CHAPITRE XVI
«Un courtisan cxtraordinuire , qui, pai' ia clicU: M (le viande, <le boisson, d'exercices leiupérés, de « musique choisie, de bains fréqucns, de ses res- .< sources de chemises el d'habits, se propose d'im- <i mortaliser l'immortalilc elle-même, et rend l'cqui- « page de la cour l'essence de son bonheur. » La Dame magnétique.
Lorsque toul-à-coup le seigneur abbé eut avec fierté dis- |)aru aux yeux de ses vassaux qui l'avaient attendu, le sousprieur les dédommagea de la négligence de son supérieur par un accueil doux et plein d'aménité, qu'il ])rodigua à tous les membres de la famille, et particulièrement à dame Elspelh, à son fils Edouard et à Marie Avenel; il condescendit même jusqu'à faire cette question : «Où est donc ce méchant Nembrod , Halbert ? Il n'a pas encore, j'espère, tourné, comme son grand prototype, sa lance de chasse contre l'homme?»
«Oh, non , si cela plaît à votre révérence, dit la dame Glendinning, Halbert est descendu dans la vallée pour y attraper quelques pièces de venaison, ou très certainement il ne se serait pas trouvé absent un jour où tant d'hommes viennent pleuvoir et sur moi el sur les miens.»
' Détails omis par M. Defautonpiet, page 2o3. a. m.
«Oh! aUra])er une chair si savoureuse telh^ que nous l'aïnions, dil à voix basse le sous-prieur, cela a été de tout temps uu don très agréable. Je vous dis a{,lieu, car il faut que j'aille retrouver sa seigneurie le père abbé.»
«O révérend seijjneur! dit la bonne veuve le retenant, si vous étiez a&sez obligeant pour prendre notre parti s'il y a quelque chose de mal; et, s'il manque quelque chose, pour dire qu'on va l'apporter, ou faire quelques excuses que vous croirez les meilleures. Toutes les pièces de notre vaisselle d'argent nous ont été volées depuis la bataille de Pinkey, où je jjeidis mon pauvre Simon Glendinning, ce qui fut la plus grande des calamités pour moi.»
«rs'imporle, ne craignez pas, dit le sous-prieur dégageant doucement sa robe de la main inquiète de la dame Elspeth, le sommelier a apporté avec h>i l'argenterie et les verres de l'abbé , et je vous prie de croire que quelle que soit la rusticité de votre repas, votre bonne volonté le fera paraître très magnificjue. »
Ayant prononcé ces mots, il s'échappa d'auprès d'elle et se rendit dans la salle où les préparatifs, que le peu de temps avait permis de faire étaient dressés pour la collation de midi de l'abbé et du chevalier anglais '. H y trouva le seigneur abbé ])our qui un coussin, composé de tous les plaids- de la maison, avait rendu le grand fauteuil de Simon un siège doux et commode,
« Bencdicite ! dit l'abbé Boniface, maintenant fi de ces bancs si durs, etceîade tout mon cœur. Ils sont aussi désagréables que les escabelles de nos novices. One saint Jude soit avec nous*^, sire chevalier! comment avez-vous fait pour passer la nuit dans ce donjon ? Si votre lit n'était pas plus doux que votre siège, vous auriez tout aussi bien pu dormir sur la couche de pierre de saint Pacôme; après avoir été au trot pendant dix milles , un homme a besoin d'un siège plus commode que celui qui est mon triste lot.»
Avec des figures où se peignait la compassion, le sacristain et le sommelier coururent pour soulever l'abbé et pour ar-
' Omis par M. Defauconpret, page 2o5, depuis « permis, etc.» — 2 Sorte de manteau écossais, Jjarioîé. — 3 Omis par M. Defauconpret, page 2o5, depuis.
!• Qerigdicile." a. m.