‹ Le monachisme africainChapitre 6 sur 80 · Possidius, c. 111, col · texte numérisé non relu

Possidius, c. 111, col

liaire. Pourrait-il jamais rencontrer mieux qu’Ai^gustin ? Les fidèles comprenaient sa situation et son désir. Ils ne demandèrent pas mieux que de s’attacher un homme de ce mérite. Au moment où l’humble religieux s’y attendait le moins, des chrétiens décidés s'emparèrent de sa personne, le présentèrent à l’évêque, réclamant tous avec instance et à grands cris qu’il lui imposât les mains. Augustin, surpris et troublé, versait des torrents de larmes. « 11 est certain que vous méritez de plus grands honneurs, lui disaient quelques-uns des assistants, mais consolez-vous, il n’est pas de dignité plus rapprochée de l’épiscopat que le sacerdoce. » Etrange consolation pour l’humilité d’un saint qu’effrayait la responsabilité de la dignité sacerdotale* (391).

Avant lui, beaucoup de moines avaient rempli les fonctions qu’impose le sacerdoce catholique. Leurs exemples montraient qu’elles pouvaient parfaitement s’accorder avec les obligations delà vie religieuse. Saint Augustin s’inclina donc devant la volonté du Seigneur, manifestée par l’évêque d'Hippone, mais sans renoncer à sa profession antérieure.

L’autorité dont il se voyait revêtu lui permit de travailler avec plus de succès à l’extension du monachisme. Valerius, de son côté, comprenant les avantages que lui offrirait la présence d’un monastère, le seconda par tous les moyens en son pouvoir. 11 y avait alors auprès de la cité un jardin fertile appartenant à l’église ; sa situation convenait fort bien à l’établissement d’une communauté monastique. L’évêque l’abandonna volontiers à son nouveau prêtre, qui s’empressa d’y bâtir son monastère et d’y réunir des horrjmes disposés à pratiquer les vertus religieuses et à devenir ses frères et ses fils 2.

Son inséparable ami, Alypius, l’y rejoignit bientôt; déjà il pouvait être le modèle de tous ceux qui désiraient se soustraire aux sollicitudes du monde pour servir Dieu dans la paix du renoncement 3. 11 reçut également Evodius^, Possidius, son futur biographe, qui était entré en relations intimes avec lui quarante années avant sa mort 5, Profuturus, un autre Profuturus, Privatus et Servilius®, dont Evodius raconte la mort, survenue avant son élévation à la

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