CHAPITRE VIII
me condamne avec loiile la slncéiilé d'un cœur animé de la Foi la plus vive , peut apporler du soulagement à l'ame de la fléfunte 1. Néanmoins , dame Elspetli , les soins f|no je donne aux morts ne sauraient m'absorber à l'égard des vivans, au point de me faire oublier que je ne dois nullement laisser ici ce livre qui est, poiir les ignorans , ce que fut, pour nos premiers pères, l'arbre de la science, du bien et du mal, à la vérité, excellent en lui-même, mais fatal à ceux à qui la lecture en est défendue. »
«Oh! ce sera bien volontiers, mon révérend père, dit la veuve de Simon Glendinning, que je vous remettrai le livre pourvu que je trouve le moyen de le dérober aux enfans,et, à dire vrai, les pauvres petits sont maintenant dans un tel état d'affliction , que vous leur arracheriez le cœur sans qu'ils s'en aperçussent, tant ils sont affaiblis par les larmes qu'ils ont versées. »
«Donnez-leur ce missel à la place, bonne dame, dit le père, en tirant de sa poche un livre orné de figures enluminées , et je viendrai moi-même, ou j'enverrai quelqu'un en temps convenable , pour leur expliquer ces emblèmes.»
«Oh! les belles images! dit la dame Glendinning, à qui l'admiration fit un instant oublier son chagrin ; ah ! certes, c'est bien un autre livre que celui de la ])auvre Lady d'Avenel , et peutêtre serions-nous plus heureux aujourd'hui, si votre révérence eût remonté le vallon, à la place du père Philippe, bien que le sacristain soit un homme puissant et qui parle comme s'il voidait faire envoler la maison , n'était l'épaisseur des murs , à quoi les ancêtres de Simon , Dieu veuille avoir leurs âmes ! ont suffisamment pourvu. »
Le moine donna ordre qu'on lui amenât sa mule, et il était au moment de prendre congé , qui n'était différé que par les questions que lui faisaient la bonne dame, au sujet des funérailles, lorsqu'un cavalier armé et équipé entra dans la petite cour qui entourait la forteresse.
' Omis par M. DcfaiiPonpret, page 1 16, depuis «plus heureux eucore, etc.» a. m.