‹ Le monde avant le délugeChapitre 27 sur 27 · L.OO'^IC · texte numérisé non relu

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t(â9 même, elles ont lieu arec une violence (jui rappelle de loin et en petit les perturbatione apportées par les anciens soulèvements des montagnes.

Le pins considérable et le plus ancien de ces soulèvQments modernes a dû être celui des deux volcans l'Eîtna et Te Stromboli qui, se propageant le long des , côtes de la Méditerranée, causa l'inondation passagère dhme partie de l'Italie et de la Grèce et donna probablement lieu au déluge d'Ogygès ou de Deucalion.

On donne le nom de tremblements de terre aux' saoonsses plus ou moins violentes dont le globe ter- ' restre est affecté, qu'elles soient ou non accompagnées de dislocations ou de soulèvements. On peut distinguer deux sortes de tremblements de terre : ' les uns circonscrits dans chaque région volcaniqoe; . les autres qui s'étendent sur d'immenses espaces, et avec une célérité si j^ande,. qu'une même se-cousse peut se faire sentir presque simultanément ' Bordes points éloignés déplus de mille lieues l'un de '. loutre, témoin le trop célèbre tremblementde terre de 1755 qui détruisit Lisbonne et Méquinez |MarocJ et se Ht ressentir jusqu'à la Martiniqueet au Groên- . land , Quant à la cause çrui les produit et aux effets '

Îui les accompagnent, il n'y a entre eux d'autre' itTérence que l'intensité et l'étendue. Ils provien- ■ nent des coups de bélier des vagues souterraines contre le plafond qui les recouvre.

Les tremblements déterre se manifestent par dés oscillations verticales, horizontales ou circulaires,qui se suivent et se répètent à de eourtâ intervalles. Le plus souvent, la secousse se propage en ligtie ' droite ou ondulée, à raison de cinq myriamèlres par minute. Quelquefois elle s'étend à la manière des ondes et il se forme des cercles de commotion où les secousses se propagent du centre â la circonférence.

Les secousses circulaires ou Biratotres sont lesplus dangereuses ; mais aussi elles sont les plus ' rares ; elles produisent des effets souvent singuliers : des murs et des maisons ont été retournés sans êtrerenversés, des routes droites ont été courbées, des champs couverts de cultures différentes ont glissé : ' les uns sur les autres.

L'action verticale de bas en haut produit souvent l'effet de l'explosion d'une mine. C'est ainsi qu'^ Rio

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182 LE MONDE AVANT LE D6lDCB

Bamba, ea 1797, Ion du tremblement de terre qui détruisit cette ville, les cadavres d'un grand nombre d'habitants furent lancés au delà de la petite rivière de Lican sur la colline de la Culca à plus de cent mètres de hauteur.

Le phénomène s'annonce ordinairement par de»

bruits sourds, par des roulements souterrains. ■ La nature de ce bruit, dit de Humboldt, varie beaucoup; il roule, il gronde, il résonne comme un cliquetis de chaînes entrechoquées ; il est saccadé comme les éclats d'uB tonnerre voisin, ou bien il retentit avec fracas comme si des masses de roches vitrifiées se brisaient dans les cavernes souterraines. ■

On sait que les corps solides sont excellents conducteurs du son.etque les ondes sonores se propagent duisTargile cuite dix ou douze fois plus vite que dans l'air; aussi les bruits souterrains peuvent-ils s'entendre à des distances énormes du point où ils sont partis. On entendit^ Caracas et dans les plaines de CaloboEO une effroyable détonation au moment de l'éruption du volcan Saint-Vincent, situé dans les Antilles d une distance de 1200 kilomètres; c'est, par rapport à la distance, comme si une éruption du Vésuve se faisait entendre dans le Nord de la France. Les secousses ont même lieu parfois sans être accompagnées d'aucun bruit souterrain, et d'autres fois, ces bruits se font entendre sans secousses. Dans le terrible tremblement de terre qui détruisit Lima, en 1746, on entendit à Truxillo, distant de 150 lieues de l'endroit du sinistre, un coup de tonnerre souterrain, sans ressentir aucune secousse.

■ L'impression que produit sur nous un tremblement de terre ait de Humboldt, qui en a été plusieurs fois témoin, est profonde ; ce qui nous saisit, ce n'est pas seulement le souvenir des grands ravages qu'ils ont produits, ni l'image des catastrophes dont l'histoire a consei-vô le souvenir et que notre imagination reproduità notre pensée ; ce qui nous saisit, c'est que nous perdons notre confiance innée dans la stanilité du sol. Dès notre enfance, nous étions habitués an contraste de la mobilité de l'eau avec l'immobilité de la terre : tous les témoi- gnages de nos sens avaient fortihe notre sérénité. Le sol vient-il à trembler, ce moment sullit pour

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détruire l'expérience de toute la vie. On peut s'éloigner d'un volcan, on peut éviter uu courant de lave; mais quand la terre tremble, où fuir? Partout on croit marcher Bur un foyer de destruction ; alors chaque bruit, chaque souffle d'air eicite l'attention. On se défie surtout du sol sur lequel on marche ; les animaux, particulièrement les porcs et les chieng, éprouvent cette angoisse. L'épouvante se manifeste même chez les oiseaux ; on en a vu dans une agitation extrême, voler sans direction déterminée, tourbillonner et s'abattre comme frappés de vertige. Les ciocodiles de l'Orénoque. d'ordinaire aussi muets que nos petits lézards, fuient le Ut ébranlé du fleuve et courent en rugissant vers la forél. .

