‹ Le monachisme africainChapitre 71 sur 80 · Id., ep. 93, col · texte numérisé non relu

Id., ep. 93, col

5. Agnoscenies in eis (donatistis) bona Dei, sive sanctum baptismum sive benedictionem ordinationis, sive continentice professionem sive consi gnationem virginitatis. (Id., ep. 61, col. 229.)

Les moines et la persécution vandale

Le monachisme africain voyait s’ouvrir devant lui un avenir plein des plus belles espérances, lorsque les Vandales, appelés par le comte Boniface, pénétrèrent dans ces provinces, les plus riches de l’Empire, et cherchèrent à anéantir le catholicisme sous les ruines de ses institutions et dans le sang de ses ministres et de ses enfants. Renforcée par les Maures, par les donatistes et par tous ceux qui n’attendaient qu’une occasion favorable pour secouer le joug de l’occupation romaine, leur armée parcourut le pays, pillant, ravageant, détruisant, massacrant tout sur son passage. Ils s’acharnaient contre les églises et les monastères, enfonçant les portes à coups de hache et livrant aux flammes ce qu’ils ne pouvaient dérober. Quand l’incendie ne réussissait pas à détruire au gré de leur haine sauvage, ils renversaient les murailles de leurs propres mains jusque dans leurs fondements.

Ils n’épargnaient aucun mauvais traitement aux évêques, aux prêtres, aux moines et aux vierges. Ni la faiblesse du sexe, ni la noblesse, ni la dignité sacerdotale, ne leur inspiraient le moindre respect. Aux uns, ils ouvraient la bouche avec des bâtons, la remplissaient d’une boue infecte et les contraignaient d’absorber de l’eau de mer, du vinaigre, des choses immondes en telle quantité que leur corps en devenait enflé. Aux autres, on serrait le front et les jambes avec tant de force que les cordes, ne pouvant résister, finissaient par se rompre. Ceux qui mouraient au milieu des tortures étaient encore les moins à plaindre, car les survivants, réduits en servitude et condamnés à porter de lourds fardeaux à la suite des troupes, se voyaient traités avec plus de rigueur que de véritables bêtes de somme’.

L’Eglise eut à déplorer de tristes défections parmi ces malheureux captifs. Quelques moines, en particulier, renièrent le catholicisme pour embrasser l’arianisme L Faut-il en être surpris, après

1 . Victor de Vite, De persecutione vandalica, 1. I, c. iii ; Migne, P. L., LVIII, col. 183-185.

2. Possidius, c. xxxviii, P. L., XXXIfcol. 58. Videhat enim illehomo Dei...mrginesque sacras et quosque continentes ubiqiie dissipatos; et in bis, alios tormentis defecisse, alios gladio intereremptos esse, alios in captivitate, perdita auimi et corporis integritate ac fidei, malo more ac diiro bostïbus deservire.

que saint Augustin, au sein de la paix la plus profonde, a dû verser des larmes sur la chute de moines infidèles à leur vocation ?

Ceux qui avaient pu, par la suite, échapper au triste sort qui les attendait et trouver un refuge dans les cavernes et dans les forêts des montagnes manquaient des choses les plus indispensables à la vie. Bientôt la misère en fit mourir un grand nombre. D’autres, chassés par les progrès de l’invasion, cherchèrent un asile dans les places fortes, d’où il leur fallut sortir promptement, à l’approche de l’ennemi. Toutes les villes tombèrent, les unes après les autres, au pouvoir des Vandales, sauf Cirtha, Carthage et Hippone'.

Hippone (431), Cirtha, Carthage (439), finirent par tomber au pouvoir des Vandales. Genséric, leur roi, était un arien farouche. 11 avait autour de lui un clergé qui épousait toutes ses passions religieuses, les excitait au besoin et s’en faisait toujours le docile instrument. 11 établit sur les ruines du catholicisme une église hérétique, avec de nombreux évêques, des prêtres et des diacres. 11 y eut même des moines. On ne sait si ces religieux étaient venus d’Espagne à la suite de l’armée conquérante. Peutêtre commencèrent-ils seulement après l’invasion. Quoi qu’il en soit, ils ne firent pas grand honneur à la secte. Clementianus, le seul dont Victor de Vite ait conservé le souvenir, tomba dans le manichéisme, ainsi que plusieurs prêtres et diacres ses compatriotes. 11 poussa même le fanatisme jusqu’à tatouer l’une de ses cuisses, en y inscrivant ces paroles : Manichæus, discipulus Christi lesu^.

La violente persécution que Genséric organisa sans retard contre les catholiques ne parvint pas à étouffer complètement les institutions religieuses.

En effet, il existait encore, sous son règne, un certain nombre de monastères ; peut-être les Barbares les avaient-ils épargnés ou avaient-ils pu se reconstituer après l’invasion. Ils réussirent même à se recruter; Victor de Vite nous l’apprend.

Un officier vandale avait à son service deux esclaves nommés Martinianus et Saturianus. Ils étaient frères. Une moniale, du nom de Maxima, partageait leur captivité. Le premier, jeune encore, était armurijr de profession. Son habileté lui concilia les

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