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CHAPITRE XV

gtieur et pèie spirituel. Elle rencontra Halbert encore tout eu colère de l'altercation cju'il venait d'avoir avec l'hôte de sa mère, elle lui commanda d'aller aussitôt sur la montagne, et de n'eu revenir que chargé de venaison; lui disant que puis- (ju'il était si avide de s'y rendre ordinairement j)our son pro- [)re plaisir, il devait maintenant y courir pour faire honneur à sa maison.

Le meunier, qui se dirigeait alors vers son logis, promit d'envoyer par son domestique un saumon. La dame Elspelh qui dans ce moment croyait qu'elle avait un nombre d'hôtes pins que su! lisant, commençait à être fâchée d'avoir invité Alysie , et pensait au moyen qu'elle pourrait employer, sans faire d'im|)olitesse, pour donner envie à cette iille de remonter en croiq)e derrière son père, et de remettre à un autre temps l'élévation de son château aérien, lorsque celte offre inattendue de la part du maître du moulin rendit le moindre effort ([u'elle ferait pour renvoyer sa fille impossible ou de la ])li!s grande mallionnèteté. Ainsi donc le meunier partit seul pour retourner citez lui.

L'hospitalité d'Elspeth reçut bientôt sa récompense; car Mysie était toujours restée trop près du couvent pour ne pas s'être mise au fait de Tart noble de la cuisine, que son père favorisait à un tel point qu'il consommait, les jours de festins, autant de friandises que sa fille pouvait en préparer, en rivalisant de luxe avec la cuisine de l'abbé '. C'est pourquoi, ôtant son habillement de fête, elle en prit un plus convenable à la circonstance, la bonne réjouie découvrit ses bras blancs comme la neige jusqu'au dessus du coude; et, ainsi que dame Elspeth le reconnut dans le langage du temps et du pays, prit sa part de la peine avec elle dans le travail de ce jour, déployant un talent sans pareil et une industrie infatigable pour la préparation du mostrcux , du blanc-manger^ et Dieu sait de combien d'autres friandises, et tout cela sans le secours de dame Glendinuing, qui n'aurait seulement pas osé se présenter.

Laissant ce docte remplaçant dans la cuisine, et regrettant que Marie Avenel fut élevée de manière qu'elle ne pouvait compter en rien sur elle, à moins que ce ne fût pour couvrir

'Omis jiar M. Dcfaïu-ouprct, depuis "l'art noLlc, etc. » a. m.

'2li LE MONASTERE,

Ja graude chambre de joncs , et l'orner de Heurs et de branches ainsi que la saison le permettait, la dame Elspelh se para à la hâte de ses plus beaux ajustemens, et le cœur palpitant se présenta à la porte de la petite tour, pour offrir ses hommages au seigneur abbé lorsqu'il franchit l'humble seuil de sa demeure. Edouard était près de sa mère, son cœur palpitait aussi, et sa philosophie ne pouvait lui dire pourquoi. Il ne savait ])as encore combien de temps doit s'écouler avant que notre raison nous apprenne à triompher d'un extérieur imposant, et combien nos sentimens sont excités par la nouveauté et émoussés par l'usage et |)ar l'habitude.

En cette occasion, il regardait avec crainte et avec étonnement l'approche d'environ dix cavaliers, hommes paisibles, montés sur de dociles palefrois, entourés de leurs longs vètemens noirs, relevés seulement par leurs blancs scapulaires; ils semblaient plutôt former une procession funèbre (|ueloul autre chose, et ne permettaient pas à leur marche plus de vitesse qu'il n'en fallait ou pour une conversation aisée ou pour une facile digestion ^ La tranquillité de ce spectacle était, il est vrai, tant soit peu animée par la présence de sir Piercy Shafton, qui, pour montrer que son savoir en equitation n'était pas inférieur à ses autres talens , poussait et arrêtait alternativement son pétulant coursier, le forçant à piétiner, ou à caracoler, ou à s'élancer, ou enfin à faire tous les exercices de l'école, au grand déplaisir du seigneur abbé, dont le cheval perdit bientôt sa tranquillité accoutumée, excité par la vivacité de son compagnon, tandis que le dignitaire s'écriait tout alarmé : «.le vous prie, sir chevalier... Bien, maintenant, sir Piercy , tenez-vous tranquille. Benoît, voilà un bon cheval... Holà, pauvre garçon!» et murmurait toutes les autres exclamations flatteuses et caressantes qu'un timide cavalier a coutume de ])rodiguer pour retenir un fringant comj)agnon, ou son propre cheval, et termina le chapelet par un sincère Dca grattas en mettant pied à terre dans la cour de la tour de Glendearg.

Les habitans s'agenouillèrent tous spontanément et baisèla main du seigneur abbé, cérémonie à laquelle les moines eux-mêmes étaient souvent forcés. Le bon abbé Boniface

' Details omi» par M. Dcfaucouprct. a. m.

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