Quand l'agitation du sol est légère, on en est averti, dans les lieux habités, par le tintement des cloches et le mouvement des meubles. Si le tremblement acquiert une certaine intensité, les maisons se lézardent, les cheminées s'ébranlent et tombent; mais ai le phénomène se présente dans tout son développement, rien ne résiste A son action. Ce redoutable fléau renverse non-seulement des villes, mais il a quelquefois assez de puissance pour rendre méconnaissable l'aspect du sol qu'il a ébranlé. Les arbres sont déracinés : il se produit des éboulements de montagnes, des couches de terrains considérables glissent dans les vallées qu'elles recouvrent ; le cours des rivières est interrompu, les lacs sont desséchés, les sources tarissent ; ailleurs, au contraire, des sources jaillissent dans des lieux qui en étaient privés, des courants de boue s'établissent, les falaises sont ébranlées et s'écroulent dans la mer. La terre s'entr'ouvre et engloutit des villes entières pour' ne laisser à leur place qu'un étang, un espace couvert de sable, ou un gouflre béant. Témoin le terrible tremblement de terre de I8e8 qui, dans la république de l'Equateur, vient d'engloutir ou de renverser vingt villes. Les villes d'Otavalo et de tlotacachi, contenant, l'une douze mille et l'autre huit mille habitants, ont été englouties avec leurs populations, et l'emplacement od eLes se trouvaient, fait aujourd'hui partie des abîmes. Arica, Iquique, Ârequipa, Talcahuana, Ibarra sont rasées ; plus de soixante mille âmes ont péri.

1B4 LE HONDB AV&KT U DËLDCB

Soixante mille fitres bumains rayés da Uvn de vie dans l'eepace de quelques luÎDutea !

D'autres fois, les tremblements de terre produisenl des dislocations lout i fait analoeues a ceUee des soulèvements dont fut témoin T'enfaace du monde.

Ainsi, en 1819, on vit dans l'Inde s'élever au milieu d'une çlaiae nne colline de 80 kilomètres de longueur, qui barra le cours de l'Iudus, pendant que vers l'embouchure de ce ûeuve,. un bourg fortifié disparut sous les eaux.

Il est rare qu'un volcan se forme & la suite de secousees prolongées; tel fut pourtant le cas du vcikcaa de Jorullo au Mexique qui, après trois mois de secousses et de tonnerres souterrains, surgit tout à coup au milieu de la plaine jusqu'à la bauteur de SIO mètres. Ce fut également par l'ouverture de {ilusieura cratères quese termina le tremblement de terre de Lima en 1746,

En 1558, dans les eavirons de Pouzzoles, après deux ans de secousses et de bruits souterrains presque continuels, le sol se crevassa, et vomit une quantité de ûammes et de vapeurs ; une des ouvertures lança, pendant sept jours, tant de cendres et de Scories, que le lac Lucrin fut en partie comblé, et Qu'ji se forma sur les bords une montagne, (le Monte Suovo,) baute de 142 mètres.

Les tremblements de terre font naître aussi des Éruptions d'eau chaude, de vapeur aqueuse, de boue, de fumée oojre et même de flammes. Lors du tremblement de terre de la Nouvelle-Grenade (1827), il se forma dans la vallée de la Magdalena de nombreuses creva-sses par lesquelles sortit une faraude quantité de eaz acide carbonique qui asphyxia une multitude d animaux.

C'est dans les régions volcaniques que les tremblements de terre sont le plus communs ; le midi de l'Italie et ses îles, l'Islande, les Canaries, les Antilles, le Pérou, etc. Ces phénomènes sont en effet intimement liés â celui des érupticns volcaniques et sont les effets d'une même cause : la réaction des vapeurs soumist^s i une pression énorme dans l'intérieur de la Terre- On a remarqué dans les éruptions volcaniques, gue plus les«spLoaions étaient tardives, et plus les

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LE KONDB ATJUn LE OÊLUCB' Itfô

secousses étaient fortes, parce que les vapeurs sont alors accnmuléeseD plus grande quantité. C'est dans cette remarque si simple que se trouve l'explication générale du phénomène. C'est ce qui eiplique aussi pourquoi les plus forts tremblements de terre, ceux qui ont amené la destruction de Lisbonne, de Lima, de Caracas, de Cachemyre, et d'un grand nombre de villes en Syrie et dans l'Asie Mineure, se sont produits, en général, loin des volcans en activité. On peut en enet regarder ceux-ci comme des soupapes de sûreté par lesquelles s'échappe, comme dans nos chaudières, le trop plein de vapeur, la matière ignée en fusion.

Les volcans sont des ouvertures dans l'écorce du globe, qui émettent par intervalles et quelquefois continuellement, avec bruit, mouvement et chaleur, des matières pierreuses fondues ou notablement altérées par le feu. Presque tous les voJcana connus sont placés Eur le sommet de montagnes isolées, ollrant une ou plusieurs ouvertures en forme d'entonnoir que l'on nomme cratères et qui communiquent par un long couloir ou cheminée avec le foyer des matières en fusion.

