‹ Le monachisme africainChapitre 56 sur 80 · Cf. Aug. Enar. in Ps. 103, serm. 3. P. L., xxxvi · texte numérisé non relu

Cf. Aug. Enar. in Ps. 103, serm. 3. P. L., xxxvi

5. Cum servis Dei, qui, dum jicgiter Deo vacant, aliquoties indigent, illi qui habei/t mundi divitias, eleemosyuas lar giuntur , quomodo eos participes faciunt in terrena substantia, sic cum illis partent hahere mereantur in vita ceterna? (Id., serm. n, P. L., XXXVIII, cap. xcviii.)

6. y aide nos delectat si nos simus junienia Dei, vos ager Dei. (Ibid.)

Saint Fulgence, lorsqu’il établissait un monastère, cherchait volontiers le voisinage des chrétiens riches et généreux, qui savaient offrir aux serviteurs de Dieu une part de leur superflu h

L’évêque d’Hippone évitait de faire directement appel à la charité des âmes pieuses. Les aumônes lui arrivaient spontanément L II dut même parfois se prémunir contre des offrandes indiscrètes.

Ces aumônes, si abondantes fussent-elles, ne constituaient pas la principale ressource des moines. Elles ne pouvaient non plus les dispenser de la sainte loi du travail.

La loi du travail et les moines africains

A la fin du IV® siècle, les moines qui vivaient dans le diocèse de Carthage agitaient vivement la question de savoir s’ils étaient obligés de travailler pour gagner leur vie. Les uns se prononçaient pour l’affirmative, et ils alléguaient le précepte et les exemples de l’Apôtre saint Paul ; les autres embrassaient le sentiment contraire, et ils prétendaient observer ainsi les paroles du Sauveur, qui conseille de ne point travailler, de ne rien conserver et d’attendre de la Providence la nourriture de chaque jour, à Limitation des oiseaux et des lis des champs^.

Chacun soutenait son opinion avec tant d’ardeur que la paix des monastères s’en trouvait sérieusement compromise. Les catholiques séculiers finirent par prendre part à ces débats^. L’Eglise avait assez à faire avec les païens, les manichéens et les donatistes, sans laisser les forces de ses enfants s’épuiser au milieu de ces querelles inutiles. 11 était urgent d’y mettre un terme, si l’on ne voulait voir ces discussions gagner tous les monastères africains, se propager autour d’eux, et causer à l’Eglise un grand préjudice en compromettant le bien qu’elle pouvait attendre des serviteurs de Dieu.

Les moines paresseux, soit par leurs pratiques, soit par leur doctrine spirituelle, se rattachaient à la secte des massaliens, qui avaient amené tant de désordres dans quelques monastères de

1. Vita S. Fulgentii, ix et xiv, col. 125 et 131. Serm. 356, 1580.

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