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CHAPITRE X

TKBBAim SUDSIEH ET DEVOKIEH.

A l'agitation produite par les sonlëTements et les âislocatioDs du terrain Cumbrien succéda une pfr> riode de calme, ^ndant laquelle se précipitèrent de nouveaux eédiments, provenant des débris pul- Terisés ou arracbés par les eaux aux formations précédentes. Ce sont des schistes ardoisiers noirâtres, des calcaires gris ou bleu&tres, cristallisés par le contact de la matière en fusion qui continuait a jaillir par les soupiraux béantâ de l'écorce ter^ restre.

Tels furent les éléments des dépôts formés peu* dant cette seconde époque, et que de nouveaux soulèvements ne tardèrent pas a mettre au jour, eu formant de nouvelles îles ou en réunissant entre elles quelques-unes decelles déjà formées. Un grand nombre de ces Iles, aujourd'hui fort éloignées de la mer pour laplupart, existent encore. On les observe sur une grande étendue dans le pays de Galles, autrefois pays des Silures, ce qui a lait donner à ces dépôts le nom de lerrains siluriens. On les rencontre également en Hretagne, où ils renferment de riches gisements de silicate de fer et de galène argentifère que l'on y exploite. C'est A cette formation que se rapportent les ardoisières d'Angers et celles des Ardennes.

Les calcaires de cette époque sont riches en fos-

Dinliii-invGotV^ic

lE MONDE AVANT LE BËLDUE

Pig. 5 et 6. — Algaei ailatienneB.

silee ; on y trouve des plantes inférieures, toutes des algues, des polypiers, des mollusques, des crustacés. Les trilobtles abondent surtt dans le schiste doisier d'Ange Ces singuliers c:

stacés.quidoivi leur nom à. leur rapace divisée trois lobes, avaii une forme qui r pelle celle de ] cloportes , m leurs proporti< étaient beaucc

Elus considëi les. Ce sont premiers rep sentants de classe des crus ces  la surface globe, mais ils dis- ng. 7. - TriioMte.

6fi LE MONDE ATAVr LK DÈLCCK

paraitTontbienl6t pour faire place à d'autres espèces.

Les crinoîdes ou encrines, très-abondaDtes dans les

Sremiers terrains fossilifères, sont des animaux raiaires fort singuliers. On ne les rencontre presque jamais complets â. cause de leur fragilité ; mais leurs débris sont disséminas dans les couches calcaires de cette époque. Leur tige, composée d'un nombre consi dérabie oe petits disques étoiles et fixée par sa base â la pierre, se terminait par un bouquet de tentacules, au moyen desquels ils arrêtaient leur proie au passage. Cet étrange animal ressemblait à un lis ou à. une tulipe minérale. Il y en avait de pLu' sieurs mètres de longueur.

Le type des mollusques se perfectionne rapide-

MoUuatîoea siinriBn*.

Orihoc6ra. Fig, 0. — Qoniatlta. Fig. 10. — Nautile.

ment : aux espèces gastéropodes et ptéropodea viennent sejoindre des céphalopodes d'une organisation déjà très-avancée. Ce sont des orihocéras, des goniatiks, des nautiles, dont les coquilles offrent une très* grande ressemblance avec celles des espèces et des genres actuels et qui, par conséquent, devaient avoir des habitudes et des appétits tout À fait analogues

Au soulèveOient du terrain silurien succéda une longue période de repos pendant laquelle se déposèrent des conglomérats et des grès, composés des débris des roches siluriennes. Puis viennent les vieux grès rouges, qui doivent leur coloration à l'oxyde de fer, et dost les coucha, alternée de

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MhJBtes et de calcaires, forment le Urrain dewnien, ainsi nommé parce qu'il a surtout été étudié par les

géologues anglais dans le comté de Devon.

Déjà, pendant cette époque, la température s'étant sensiblement abaissée, les eauxdurent absorber une partiede l'énorme quantité de gaz acide carbonique répandu dans l'atmosphère, et, dès lors, se déposèrent en abondance les roches calcaires. La diminution graduelle de l'acide carbonique de l'atmosphère par son passage â l'état de carbonate de chaui, dat avoir une action considérable sur le développement de la vie organique à la surface du globe. Cet air chargé d'acide carbonique, n'aurait pu être respi-

Fig. Il, 12 et 13. - Vigdtani dsToniene.

rable par des animaux à sang chaud, et de longtemps encore nous ne verrous ceux-ci habiter ta terre. Mais ce gaz qui est un poison pour les aoimaux, est au contraire le principal agent vital des végétaux, et ceux-ci, en absorbant le carbone et restituant l'oxygène nécessaire à la respiration des animaux, durent aider considérablement à la purification de cet air primitif, en même temps qu'ils emmagasinaient le principal élément de notre richesse en combustibles fossiles. Aussi voyons-nous, pendant cette époque et la suivante, la végétation terrestre prendre ua développement considérable. La vie, jusqu'alors ezclusivemeat marine, com-

LE lOHDE AVANT LE DÉLUGE

FiR. 14. — Fougëie aiboreacente.

mence à se développer sur la terre; des roseaux et des prèles s'élèvent d'abord sur les rives des lies,

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qui, peu à peu, se couvrent elles-mêmes de végétaux. Vers la fin de l'époque devouienne, de vastes forêts ombrageaient le sol. C'étaient des fougères en arbre, telles qu'on n'en voit plus aujourd'hui d'analogues que dans les régions tropicales, des prèles et des lycopodes gigantesques, dont les représentants actuels ne sout que de mauvaises herbes qui croissent dans les près marécageux, mais qui, alora, attei*