Quelles que soient les dimensions des volcans, leur forme générale est la même, les matières qui les composent, les causes qui les ont élevés, les phénomèoes qu'ils présentent sont presque en tous points comparables ; en sorte que l'élude de l'un d'eux peut facilement conduire à la connaissance des autres et donner par analogie une idée exacte, non- seule ment des nombreux volcans qui brûlent à la surface des terres connues, mais de ceux, plus □ombreux sans doute, qui sont en activité sous les eaus, et enûn, des volcans actuellement éteints de divers âges, dont les massits plus ou moins démantelés et les produits plus ou moins altérés couvrent de vastes contrées, l'Auvergne, la Bohême, l'Irlande, etc.

Les montagnes que couronne un volcan, sont presquetouioursentièrementcomposées de matières rejetées parles bouches ignivomes et accumulées les unes sur les autres. Elles se trouvent généralement assises sur d'anciennes couches volcaniques ou plutôt d'origine ignée différant notablement par leur nature, des matières vomies par le cratère. Tel est

186 LB miniB ÀYAHT LE l^LPCE

le Vésuve, ce mont si souvent décrit, gui bs dessine d'une maniàresiptttoresqaeaufond de la délicieuse baie de Naples et s'élève sons la forme d'un cône de 1200 mètres de hauteur sur une base de 30 milles de circuit. Tel est encore l'Etna, dont le pied plonge dans une mer profonde, tandis que sa cime, couverte de neige et fumante, s'élève à 3,300 mètres et qui menace de ses feux la Siûle et la Ualabre qu'il oomine- Le Vésuve, sinon le plus considérable au moins' le plus célèbre parmi les volcans, est situé dans la plaine de la Gampanie à trois lieues de Naples ; il s'élève sous la formed'nn grand cône obtus tronqué qui forme la base du n>lcaii et près de deux tiers de son élévation totale. Sur le plan de la troncature de ce premier cane s'en élève brusmiemeni un second plus petit, i pents rapide et qui termine ta montagne. Le sommet de ce cône terminal est tronqué et creusé d'une cavité conique en sens opposé, que sa ressemblance de forme avec une coupe a fait désigner sous le nom de craière. C'est par ce cratère ou bouche volcanique que s'échappent presque continuellement des gaz et des vapeurs visibles et que parfois et à des intervalles plusou moins rapprocnës se font les éruptions dont les effets majestueux et terribles causent en même temps l'admiration et l'efTroi. Parfois des éruptions analoguesont lieu par des bouches qui s'ouvrent accidentellement Sur les flancs du grand cône et autour desquelles s'élèvent de petits cônes parasites.

Le Vésuve n'a pas toujours eu la ufèuie forme et l'élëvatioQ qu'on lui voit aujourd'hui. Autrefois sa hauteur était moindre ; sa cime se terminait a la troncature du premier cône dont le cratère beaucoup plus vaste fournit une grande plaine circulaire couverte de p&tnrages et entoure d'us bord élevé et escarpé comme l'est un cirque par ses murailles. C'est dans ce cratère comblé que s'étaient retirés les révoltés de la conjuration de Bpartacus, comme dans une forteresse naturelle, et lorsqu'ils se virent assiégés de près par Claudius Pulcher du seul côté praticable, ils descendirent, dit Plutarque, par les escarpements du bord au moyen d'échelles qu'ils firent avec les sarments des vignes sauvages qui croissaient au loilieu des rochers. Les Ronuuns

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ne s'aperçurent pas de cette manœuvre, et, surpris par les gladiateurs, ils furent taillés en pièces-

A cette époque, rien n'annonçait au vulgaire un volcan, bien que la structure et la composition de cette montagne ne laisse aucun doute a cet égard. De mémoire d'Lomme, on n'avait vu sortir de ce mont des matières enflammées, lorsque tout à coup, en l'an 79 après Jésus-Christ, le terrain environnant a'ébrrtnla sur une grande étendue, la montagne 86 mit soudain à bouillonner jusque dans ses entrailles les plus profondes; enfin les matières gazeuses et fluides surmontant la pesanteur des laves consolidées et des scories qui formaient J'ancien cflne, lancèrent dans l'atmosphère avec d'effroyables détonations une grande partie du cône lui-même réduit en poussière. C'est lâ cette immense gerbe ea forme de pin si bien décrite par im témoin oculaire, Pline le jeune, qui de Misène, . au bout opposé du golfe, put comterapler cette scène épouvantable et grandiose, dans le même temps que Pline le naturaliste, son oncle, accourait à force de rames au pied du volcan pour en observer de plus près l'éruption et y trouver la mort. Les débris de 1 ancien cône, ainsi lancés avec des tourbillons de vapeurs et de cendres dont l'éruption même déterminait laproduction,obcurcissaient l'air au loin et retombaient, couvrant la campagne et ensevelissant des villes entières qui disparurent alors comme Pompéï, Herculanum et Stables, dont nous observons aujourd'hui avec curiosité les monuments conservés sous ce manteau de cendres, plus tard recouvert par des coulées de laves. Du milieu de l'ancien cirque — dont il reste encore une partiedu Lord escarpé— surgit alors une nouvelle montagne, le Vésuve proprement dit, formé par les déjections du grand cône primitif évidé.

