PAR
Unem C'EST
qu'on püt le garder frais des bords de la Méditerranée à ceux de la Seine; maintenant, grâce aux trains express, nous les mangeons aussi frais que les Marseillais eux-mêmes.
Le poids moyen du thon est de 40 à 50 kilogrammes, sa longueur dépasse généralement 1 mètre, et quelquefois elle est de 2 mètres et plus; son poids varie alors entre 100 et 150 kilogrammes. Sur les côtes ae Sardaigne, on en a même pêché qui pesaient de 500 à 900 kilogrammes : de véritables curiosités tout à fait exceptionnelles. Ce gros poisson mange les petits ; ilse régale volontiers de sardines.
La pêche du thon est pour ainsi dire le monopole de l'ftahe, dont ce poisson aime les côtes. Pour le capturer les Italiens se servent de madragues. On appelle madraques des filets fixes à très grandes mailles, formés avec de solides tresses de sparte et de chanvre, capables de résister à l'effort des massés de poissons énormes qu'ils sont destinés à capturer.
La madrague est un engin de capture fort ancien. On la fait remonter aux Phéniciens, qui la transmirent aux Grecs d’[onie. Les Romains la propagèrent sur tous les rivages soumis à leur domination, notamment en Sicile et sur les côtes de la péninsule ibérique. C’est de l'Espagne que la madrague à été importée en Provence par un seigneur de Bandol, gentilhomme de la chambre du roi Henri IV, et qui obtint pour sa peine le privilège de la pêche aux madragues depuis la Ciotat jusqu’à Antibes.
Aujourd’hui les madragues sont remplacées chez nous par les thorraires, qui prennent infiniment moins de poisson, et que l’on désire voir remplacés à leur tour par les madragues.
L'ensemble des madragues compose un immense parallélogramme qui a environ 245 mètres de longueur et 65 mètres de largeur, et offre trois compartiments ou chambres appelées grandou, pichou et corpou. La dimension de ces chambres va en diminuant jusqu’au corpou ou chambre de mort, où le poisson est capturé.
LE CYPRIN DORÉ. 149 Des filets mobiles qu’on laisse tomber à mesure que la proie parcourt les différentes chambres, en marquent les séparations; le tout est relié au rivage par un filet de direction appelé la queue, dont la longueur varie de 150 à 1000 et même à 1500 mètres. Cette queue arrête le poisson et le guide vers les chambres. Lorsqu'il est dans le corpou, les pêcheurs placés dans quatre bateaux aux quatre angles de l'appareil le soulèvent à la surface de l’eau au moyen de cordes fixées à des bouées, et, ouvrant le plafond volant du corpou, se préparent à s'emparer de leur proie et en font une tuerie immense. Outre le thon, les madragues peuvent capturer l’espadon, le maquereau, l’anguille, etc. On peut prendre par ce moyen des dauphins, qui font un grand tort au poisson et qui sont la terreur des pêcheurs, dont ils brisent les filets à coups de queue. Toute leur force échoue contre les solides mailles de sparte du corpou, quand ils s'engagent à la poursuite des thons, et c’est là que les pêcheurs saisissent le persécuteur en même temps que sa victime.