Flg. 15. - Prtle. Pig. ta. - Ljcopodfc

Biaient la hauteur des jplus gros bambous de l'Inde. Ëjd paraissent des sigiUaires et des lepidodendrons, arbres au tronc papeloné d'écaillés, dont la luxuriante végétation caractérise l'époque suivante. Malgré leur développement colossal, toutes ces

Slantes ont une organisation très-simple; aucune 'elles ne porte de fleurs, toutes sont cryptogames, c'est-à-dire â organes reproducteurs ordinairement cachés et difQciles à reconnaître- La vie animale se développe aussi ; outre les mollusques, les crustacés et les zoophytes qui, déjà, peuplaient les eaux de l'époque précédente, on voit apparaître de nombreux poissons, qui présentent

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des formes spéciales et qoelquefoia si biEarres que ce n'est qu'avec hésitation qu'on les a rapporta  cette classe. Ce sont les premiers vertèbres de la créatirâi.

Plg. IT. — Asterole^ prânon dtionlai va an denoos.

Ces poissons avaient 'une'' organisation particulière; leurs écailles auguleu-ses étaient composées de plaques osseuses ou cornées revêtues d'une lame mince d'émail. Leur queue était inégalement bilobée et la colonne vertébrale se prolongeait dans le lobe caudal supérieur, caractères qui ne se retrouvent aujourdliiii que chez les Squales et les Esturgeons, c'est-à-dire dans un très -petit nombre d'espèces, tandis qu'ils existaient chez tous les poissons de ces temps antiques. Quelques-uns de ces animaux atteignaient une très-grande taille, huit à dix mètres. Certaines espèces, présentant des caractères

Fig. 18. — Cépbaluida, poUson dsroDlMi.

propres aux reptiles, semblent annoncer rarrivée prochaine de ces derniers.

Parmi les plus remarquables de ces pcnssons étaient; l'asterolevis, dont le corps giganteûine était protégé par une forte armure osseuse garnie de tu.-

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bercoles ea forme d'étoiles; le cepkalaspis, doat la tête seule était protégée par un bouclier ëcailleux, et surtout \e megaiichthys , moastre moitié poisson moitié tortue. Sa tête ressemblait à celle d'un lirocbet, et son dos était recouvert de larges plaques écailleuses, assez semblables à la carapace d'une tortue, aux pattes de laquelle ressemblaient ses oageoires allongées et couvertes d'écaiUes. Peut4tra

tig. 1>. — DipluuitliDB, poiaaon devoniSB.

ces membres mdimentaireslui'permettaient-ils de sortir de l'eau et de ramper à terre, si, toutefois, son organisation le rendait apte à respirer l'air en nature.

C'est dans les couches supérieures du vieux çrès rouge que l'on a trouvé, en Angleterre, les premiers débris de reptile ; ce sont les os d'un petit lézard on d'une salamandre aquatique qui pouvait avoir de douze à quinze centimètres de long.

Pendant que s'accomplissaient des modifications importantes dans la masse atmosphérique, les sédiments continuaient i se déposer sous les eaux,

et cas couches offriraient une très-grande continuité si, de temps à autre, l'action ignée n'était Tenue bouleverser ces dé^nts solidifies. Lorsque, le gaz ee développant à l'intérieur, l'équilibre se trouvait rompu entre la résistance de 1 enveloppe et leur force expausive, ces gaz se frayaient un passage i travers les points les plus faibles, soulevaient et déchiraient plus ou moins la croûte terrestre, et la matière fluide et incandescente venait s'épancher à la surface. De là ce grand désordre qui existe dans les couches anciennes, qui, de planes et horizontales qu'elles étaient, sont devenues plus ou moins inclinées et redressées; de là encore les plissements divers et les dislocations que présentent certaines roches, et Les masses de granit et de porphyre qni les interrompent ou s'y intercalent.

De nouveaux soulèvements firent surgir des eaux ces terrains Devoniens qui, presque toujours, se trouvent en stratîâcation discordante avec les terrains antérieurs qu'ils recouvrent, et qui, outre la Bretagne, terre ancienne par dessus toutes les autres, véritable musée où se conservent les types de toutes les formations primitives, couvrent de larges surfaces en Angleterre et en Ecosse, dans l'est de la France et en Belgique, en Saxe et dans l'Amérique du Nord. C'est à cette époque que s'élevèrent les ballons d^ Vosges et les coltines du Bocage normand. C'est également à cette époque qu'appartiennent les porphyres de la Lozère et les granits du Brokeu immortalisés par les chants de Goethe.

Au milieu de ces effroyables ébranlements, la vie ne disparut jamais tout à fait, mais des espèces nombreuses s'éteignirent pour ne plus reparaître. D'autres leuc succèdent ; mais ces changements n'ont pas eu lieu insensiblement d'une formation à l'autre; et, ni les mêmes genres, ni souvent les mêmes familles ne traversent les séries successives des grandes formations. On ne peut donc admettre une simple modification des êtres due au milieu qu'ils hamtaient, et il semble difficile d'expliquer les cbangements qui, à diverses époques, ont eu lieu dans l'organisation autrement que par des actes de création directs et plusieurs fois répétés.

T,Co(>'^ic

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