Cette éruption, oui commença pour le Vésuve une époque nouvelle, demeura "distincte de toutes les autres éruptions postérieures, par ce qu'elle ne donna pas sortie à des torrents de lave incandescente.

Un autre phénomène de ce genre fut celui de l'émersion en une seule nuit, en 15S9, du Monte Nuovo près dePouzzoles.dans la banlieue de Naples. Après de nombreux tremblements de terre qui dé-

solèrentlaCampanie,— ditPorzio, qui en fut témoin oculaire — on vit, le39septeinbre, le terrain se sonlever entre le mont Barbaro et le lac d'Averne pois se fendre avec un horrible fracas, et, par une large bouche qui se forma alors, Tomir des flammes, dea pierres ponces, des pierres et des cendres.

Presque tous les votcanse disposition d'un c&ne vole:

bris d'un ancien cône de n niques- En effet, le grand ■ de Palma, l'Etna, le Strou Baren Island.etc, etc., pn que l'on remarque dans u cans éteints. On a expliq le soulèvement, autour d'i niques d'abord placés h les lambeaux redressés &\ une cavité centrale, au des les cendres et les débris d mosphère dans laquelle ils seraient accumulés pour fi

Longtemps on a rapport!

niques à des causes local* bustions ou des décompos seraient opérées dans l'épa fondeurs Tariables ; telle e chimiste anglais Humph

Slusieurs savants : mais pc es géologues, un volcan breux accidents d'une cal'état originaire dusphéroï intérieur actuel. L'observ;

2ue cette cause a son siège u sol, mais plus bas, car sortent évidemment de d terrains, qu'elles traversent par consequeni.

Pour que la cause ijjnée ou volcanique produise des effets dans l'épaisseur du sol, ou à sa surface, il faut que celui-ci soit disloqué, divisé, traversé enfin par des Assures ou cheminées qm mettent en rapport sa face inférieure avec sa surface. Les tremblements de terre qui sont probablement dus à des contractions, des retraits et des tassements des matières consolidées du sol donnent lieu à ces divisions et ouverlurea.

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Trouvant des fisBuree, des vides pour se loger, les matières fluides IncBDdeBcentes, aoiiiuises à une Ttression moiodie, se dilatant et changeant peutate môme de nature par la réaction de leurs éléments pénètrent le sol et le traveraent dans tons les sens ; elles s'y refroidissent, s'y consolident, en œodillant par leur haute température, les roches avec lesquelles elles se trouvent eu contact, de là des filons, diîs dykes, des effets de métamorphisme.

Si ces matières gazeuses ou fluides traversent la totalité du sol, alors elles s'échappent ou s'épanchent au dehors.

Gomme nous t'avona dit, les volcans sont les sonpapes de sûreté de cette immense chaudière qni irémit sons noa pas. Quand les tremblements de terre annoncent un excès d'ébullition, les soupapes s'ouvrent; des gaz, des cendres, des laves se fout jour et le calme se rétablit. Ce gui distingue profondënient les éruptions volcaniques de celles qui furent la cause des anciens soulèvements, c'est gue ces dernières une fois produites, ne se renouvelaient pas. Les crevasses par lesquelles avaient jailli tes granits, les serpentmes ou les trachylea, empâtées par ces matières ne se rouvraient plus pour en laisser passer d'autres ; taudis que les volcans sont des conduits qui s'eneorgent quelquefois, mais qui hient&t sont rendus liEres par l'arrivée de nouvelles matières en fusion.

L'éruption commence ordinairement par de violents jets de gaz et de vapeurs, bientAt accompagnés de cendres et de pouzzolanes — matière composée de petits fragments de terre poreuse et calcinée. — D'épouvantables détonations se font entendre; de

Prodigieuses gerbes de flammes illuminent toutes ts contrées environnantes; d'énormes blocs de rocher, des pierres ponces, des bombes volcaniques composées de matières scoriacées sont lancés a de grandes distances, pendant que la lave monte sans cesse, s'accumule dans le cratère d'où elle déborde hientdt pour descendre en torrents de feu sut les pentes de la montagne.

Ce n'eet pas toujours, néanmoins, da cratère terminal que s'échappent les laves. Souvent, par des crevasses communiquant avec le conduit central, eUes se font jour àdiâérenleis bauteurasor les fiancB

de la montagne en feu. De là elles s'écoulent tantôt BOUS la forme de courants, tantôt sons celle de larges nappes, gai détruisent tout sur leur paa-

Les laves eu fusion ont une viscosité gui leur

Ejrmet rarementd'acquérir une très-grande vitesse. eue surface se refroidit d'ailleurs assez rapidement, et, alors, elles ne peuvent plus couler que sous les parties déjà coagulées qui les enveloppent et nuisent encore à leur marche. Même sur des pentes asses rapides, elles mettent quelquefois un lour entier pour parcourir une centaine de mètres. Mais une fois protégées contre l'action de )'air par leur surface sondiliée, elles restent un temps trèslong A SB refroidir. On en a vu, anprès de l'Etna, répandre encore des vapeurs vingt six ans après l'éruption qui leur avait donné naissance.

