‹ Le monachisme africainChapitre 51 sur 80 · Id., serm. 356, col · texte numérisé non relu

Id., serm. 356, col

Fulgence commença par faire d’abondantes aumônes ; puis il laissa ce qui ne pouvait être distribué à sa mère, qui devait le transmettre à Claude, son jeune frère’. Saint Augustin avait tout donné aux pauvres. C’est ce que faisaient le plus grand nombre Beaucoup abandonnaient leur patrimoine, en tout ou en partie, soit à l’Église, soit à un monastère. La charité fraternelle et la reconnaissance pour la communauté qui les recevait demandaient qu’ils lui accordassent une part dans leurs libéralités^. Valens, diacre d’Hippone, donna ses biens à l’Église, afin de pourvoir aux besoins des serviteurs de Dieu 4. Les choses se passaient ainsi chez les moniales^. Les moines d’albrs, avec leur largeur d’esprit, considéraient comme faites à leur propre monastère les largesses que les postulants faisaient à des églises éloignées ou à d’autres monastères. « Peu importent les monastères et les lieux où ils ont distribué leurs richesses à des frères indigents, disait saint Augustin, car les chrétiens de tous pays ne forment qu’une famille 6. » C’est pour ce motif qu’il exhorte les fidèles à se réjouir des dons faits par Leporius à diverses églises, absolument comme s’ils les avaient euxmêmes reçus’’'. Le diacre Severus avait donné à l’église de son pays natal les biens qu’il y possédait, tandis que Faustinus avait légué une partie des siens à ses frères, et l’autre à une église pauvre

Les moines jouissaient donc de la plus entière liberté pour la disposition de leur fortune, avant de se consacrer au service divin. Les Supérieurs veillaient à mettre sur le même pied ceux qui portaient quelque chose et ceux qui se contentaient d’offrir leur personne. Les pauvres, cependant, auraient pu se croire aux yeux de Dieu dans une situation inférieure, puisqu’ils n’avaient rien à sacrifier ni rien à donner. Saint Augustin se plaisait à dissiper cette illusion,

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