LES SANGSUES
nettoyer leurs marais de tout ce qui peut leur être nuisible et à leur donner la nourriture qu’elles aiment le plus, le sang pris sur un animal vivant. Ce sont de pauvres vieux chevaux, des ânes, des mulets hors de service qu’on leur sacrifie ainsi. On attache ces malheureuses bêtes au milieu du marais, et on les laisse pendant deux heures en proie aux morsures de toutes les sangsues. On recommence chaque jour Jusqu'à ce que les victimes meurent d’épuisement. Se figure-t-on un plus horrible supplice?
La pêche à la main est le mode de capture le plus usité pour les sangsues. Les pêcheurs, chaussés de grosses bottes imperméables, sont munis d’un sac et d’un petit banc en bois léger qui leur sert à s'asseoir. Les sangues s’empressent autour de leurs jambes, et ils peuvent alors les choisir et les saisir avec l'index et le pouce.
Après la pêche, on trie les sangsues sur une table de bois ou de marbre ; on les compte en les rangeant par grosseurs et en faisant glisser chaque sorte dans un vase particulier.
Tenues en un lieu frais, les sangsues peuvent se conserver deux ou trois mois. Pour les transporter, ce qu’on ne doit faire que quand elles sont parfaitement à jeun, on les met dans des sacs de toile qui peuvent tenir chacun un millier d'individus et un volume égal d'argile mouillée. Ces sacs, placés dans une caisse de bois percée de trous, sont isolés par des couches végétales.
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