Sous le nom générique de laves on comprend toutes les matières Quiaes vomies par les volcans, çruoique ces matières soientde nature fort diSérente. Ce sont d'abord pour les volcans tes plus anciens, des basaltes, puis des tracbytes, des obsidiennes, — espèce de verre noirâtre qui, souvent, comme dans les lies de Lipari, couvre en nappes de grandes étendues ; — enfin les laves proprement dites, d'uîi

fris noir et d'une structure plus ou moins poreuse. L arrive parfois que, lorsque ces dernières se sont accumulées dans desbas-fonds sousforme de coulées d'une grande épaisseur, leur refroidissement avant lieu avec une lenteur extrême, !e retrait les'fait fendre et se diviser en colonnes prismatiques, ce qui les a fait souvent confondre avec les basaltes.

Labauteurdesvolcansexerceunegrande influence BUT la fréquence des éruptions ; leur activité parait être eu raison inverse de leur hauteur. En eflet, si, comme tout semble le prouver, les foyers de tous ces volcans sont situés a la même profondeur, il est évident que la force nécessaire pour élever la masse de lave en fusion jusqu'à leurs sommets doit croître avec leurs hauteurs. Il ne faut donc pas s'étonner si le Stromboli, le plus petit de tous, (700 mètres), est en pleine activité depuis le temps d'Homère et sert encore aujourd'hui de phare aux navigateurs, tandis qae des volcans sept et huit

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LE MONDE ATAYT LE DËLUGB 193

fois plus élèves, paraiEsent condamnés i de Iours intervalles d'inaction ; les colosses qui, comme le Gotopaxi (5813 mettes), couronnent les Gordillôres ont a peine une éruption par siècle.

Les volcans nous fourniBsent donc un moyeu de nous rendre compte, jusqu'à un certain point, du degré de puissance de cette force d'eipanaion qui, autrefois, a soulevé les continents. Au Vésuve et a l'Etna, au pic de TénéniTe, les laves et les obsidiennes sont sorties du cratère. Or, l'altitude de l'Etna est de 3,30U mètres, au dessus de la mer, celle du pic de Ténériffe de 3,710 mètres, celle du sommet de l'Antisana de 5,833 mètres. Si la colonne soulevée eut été d'eau, il eut fallu plue de 300 atmosphères pour l'élever au haut de l'Etna, plus de 350 a Ténériffe, plus de 550 à l'Antisana. Les laves pesant à peu près trois fois autant que l'eau, il a donc fallu pour l'Etna 90O atmosphères, pour l'Antisana plus de 1,500, c'eat-â-dira une force 150 fois plus puissante que celle qui met eu jeu nos plus puissantes machines. Ëi quelque chose est fait pour nous étonner, ce n'est pas que la mince pellicule qui nous supporte soit ébranlée et déformée par faction irrésistible des fluides qu'elle enveloppe, mais bien plutôt qu'elle ne se brise pas sous leur pression.

Les volcans qui s'élèvent au dessus de la limite des neiges perpétuelles, comme ceux de la chaîne des Andes, présentent des phénomènes particuliers. Les masses de neige qui les recouvrent fondent subitement pendant les éruptions et produisent des inondations redoutables, des torrents qui entraînent

ESle mêle des blocs de i^lace et des scories fumantes. es neiges exercent encore une action continue pendant la période du repos du volcan, par leurs infiltrations incessantes dans les roches de trachyte. Les cavernes qui se trouvent sur les flancs de la montagne ou à sa base sont transformées peu à peu en réservoirs d'eausouterrains, que d'étroits canaux font communir^uer avec les ruisseaux alpestres. Les poissons des ruisseaux vont se multiplier de préférence dans les ténèbres des cavernes, et quand les secousses qui précèdent toujours les éruptions des Cordillères ébranlent la masse entière du volcan, les voûtes souterrainess'entf'ouvranttoutàcoup, l'eau.

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les poissons, les boues tufacées sont expulsés à la fois. Tel est le singulier phéDDmëne qui se produisit es 1698 dans le mont Carguaira^o, qui domine les plaines de Quito. Bon sommet s'écroula subitement, moQdant les terrains environnants d'une vase argileuse qui contenait nnegrande quantité de poissons morte.

Les Tolcans BOus-marins présentent des pbéno< mènes bien différents de ceux des volcans atmosphériques. Sous l'eau, les matières gazeuses ou fragmentaires projetées dans une masse liquide agitée, dont la résistance et la pression sont en ralsoia de son épaisseur, se dissolvent ou sont entraînées par les courants et déposées plus ou moins loin des points d'émission; alors elles donnent lieu à des couchée eédimentaires ou tufe. Les matières Huides Incandescentes ou laves s'épanchent autour des orifices de sortie d'une manière plus ou moinsrégulière.malede telle sorte, cependant, qu'elles forment une masse conique dont la bouche d'émission faille cenb-e. En eflet, la lave, plus rapidement refroidie, s'arrête aune distance âpeu près égale, â partir de ce centre, en conservant plus d'épaisseur au point d'épanchement, les couches suivantes recouvrent ce premier disque de laves, qui s'élève alors lente* ment, du fond des mers jusqu'à leur surface. L'Ile Julia, qui, en 1831, parut au sein de la Méditerranée, n était que le sommet d'un immense cône submergé. Plus de cent ans avant cette époque, et& plusieurs reprises, on avait remarqué des émanations de gaz, vu des bulles de vapeura â. la surface des eaux, ressenti en mer dee secousses, entendu des bruits, qui démontraient l'existence dans le même lieu d'anciennes cheminées volcaniques.

