Id., ep
diocèse et ailleurs * ! Les moines essayèrent parfois de s’interposer pour calmer leur fureur. Mal leur en prit, car cette intervention leur attirait toujours les plus mauvais traitements
Mais enfin, les évêques catholiques, après avoir usé d’une patience admirable, conjurèrent l’empereur Honorius de venir au secours des églises africaines (404). Leur appel fut entendu, et bientôt les circoncellions et tous les donatistes, effrayés par une juste répression, déposèrent les armes. Saint Augustin^ pria instamment le tribun Marcellinus et le proconsul Aspringius de tempérer par la miséricorde chrétienne les rigueurs de la justice humaine et de ne jamais appliquer aux coupables cette peine de mort dont ils avaient, eux, usé trop souvent contre les catholiques. Sa mansuétude reçut la plus belle récompense qu’il pût ambitionner ; ce fut l’entrée dans l’Eglise d’un grand nombre de circoncellions. « Oh ! si je pouvais vous montrer, écrit-il à l’évêque schismatique Vincent, les nombreux circoncellions qui professent aujourd’hui publiquement la foi catholique, en déplorant leur vie passée et cette malheureuse erreur qui leur persuadait que toutes les inspirations de leur audacieuse folie avaient pour but le service de l’Eglise de Dieu ^ ! »
Que devenaient ces agnostici après leur conversion ? Restaient-ils dans le siècle? ou leur ouvrait-on les portes des monastères? Ce dernier sentiment paraît assez vraisemblable. L’Eglise catholique, en effet, ne se bornait pas à proclamer légitimes le baptême et les ordinations conférés par les schismatiques ; elle reconnaissait encore, en vertu des mêmes principes, la validité de la profession religieuse émise chez eux et de la consécration virginale que donnaient leurs évêques. C’est saint Augustin qui l’atfirmes dans sa lettre à Théodorus, écrite en l’année 491, par conséquent avant le retour des moines schismatiques à l’unité.