‹ Le monastèreChapitre 40 sur 247 · I.K MUNASTKRE · texte numérisé non relu

I.K MUNASTKRE

dormant d'un hou sonnne, et nullement troublé par de niaii-

vals rêves.

Mais les vives alarmes répandues dans toute l'Eglise de Home par les progrès des doctrines réformées troublèrent cruellement le repos de l'abbé Boniface, et ouvrirent devant lui un vaste cbamp de devoirs et de soucis dont il ne s'était jamais fait la moindre idée. Il y avait des opinions à combattre et à réfuter, des pratiques à examiner , des bérétiqnes à démasquer et à j)unir , des brebis égarées à ramener au bercail, des consciences cbancelantes à rassurer , le scandale donné part le clergé à arrêter, et la rigueur de la discipline à rétablir. Courriers sur courriers arrivaient au monastère de Sainte- Marie , cbevaux haletans, courriers épuisés... celui-ci de la part du conseil privé ; celui-là, du ])rimat d'Ecosse; cet autre, de la rcine-mci'e, exbortant, approuvant, condamnant, demandant des avis sur tel sujet, ou des renseignemens sur tel autre.

Ces dépêcbes étaient reçues par l'abbé Boniface avec un air im|)ortant d'indécision soucieuse, ou un air indécis et soucieux d'importance, comme le lecteur voudra l'apjjeler, qui fesalt voir que sa vanité était flattée , mais (|ue son esprit était profondément troidjlé.

Le j)rimat de Saint-André, liomme de grand sens et de jugement, avail prévu les conséquences de ce manque d'énergie dans le prieur de Sainte-Marie , et avait chercbé à y suppléer en faisant admettre dans le monastère, en (pialité de sousprieur, un religieux de l'ordre de Citeaux, bomme à talens, rempli de connaissances, dévoué au service de l'Eglise catholique, et très capable non seulement de diriger l'abbé dans des cas difficiles, mais encore de le ra])peler au sentiment de son devoir dans des circonstances où, soit j)ar bonté d'ame, soit par timidité, il se montrerait disposé à s'en écarter.

Le père Eustache jouait dans le monastère le rôle du vieux général qui , dans les armées étrangères , est placé auprès du prince du sang (pii commande en chef, mais nominalement, et à la condition de ne rien entreprendre sans l'avis de son mentor, et il partageait le sort de toutes ces sortes de mentors, qui est d'être souverainement haïs et craints du grand personnage. Avec tout cela cependant les intentions du primat étaient parfaitement remplies. Le père Eustache devint l'as-

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