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RHIZOPODES DE LA CRAIE BLANCHE VUS AU MICROSCOPE

bonne santé pour lui communiquer le charbon, et il est bien certain que la grosse mouche qui se nourrit de viande corrompue avait la trompe souillée de ces mêmes bactéridies.

Elles sont donc la vraie cause du mal; par conséquent, il faut chercher le remède parmi les médicaments funestes aux infusoires. Sans doute cette importante notion,en dirigeant les recherches des médecins, permettra d’arriver enfin au succès si vainement cherché jusqu'ici.

Enfin, pour vous donner au moins une idée du rôle important des infusoires, 1l faut ajouter qu’ils sont les artisans et les constructeurs de montagnes entières.

Pour comprendre comment ces infiniment petits peuvent remplir une si gigantesque fonction, regardons un instant ce qui se passe dans la première mare venue. Le microscope nous y montre en mullitudes innombrables ces diatomées que nous venons de citer. On aura une idée de leur abondance et de leur faible volume en se rappelant que, certaines d’entre elles ayant à peine un centième de millimètre, dans 1 millimètre cube, c’est-à-dire dans un espace plus petit qu'une tête d’épingle, il ya 1 million de leurs carapaces. Or ces carapaces siliceuses résistent, après la mort de l'infusoire, à la décomposition : elles se déposent les unes contre les autres dans le fond de la mare et arrivent, avec le temps, à constituer des couches de plus en plus épaisses, de vraies formations géologiques.

Les tripolis, roches à grain excessivement fin, rudes au toucher, quelquefois compactes, plus souvent pulvérulentes, ont pour la plupart une origine organique résultant de l’accumulation d’un nombre prodigieux de carapaces de diatomées.

Les rhizopodes ou foraminifères sont des infusoires de très petite taille et dont le corps est protégé par une enveloppe presque toujours éalcaire. Le sable du littoral des mers est tellement rempli de ces rhizopodes qu’ils composent la moitié de sa substance. On en a compté 6000 dans une once de sable de l’Adriatique, et jusqu’à 3840 000 dans une once de sable des Aniilles.

Les restes de rhizopodes forment en grande partie des bancs qui gênent la navigation, obstruent les golfes et les détroits, comblent les ports et forment avec les coraux ces iles qui germent au sein des régions chaudes de l'Océan et dont nous avons précédemment parlé.

Les rhizopodes entrent pour beaucoup dans la composition de couches entières. À l’époque carbonifère, une seule espèce

du genre fusulina a formé en Russie des bancs énormes de calcaire. Le terrain crétacé en montre une immense quantité dans la craie blanche, depuis la Champagne jusqu’en Angleterre. Les bassins tertiaires de la Gironde, de l'Italie et surtout de Paris renferment un nombre prodigieux de rhizopodes. On peut dire que la capitale de la France en est presque entièrement bâtie.

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