CHAPITRE IL
« Là-bas fut élevée sa jeunesse, dans cette vallée solitaire ; « elle n'était pas solitaire alors... Le son du cor delà cruelle <c Alecton se faisnit entendre parmi ses sinuosités, depuis le « lieu où le torrent se précipite dans la majestueuse rivière "jusqu'au marais sauvage du nord, habitation du courlis, « où commence à sourdre son courant, si faible d'abord.» ancienne comédie.
Nous avons dit que la plupart des tenanciers occupaient les villap^es compris dans la banlieue de ce que l'on pouvait appeler le chef-lieu. Cependant ceci n'était pas une règle absolument générale. Une tour solitaire, dans laquelle nous devons maintenant introduire le lecteur, faisait exception à cette rè{jle.
Elle n'avait pas de grandes dimensions ; cependant elle était j)lus grande que celle que l'on voyait dans le village, ce qui semblait montrer qu'en cas d'attaque, le propriétaire ne devait compter que sur ses propres forces et nullement sur l'assistance de ses voisins. Deux ou trois misérables huttes, construites au pied de la forteresse, étaient occupées par les serfs et les tenanciers du principal feudataire. Le site était un superbe monticule couvert de verdure, qui s'élevait brusquement jusques à la gorge d'un vallon sauvage et resserré , qui , entouré , sauf d'un côté , par le cours sinueux d'un petit ruisseau , présentait une position extrêmement forte.
Mais le plus grand degré de sécurité de Glendearg, car c'est ainsi que l'on nommait ce point , consistait dans sa position écartée et cachée. Pour parvenir à la tour , il était nécessaire de marcher l'espace de trois milles, toujours en suivant la direction du vallon, traversant une vingtaine de fois la petite rivière , dont le courant sinueux rencontrait à chaque cent verges, soit un rocher , soit une rive escarpée qui changeait brusquement sa direction et le forçait à se jeter par une ligne oblique sur la rive opposée. Les collines qui s'élèvent des deux côtés de ce vallon sont très escarpées et dominent fortement sfir le lit de la rivière qui se trouve ainsi