‹ Le monachisme africainChapitre 59 sur 80 · Ibid., XXXII, col · texte numérisé non relu

Ibid., XXXII, col

saint Augustin, que la sainteté tondue fût moins appréciée que la sainteté chevelue : Timent ne vilior habeaiur tonsa sanctitas quam comata', ce qui était condamné par l’Apôtre et par toute la tradition monastique'.

Parmi ceux qui adoptaient ces pratiques et soutenaient ces théories, il y avait des moines vertueux et dignes, par ailleurs, de l’estime de tous les hommes de bien. Ils étaient victimes des illusions de leur esprit, qui, manquant de simplicité et d’équilibre, se complaisait dans des voies extraordinaires. Ils préparaient, à leur insu et avec la meilleure foi du monde, le succès de ces maximes.

11 s’en trouvait d’autres qui n'observaient pas les mêmes rêveries. Si leurs bras étaient inoccupés, leur langue se donnait du mouvement. Ces hommes, recrutés dans les derniers rangs de la société, oubliaient qu’avant d’être moines il leur fallait arroser, avec la sueur d’un travail continuel, le pain de chaque jour. Ils faisaient de la paresse la grande vertu des moines, et du travail un défaut et une dégradation. Ils croyaient exercer une grande charité, en faisant tous leurs efforts pour convaincre ceux qui ne partageaient point leur avis et pour les entraîner à leur suite^.

Les dehors mystiques dont ils enveloppaient leur système n’étaient pas faits pour en imposer aux adversaires du monachisme. Ceux-ci jugeaient très sévèrement ces paresseux vulgaires, qui cherchaient à couler une vie agréable, tout en proclamant bien haut qu’ils s’étaient engagés dans la voie étroite. Les accusations d’hypocrisie et d'oisiveté qu’ils dirigeaient contre eux retombaient sur tous les moines et pouvaient ruiner leur réputation de sainteté, qui rendait à l’Eglise et aux âmes de véritables services.

Aurelius de Carthage comprit le danger que courait l’Ordre monastique ; il réagit par tous les moyens en son pouvoir. Peut-être cette réaction commença-t-elle dès 398. On voit, en effet,

1. Ibid., XXXIX, col. 578. Les moines africains portaient, comme les autres, les cheveux ras. Saint Augustin en fournit une preuve manifeste, lorsqu’il combat cette innovation. Quelques-uns se les coupaient aussi ras que possible, recisis comarum flueniium jubis usque ad cutem tonsum (monacbuni). (Salvien, De Gubernaiione Dei, 1. Vlll. P. L., LU, col. 156.) Saint Fulgence et l’abbé Félix les portaient moins courts, puisque le prêtre arien Félix, pour les couvrir de ridicule, leur fit raser la tête, ilia decalvaUo viris sanctissimis turpitudinem, etc. {Vita S. Fulgentii, I 1 . P. L., LXV, col. 1 27), ce qui serait inexplicable, si tous les moines avaient eu la tête complètement rasée. Lés moniales portaient des cheveux assez longs. Saint Augustin se borne à leur défendre de les laisser à découvert ou de les disposer avec art. (Ep. 21 1, x, col. 961.)

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