En 181 1 , on vit s'élever, non loin des Açores, une Ile nouvelle en forme de céoe, de plus de'§0 mètres de hauteur, avec un cratère à son centre ; de ce cratère s'échappait un courant d'eau chaude qui se Srécipitait dans la mer. Cette lie disparut au bout e quelques mole. Plusieure éruptions antérieures avaient eu déjà lieu dans ces parages.

En 1814, émergea du sein des eaux, près des lies Aléoutiennes, une lie couronnée d'un pic de mille mètres de hauteur ; de son sommet séchappaient de la fumée et des vapeurs.

Dinliii-invGotV^ic

LE MONDE AVANT LE DâLtICE 19ft

Récemment des pbéDomënes analogues «fp sont passés dans la baie de Santorin qui appartient À l'archipel grec, où, depuis les temps historiques, le sol est agite par des convulsions fréquentes. Santorin, l'ancienne Thera, est elle-même une lie d'origine volcanique et semble n'être, avec quelques autres iles plus petites, que le point culminant du bord d'un vaste cratère. Pline raconte que Thérasia fut détachée de Santorin, l'an 236 avant notre ëre, A la suite d'une violente commotion. licite également l'a^jparitlon dans le même golfe, en l'an 19, d'une petite tle depuis disparue.

En 1707, après de violentes secousses éprouvées i Santorin, on vit surgir une lie nouvelle formée de roches noires, du centre desquelles s'élevaient des flammes, des cendres et des vapeurs sulfureuses. A la surface de l'eau flottaient d'mnombrablea poissons morts. Cette éruption dura une année, pendant laquelle l'Ile continua  s'agrandir et à monter ; elle a aujourd'hui plus de 9 kilomètres de tour ; on la nomme Kammeni (l'Ile brûlée),

Pendantun siècle et demi les parages de Santorin étaient restés dans un catme parfait, lorsque, dans les derniers jours de janvier 1866, des secousses da tremblement de terre annoncèrent le retour du terrible phénomène. Au bout de quelques jours desdétonatioQs violentes se succédèrent, les flammes jaillirent au milieu des eaux en faisant bouillonner les flots. Une partie de l'île Kamméni s'abima dans la mer; tandis qu'unelle nouvelle, l'île du roi Georges fit son apparition au milieu d'un véritable feu d'artifice.

Cette baie de Santorin, autrefois à sec, n'est, commenous l'avons dit, que le vaste cratère d'un ancien volcan qui s'est peu à peu alFaissé; et qui, sans doute pendant des siècles, est resté endormi comme l'ancien cône du Vésuve. En efiet, des fouilles exécutées à Tbérasia ont fait découvrir, à une certaine profondeur, dans ces dépôts volcaniques, une nécropole et des vestiges de constructions considérables. Ces édifices sont nécessairement d'une époque antérieure aux éruptions du volcan submergé. Un peuple Inconnu habitait cette contrée avant la catastrophe qui Ta plongée sous les eaux. yille, édifices, richesses, tout a disparu dans l'ablmfl

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sans que le souvenir en ait été conservé par aacnae tradition. Quelle doit *lre l'antiquité de ces restes d'une civilisation perdue, puisque, audire de Pline, Tfaéraaia ne repamt i la surface des eaux que 336 ans avant notre ère ? Peut-être cet événement 88 rattache-t-il  l'inondation qui causa le dëlnge d'Ogygës. Peut-être cette civilisation était-elle conteœporainede celle de T Atlantide, dont parle Platon et qui fut subitement submergée.

< Des tremblements de terre extraordinaires, des inondations étant survenues, dit le texte du Timée, la terre engloutit dans l'espace d'un jour et d'one nuit tous les nommes, et l'Ile entière s enfonça sons les eaux et disparut.* —Plus loin, il parlé, en effet, d'une raced^hommes excellente, qui vivait sur le territoire de la Grèce avant que les eaux eussent tout snbmergé, et dont la civilisation cuntemporalne de celle de l'Atlantide, datait de 900 ans.— U'aprës la description du Critias, cette île célèbre aurait été située en vue de la côte occidentale de l'Afrique, et ne se révélerait plus â nos regards que par le groupe d'Iles des Cananbs, qui en seraient les points culminants. Mais ce ne sont là que de simples conjectures.

Il semble que le nombre des volcans en activité aille en oiminuant; car le nombre de ceux qui sont éteints est infiniment plus considérable que celui des volcans actuellement en ignition.

La France qui, aujourd'hui, ne possède pas un seul volcan actif,les comptait autrefois par centaines dans l'Auvergne, le Velay, le Vivarais, les Cévennes, le Languedoc. Le centre de l'Europe, la Saxe, la Bohème, en étaient couverts; il en existait en Grèce, dans le Caucase, en Transylvanie, commele prouvent les nombreux dépôts tracfiy tiques qu'on y rencontre & chaque pas.

