’Église et l'héritier du royaume des Cieux, Mi PRIÈRE.

C'est de vous, Ô mon Dieu, que je-tiens mes enfants ; puisqu'ils sont à vous, daignez les bénir et leur donner l'inclination pour Ja vertu afin qu’ils vivent pour vous aimer et vous servir. Je vous demande cette grâce par l’intercessiôn de la bonne sainte Anne, ma patronne ; et daignez, Ô mon Dieu, exaucer ma prière.

Ainsi soit-il.

Prières pour la Neuvaine, voir à la fin

des exercices.

aise TROISIÈME JOUR.

Nom donné.à la sainte Vierge et Purificalion de sainte Anne.

JL était d'usage chez le peuple Juif que,

quatorze jours après la naïissänée d'une fille, on lui donnât un nom que les parents.

désignaient ordinairement eux-mêmes; et, selon l’ancienne loi, soixante-six jours aprés, la mère se présentait au Temple pour la cérémonie de la purification ; elle offrait à Dieu son enfant, et, s’il était son premierné, elle le racuetait par un agneau ou deux colombes.

Saihte Anne, fidèle observatrice des usages religieux de son peuple et de la loi de Dieu, fit donner à sa fille le nom que l’Ange Gabriel lui avait désigné, de la part du Seigneur, lorsqu'il vint lui ‘annoncer qu’elle donnerait au monde une fille qui serait la mère du Messie, et ce nom était celui de Marie, nom puissant dans le ciel, sur la terre et dans les enfers, nom qui, dans les siècles des siècles, devait être associé à celui de Jésus pour être invoqué et glorifié.

Quatre-vingts jours après la naissance de Marie, sainte Anne se rendit au Templ pour la cérémonie de la purification, portant dans ses bras sa fille bien-aimée,

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Chargée de ce précieux fardeau, -elle se présenta à la porte de Tabernacle, et offrit à Dieu sa sainte enfant, comme le don le plus parfait et le plus agréable qui pût lui être présenté; elle le remercia. en même temps de Ini avoir donné Marie, renouvela

la promesse de la lui consacrer et le

supplia de lui accorder toutes les grâces dont elle avait besoin pour l’élever saintement. Après que sainte Anne eut accampli ce que la bi exigeait d'elle et qu'elle eut satisfait à tous les devoirs que sa piété lui im. ‘osait, elle retourna dans sa maison de Nazareth, pleine de joie, louant et remerciant Dieu des grâces dont il l'avait comblée. :

RÉFLEXIONS, à

La sainte Église æ conservé plusieurs usages et quelques-unes des pratiques de l’ancienne loi: ainsi un nom esi donné aux enfants après leur naissance, et à la cérémonie dela purification elle a substitué celle des relevailles des couches. Les mères, par esprit de foi, doivent se conformer, autant que cela leur en possible,

à ces pieuses pratiques, et les accomplir avec la ferveur et la pureté d'intention qui animaient sainte Anne.

1° L'Église a sagement établi qu'on ne doit donner aux enfants à leur baptême que des noms de saints ou de saintes, parce qu’elle veut leur procurer dans le ciel des protecteurs et des modèles à imiter, et parce qu'il convient que les noms de baptême soient des norns chrétiens.

Dans beaucoup de familles, où la foi s’est conservée dans toute sa pureté, on donne à l'enfant le nom du saint dont on célèbre .

la fête le jour de sa naissance ; touchante et pieuse pratique, qui doit nécessairement attirer sur cet enfant la protection du saint que Dieu semble lui-même lui avoir choisi pour protecteur et pour modèle. Les mères chrétiennes devraient mettre en pratique ce pieux usage, et surtout ne jamais permettre qu’on donnât à leurs enfants des noms payens ou de romans. De nos jours, malheureusement, par un ‘esprit de sotte vanité, pour vouloir peut-être se distinguer, on imite les protestants en donnant aux

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enfants des noms que des chrétiens ne peuvent et ne doivent jamais porter.

2° Dans plusieurs contrées catholiques, dès que les femmes peuvent sortir, après.

leurs couches, leur première visite /esi pour Dieu; elles se rendent à l’église avec leur nouveau-né, reçoivent la bénédiction du prêtre et font célébrer une messe d'action de grâces, à laquelle elles assistent. Les mères chrétiennes devraient se conformer à cette pieuse pratique, qui est si conforme à l'esprit de l'Église, et qui certainement attirerait sur elles et sur leurs enfants les bénédictions de Dieu.

3° C’est un devoir pour les femmes, après leur maladie, de remercier Dieu de les avoir conservées et de l'enfant qu’il leur a donné; elles doivent en même temps le prier de leur accorder toutes les grâces qui leur sont néoessaires pour l’élever saintement.

