‹ Le monastèreChapitre 213 sur 247 · CHAPITRE XXXIII. 43Ï · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIII. 43Ï

dit le moine, et en conséquence nous compterons sur les plus actifs secours de la part de ton maître, avec toutes les troupes qu'il peut lever, pour défendre le monastère contre toutes les forces qui le menaceraient. »

«L ne main d'homme et un }>ant de mailles sur cela, dit le Jack. On nous appelle maraudeurs, voleurs; et comment ne nous appelle-t-on pas? Mais nous sommes fidèles au i)arti que nous embrassons. Et je serai bien content lorsque mon maître le baron aura décidé de quel côté il se rangera , car le château est une espèce d'enfer (Notre-Dame me pardonne d'avoir prononcé ce nom dans un tel lieu) , lorsqu'il est incertain sur le parti qui doit lui être le plus avanfajjeux. Et maintenant, le ciel soit loué, nous voici dans la vallée ouverte, et je puis jurer maintenant si quelque chose m'y porte.»

«Mon ami, dit le sous-prieur, ton mérite est bien mince si tu t'abstiens de jurer ou de blasphémer seulement par crainte des mauvais esprits.»

« Oh ! je ne suis pas encore tout-à-fait vassal de rE{jh'se , dit le maraudeur; et si vous serrez trop la gourmette d'un jeune cheval , je vous réponds qu'il se cabrera. Et puis c'est beaucoup pour moi de me débarrasser de vieilles habitudes à quelque j)rix que ce soil.»

La nuit était belle ; ils passèrent à gué la petite rivière à l'endroit où le sacristain avait fait la mauvaise rencontre de l'esprit. A peine furent-ils arrivés à la porte du monastère, que le portier, en leur ouvrant, s'écria : «Révérend père, le seigneur abbé désire beaucoup votre présence.»

«(Jue ces étrangers soient conduits à la grande salle, et que le cellerier les traite le mieux possible; qu'ils se rappellent cependant la conduite décente et modeste qui convient aux hôtes des malsons telles que celle-ci.»

«Mais le seigneur abbé vous demande instamment, mon cher frère, dit le père Philip|)e arrivant eu tonte hàle. Je ne l'ai jamais vu plus découragé et plus incertain depuis 1» bataille de Pinkie.»

«J'y vais, mon bon frère, j'y vais, répondit le père Eustache. Je vous prie, l>on frère, de faire conduire ce jeune homme, Edouard Glendinning, à la chambre des novices, et

de le placer sous la direction de leur maître. Dieu a touché son cœur, et il se propose de laisser de côté les vanités de ce monde pour devenir un frère de notre saint ordre. Et, si à de si bonnes dispositions viennent se joindre la docilité et l'humilité, il peut un jour en devenir un des ornemens. »

«Mon très vénérable frère, s'écria le vieux père Nicolas, qui vint eu boitant faire une troisième sommation au sousprieur, je vous prie de vous hâter d'aller trouver notre digne seijjneur abbé. Que notre sainte patronne soit avec nous! Je n'ai jamais vu l'abbé du monastère de Sainte-Marie dans une telle consternation, et cependant je me rappelle bien lorsque le père Ingelram reçut les nouvelles de la bataille de Flodden-Field. »

«J'y vais , j'y vais, vénérable frère, dit le père Eustache. » Et, après avoir répété plusieurs fois, j'y vais, j'y vais, il se rendit à la fin chez l'abbé en grande diligence.

Page 1