CAPTURE D'UN REQUIN
Le requin est un poisson cartilagineux. Selon Cuvier, les cartilagineux forment une série qui ne peut être considérée ni comme supérieure ni comme inférieure à celle des poissons osseux; elle lui est plutôt parallèle, « comme les marsupiaux sont parallèles aux autres mammifères onguiculés ».
Les requins font souvent une escorte inquiétante aux navires, espérant toujours qu'il leur en tombera quelque proie. Ils attendent les cadavres qu’on jettera à la mer. Naguère les vaisseaux négriers qui renfermaient des centaines d'esclaves logés à fond de cale, et parmi lesquels d’horribles épidémies réonaient presque toujours, navigualent constamment avec plusieurs requins qui s’engraissaient des nègres morts ou seulement malades qu’on s’empressait de leur jeter.
Le requin a des ennemis : de très petits qui le harcellent, et l’homme qui le détruit autant qu’il est en son pouvoir.
L’estomac et les intestins de celte horrible bête sont remplis d’un nombre énorme de tænias qui non seulement en infectent les cavités, mais se logent aussi dans les tuniques intérieures des viscères, dans des cellules qu’ils s’y pratiquent. Commerson a vu plus d’une fois le fond de l’estomac gonflé et enflammé par ces parasites, qui absorbent une grande partie de ce qu’avale le requin, aiguillonnent sans cesse son appétit, et font de l’effroyable goulu le plus grand affamé de toute la terre.
La chair du requin est dure, coriace, d’un goût désagréable et difficile à digérer. Les nègres de Guinée la mangent cependant, après en avoir diminué la dureté en la gardant très longtemps. On mange aussi sur plusieurs côtes de la Méditerranée de tout petits requins.
La peau, extrêmement dure et tuberculeuse, est employée dans les arts au polissage de différents ouvrages de bois et d'ivoire, on s’en sert aussi on faire des liens, des courroles, des étuis, etc.
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