Matth., VI
4. Aug., Retractationum, II, xxi. P. L., XXXII, col. 638-639.
Syrie et d’Asie Mineure. Les évêques avaient eu beaucoup de peine à extirper cette secte et les excès révoltants auxquels se livraient la plupart de ses membres. Voici ce que saint Augustin écrit de ces derniers : « Les massaliens ou euchites se livrent à des prières si prolongées, qu’on a de la peine à croire ce qui en est rapporté. Le Seigneur a bien dit : Il faut prier toujours et ne se lasser jamais' , et l’Apôtre : Priep^ sans relâche"-, ce qui signifie ne laisser jamais passer un jour sans consacrer certains moments à la prière. Pour eux, ils poussent si loin l’application de ces paroles, qu’ils ont mérité d’être inscrits parmi les hérétiques... On leur attribue cette autre erreur : 11 n’est point permis aux moines de travailler pour gagner leur vie. La vie religieuse qu’ils mènent leur interdit en etfet tout travail s. »
Les moines paresseux refusaient, eux aussi, de travailler; c’était un principe arrêté En échange, ils aimaient à recevoir la visite des séculiers, qui venaient leur demander des consolations spirituelles. Dès qu’un de ces hôtes franchissait la porte du monastère, on les voyait tous accourir, s’empresser autour de lui, lui lire des passages de l’Ecriture, prier et chanter en sa compagnie, et lui adresser des exhortations s.
Leur occupation habituelle, disaient-ils, était la prière. Leurs journées se passaient à méditer la parole de Dieu, à chanter ses louanges, à faire oraison^. Ce noble travail était le seul qui convînt à des serviteurs de Dieu, voués par état à la culture des choses spirituelles. Ç’eût été déchoir que de s'occuper des biens qui passent et de tout ce qui peut se rapporter au corps. Pourquoi renoncer au monde, s’il fallait encore se plonger dans ses occupations et dans ses soucis'^?
Quelques-uns d’entre eux ajoutaient à ces exagérations une originalité ridicule , empruntée aux moines syriens. Ils laissaient croître leur chevelure, craignant, selon la malicieuse remarque de