De ce que les principaux volcans tel que l'Etna, le Vésuve, l'Hécla se trouvent dans la voisinage de la mer, on en avait conclu que c'était l'eau qui , Eurivant au foyer incandescent, déterminait par ea vaporisation les éruptions volcaniques. Il est possible en effet, que, pénétrant par quelques crevasses souterraines, les eaux de la mer se vaporisent et déterminent des explosions et des éruptions de vapeurs; mais ce n'est la qu'une cause accidentelle et nulle-

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LE MONDE AVAHT LE AÊLtCE ' f^

ment indispenBable; la preave en estdane l'éloignemeot de certains volcans, tels que ceux du centre de l'Asie etâerAmérique,ae tout bassin maritime et mâme de tout cours d'eau, et qui, néann^oin» sont en pleine activité.

Tous les volcans ne lancent pas de ûammes, il en est gui ne donnent passages qu'à des gas;

Pig. 94. — Solfalsia et fianarolle.

tels sont les solfatares ou soufrières naturelles. Ce sont le plus souvent des cratères éteints ou assoupis, qui, depuis longtemps n'émettent plus de laves et d'oi\ s'exhalent seulement des vapeurs sulfureuses déposant du soufre sur les paroiç des fissures qui leur livrent passage. Une partie de ces vapeurs, en passant à. l'état d'acide' sulfuriqne, réa-

198 l£ MSDK AVin LE dAlocb

gissent Rir l'alnmiDe des rochers et L ..

naie&ance â l'alunite ou pierre d'alun. La plus célèbre deft solfatares eat celle de Pooziolea, pràs de Naples. eiploitéedéjâdutempsdePUue.

Les Cagoniou fumaroUes sont des éruptions de vapeurs aqueuses & use bante tempéntore, sortant par les fiîsures du sol arec TÎolence et s'élevautdaus ratmospbère en colonnes blanch&tres de 6 à 20 mètres de haut. Les lagoni se condensent et donnent naissance à des d^ts de CTpse cristallin, accidentellement de soufre et d'acide borique. DansU Toscane, on utilise ces vapeurs en leur faisant traver ser des flaques d'eau dans lesquelles se dépose leur acide. On se sert ensuite de la chaleur même de ces solfatares pour éraporer ces eaux et en recueillir l'acide. La température de ces vapeurs est de 105 i. 120 degrés. A Monte Cerholi, à Caste! Nuotq, les lagoni sont disposés par groupes de 10, !<1, 30, sur ana longueur de 6 à lO lieues. Ils semblent dus & une immense fente intérieure qui présente d. et là des OQTertures près de la surface, par lesquelles ont lieu les éruptions gazeuses.

Les salset sont des volcans boueux ou des espèces de sources dans lesquelles des matières terreuses sont délayées avec de l'eau salée et desquelles s'é* cbappe du gai hydrogène carboné- I^es érttptioDft ont lieu au moyen de Paccamulatlon des gas quf aoulèventla boue liquide. Celle^i se ré^tod m toutes parts aux alentours, coule sur les parntt forme un cûne qui devient i ta longue une coÛiiw. Ce cône est remarquable par on entonnoir creusa 4 sonsommet comme le cratère d'un volcan.

Quelquetois l'éruption devient très abondante, I& boue s'eléve en gerbe de 6 â 7 mètres d e hauteur, avec des bruits souterrains, des sifllements et mêmes de petits mouvementsduGol comme dans les véritables volcans. Le dégagement d'airest quelquefois si violent qu'il lance les boues A 60 et 100 mètres, comme è. la salse de Girgenti en Sicile et en Crimée.

Les salses sont assez communes dans les environs de Modëne, deParme, deBeggio, sur les bords de la mer Caspienne, dans l'Amérique méridionale et dans l'Inde. La température des matières rejetées n'excède guère celle du lieu où elles se produisent, ce qui semble prouver que le foyer des salsM est

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LE MOND^ ÂVAHf LE DÉLtGÈ 201

■situé aune profondeur beaucoQp moindre que celui des volcans ; il est cependant probable qve la cause qui les produit est en rapport plus ou moins direct avec les pbénomônCB volcaniques.

Les bitumes sont des produits volcaniques indi- .rects dont l'origine n'est pas encore bien connue ; mais leur gisement en rapport constant avec les salses, les éruptions gazeuses, les sources thermales et minérales, les dépôts de sel, de ^ypse et de ■ soufre, leur abondance dans les terrains volcaniques, Délaissent aucun doute à cet égard. Les bitumes sont des matières grasses, plus ou moins liquides ou visqueuses, tres-combustibles , composées de carbure d'hydrogène souvent uni â un principe oxygéné. On en distingue plusieurs espèces.

Le naphte, qui se trouve rarement pur dans la nature, est uû liquide jaunâtre trte-fluide, trèsinflammable. Lorsqu'il sort du sein de la terre, il est ordinairement mélangé d'une antre matière bitumeuse qui le rend plus ou moins brun et viaqueux. On lui donne alors le nom de pétrole.

