‹ Le monachisme africainChapitre 8 sur 80 · Possidius, c. Il, col · texte numérisé non relu

Possidius, c. Il, col

5 . Proficiente porro doctrina divina, stib sancto ei cum sancio Augustino in monasierio Deo servienies, Ecclesiae Hipponensi clerici ordinari cœperunt. (Possidius, c. XI, col. 42.)

6. Ac deinde innotescente et clarescente de die in diem Ecclesice catholicce prœdicationis veritate, sanctorumque servormn Dei proposito, continentia et paupertate profunda. (Ibid.)

7 . Ex moiiasterio quod per memorabilem -oirum et esse et crescere cæperat, magno desiderio poscere atque accipere episcopos et clericos pax Ecclesice atque imitas et cœpit primo et postea consecuta est. (Ibid.)

Ces moines, élevés à la cléricature, avaient passé à un état supérieur sans perdre pour cela les prérogatives de la vie religieuse. Car leur nouvelle dignité et les devoirs qu’elle imposait ne détruisaient point leurs premières obligations ; elles venaient, en quelque sorte, les consacrer, tandis que celles-ci rehaussaient la sainteté de leur ministère et le rendaient plus recommandable aux yeux des chrétiens. « 11 devint évêque, dira, un siècle plus tard, un moine africain en parlant de saint Fulgence, il devint évêque et ne cessa pas d'être moine ; il conserva, avec la dignité épiscopale, l'intégrité de sa profession antérieure. Et, en conservant ainsi l’intégrité de sa profession, il ajouta un nouvel ornement à la dignité du pontife'. »

Le peuple considérait principalement en eux les fonctions sacrées qu’ils avaient à remplir, et, à cause de cela, on les désignait toujours par leur titre clérical sans rien ajouter qui rappelât leur vie religieuse. C’était alors une coutume générale qui se conserva plusieurs siècles en Occident 2.

Les moines clercs devaient se dépenser au service de l’Eglise et des âmes. Les uns le faisaient dans l’intérieur de la ville épiscopale et ils continuaient à vivre au milieu de leurs frères, suivant l’exemple que leur donnait saint Augustin. Les autres allaient, sur l’ordre de l’évêque, servir les églises et les populations répandues dans le diocèse. Ce fut le cas d’HonoratuS, moine de Tagaste qui mourut prêtre de Thiave^.

La cléricature était pour eux tous une charge pénible, surtout quand ils comparaient les devoirs qu’elle entraînait avec le calme dont jouit le simple religieux dans la solitude de son monastère. Mais l’Eglise était en droit de leur demander ce sacrifice, et les

I Nec iia factus est episcopus, ut esse desisteret monachus, sed accepta pontificis digiiitate, professionis prceteritæ servavit integritatem. Servata vero professionis iutegritate, plus oniavit pontificis dignitatem. Vita S. Fulgentii, P. L., lxv, 135-136.

2. Saint Jérôme, dont la profession religieuse ne soulève aucun doute, est qualifié presbyter, non monachus. Cassien, parlant du moine Leporius, écrit : Tune monachus modo presbyter. (De Incarnatione, 1. i.) Cf. la liste des moines de l’abbé Liberatus : Bonifacius, diaconus, Servus, subd., Rogatus, monachus, etc. (Victor de Vite, De Persecutione Vandalica, 1. V, 1 . P. L., lviu, col. 249.) Cf. Garnier, dissert. I, De primis auctoribus hceresis pelagiance. P. L., xlviii. Lorsque saint Augustin parle des religieux qui vivaient avec lui dans sa maison épiscopale, transformée en monastère, il les nomme seulement clerici. Ce titre désigne leur cléricature, mais n’exclut en rien leur caractère religieux.

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