PRIÈRE

Je comprends, Ô mon Dieu, touto la responsabilité qui pèse sur moi, comme mère, mais ce que je comprends encore,

c’est que, sans votre secours, il thé sera impossible d'élever mes enfants dans votre amour. Aidez-moi donc, à mon Dieu, par votre grâce, à élever chrétiennement mes enfants; donnez-moi la patience, la douceur et la force dont j'ai besoin pour ne jamais vous offenser dans l’accomplissement de mes devoirs de mère. Conservez à mes enfants leur innocence, àätin qu’ils vous soient agréables et soient pour moi «des anges protecteurs auprès de votre divine Majesté ; ct pour que vous daigniez m'’exaucer dans ma prière, jé vous l’adresse par l’intercession de sainte Anne. Ainsi soit-il. | | Prières pour la Neuvaine. Voir à la fin des exercices. R

Sainte Anne dans l'éducalion de Marie.

‘Dieu, en donnant Marie à sainte Anne, lui avait communiqué, comme à toutes les mères, cet amour vif, constant ct désintéressé qu’elles ont naturellement pour leurs enfants. Mais sainte Anne avait de plus la connaissance parfaite de tous les devoirs que les mères doivent remplir auprès de

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>» Marie.

> Anne, utes les désintéur leurs de plus devoirs près de

leurs enfants, et la volonté ferme et sincère de les mettre én pratique.

Oùütré ces soins délicats, cette tendre sollicitude que les mères ont généralement pour leurs enfants, sainte Anne avait pour Marie une grande vénération; elle la considérait comme un dépôt précieux que Dieu avait confié à sa tendresse maternelle.

Elle ne la confiait jamais à Personne, à

moins qu'eli ne fût sûre qu'on aurait

pour sa sainte enfant le même respect et

la mêmé attention qu’elle-même. Souvent

elle venait se placer auprès de son berceau, et, se mettant à genoux, elle priait le Seigneur de veiller sur les jours de son enfant, Son regard se portait en ce moment sur la douce et angélique figure de Marie, qui respirait quelque chose de divin, et ce regard augmentait sa fervauwu.

Souvent les Anges se montraient à ses yeux ravis, dans tout leur éclat radieux; élle Iles voyait s’empresser à rendre leurs hommagés à son auguüste. enfant somme à leur reine, et, pleine de respect elle-même pour Marie, elle se joignait aux

Se

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. Anges pour la vénérer. Lorsque Marie

put articuler quelques paroles, le premier soin de sainte Anne fut de la faire prier, et de lui apprendre à louer et à bénir Dieu.

Quand elle contemplait Marie priant,

‘son cœur était inondé de joie:et son esprit

était ravi d’admiration ; Car cette sainte .

enfant ne paraissait pas alors une mortelle, mais un Ange du ciel. Lorsque sainte Anne avait quelque grâce particulière à demander, elle invitait Marie à prier avec elle, et cette pieuse fille, qui était en tout parfaitement soumise à sa sainte mère, priait pour elle, et ses prières étaient toujours exaucées. ”

Quoique sainte Anne connût que sa sainte fille était destinée à devenir la Mère du Sauveur du monde, et que, en vue de sa divine maternité, elle eût reçu les dons et les qualités pour cette sublime dignité, elle ne laissait pas cependant de veiller sur elle avec prudence; aussi Marie dutelle aux soins de sa sainte mère de n’avoir jamais vu ni entendu quoi que ce soit qui aurait été de nature à scandaliser un en:

fant et à lui faire soupçônner le mal,

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RÉFLEXIONS

Parmi les devoirs que les femmes ont à remplir, il n’en est pas de plus important :

que celui de bien élever leurs enfants, et pour l’accomplir, elles doivent :

1° Avoir beaucoup de respect pour leurs enfants, surtout dans l’âge le plus tendre, à cause de la parfaite innocence dont ils sont revêtus, et qui en fait des anges. Ce respect doit les porter à ne jamais les laisser dans un état peu décent, à supporter avec patience leurs cris et leurs pleurs, et à ne jamais les confier à des personnes qui pourraient négligèr de leur donner tous les soins dont ils ont besoin.

2 Elles doivent, dès qu’ils commencent à articuler quelques mots, leur faire prononcer. avec respect les deux noms de Jésus et de Marie, leur apprendre à les aimer, leur enseigner leurs prières et les leur faire dire le matin et le soir. Dieu a donné à l’enfant une très-grande docilité pour écouter les leçons de sa mère et l'aptitude pour recevoir toutes ses impressions, Si la mère est vertueuse, elle

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