Les naphtes ou pétroles accompagnent presque toujours les salses ou les dégagements de gaz hydrogène carbonné connus sous le nom de feux perpétuels ou sacrés qui s'échappent de différents lieux de l'intérieur de la terre et ces gaz ayant la même composition que les naphtes, on peut les considérer comme de véritables naphtes à. l'état

On connaît de nombreuses sources de pétrole en

Itahe, quelques-unes en France, dans l'Hérault et l'Alsace, en Angleterre, en Bavière, en Suède, Dans l'JIe de Zante, il en existe des lacs ou bassins naturels qui fournissent annuellement plus de cent barils. Ces sources et lient déjà exploitées du temps d'Hérodote. L'Amérique du Nord possède également de nombreuses sources de pétrole ; on sait que l'exploitation de cette substance appliquée à. Téclairage, apiisdaus ces derniers temps une importance

En Asie, les sources de pétrole sont très-répandues ; la localité la plus célèbre sous ce rapport est Bakou, dans le Bchirwan ; des salses vomissant leurs torrents de boue, des feux perpétuels, des puits

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302 LE MONDE ÀTJUrr LB DiLUGE

salés.dee sources de naphte et de pétrole s'y rencontrent A chaque pae. Les célèbres feux perpétuas de la presqu'île d'Abschéron, autour desquels se réunissent les Guëbres adorateurs du feu, consistent en seize puits de naphte blanc, dont les vapeurs, amenées dans un temple par des tuyaux de bois, brillent constamment. Le pétrole y pénètre à la surface du sol, qui en est tellement imprégné, qu'il Bufflt d'enfoncer dans la terre un tuyau d'un pied de long pour en faire sortir un jet de vapeur bitumineuse i laquelle on met le feu. En Perse et en Chine, le peuple emploie fréquemment ce mode d'éclairage. On compte à Bakou quatre-vinst-deux sources qui fournissent annuellement 40,000 quintaux de napbte,

L'asphalle est un bitume solide qui provient particulièrement de la mer Morte ou lac Asphaltite, — d'où son nom. — Il s'élève continuellement du fond A la surface des eaux, d'oii il est poussé par le \«nt dans les anse^ et les golfes le long des côtes où on le recueille, il acquiert de la consistance par son exposition à l'air. Les Arabes le recueillent aujourd'hui et le vendent sous le nom de Karabé de 3odome. On s'en sert pour calfater les navires et les canots, et pour en faire des toiles ou des draps impennéables. Les anciens Egyptiens l'employaient dans la préparation de leurs momies. Il existe en France aes gites assez considérables d'asphalte impur ou pisaspbalte, à Orthez, Pyrimont et Beis* sel, en Auvergne, etc.; on l'emploie il Parla pour le dallage des trottoirs, pour la couverture des édifices et des terrasses.

Les récits des voyageurs, aussi bien que les écrits des auteurs anciens, tant profanes que sacrés, tendent à prouver que le lac Asphaltite a été le siège de grands phénomènes volcaniques. Tous s'accorémt à dire qu'il existait autrefois sur les bords de cettfl mer de grandes villes qui ont été englouties.

Le bitume asphalte m produit également dans beaucoup d^attlns liesse Ikiorfim des eaux ; tel est i.0m jutlij un lac de trois milles de tour qui existe dans l'Ile de la Trinité.

Nous avons déjà parlé des geysers, sources jaillissantes d'eau bouillante, les unes continues, tes autrç» ipt9iwitt«ntes, dont Uezisteuogtand nombre

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Fig. 38. — Les GËyaeiB d'Islande.

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LE MONDE AVANt LE bÉLtIGÈ ?ô&

en Islande. Ces e^uz s'élèvent en colonne, à la manière des volcans, à des hauteurs quelquefois considérables ; on en cite une qui a 6 mètres de diamètre sur 50 mètres de hauteur. La force qui nrojette ces masses énormes d'eau bouillante paraît ane & l'explosion de la vapeur formée dans le sein de laterreâune profondeur où la chaleur intérieure dn globe est considérable. Nous aTtins vu, en eflet, crue la température de la terre auementait d'un degré par 30 mètres, à mesure que 1 on descendait vers le centre ; il faudrait donc arriver à une profondeur de 3,000 mètres pour obtenir la température de l'eau bouillante que rejettent les geysers.

Lorsque les eaux pluviales tombent sur une montagne, sur une colline dont le terrain eslperméable elle âltre au travers et descend dans l'intérieur du globe, jusqu'à ce q[U'elle rencontre une couche imperméable. Alors elle glisse dessus et en suit les sinuosités qui, semblables â des gouttières, la ramènent à la surface dans la partie la plus basse de la plaine environnante. C'est le cas de la plupart des sources et des fontaines que noua voyons, au pied des coteaux, sortir de terre sans bouillonnement et sans violence. Les hiets d'eau ainsi produits se réunissent d'abord en ruisseaux, puis en rivières et en Ileoves qui vont, se jeter dans la mer.

Souvent il arrive que ces couches imperméables ' sont relevées ou repliées sur elles-mêmes.par l'eflet de quelque ancien soulèvement ; les infiltrations s'y rassemblent et y restent comme dans des réservoirs souterrains. I^e niveau de ces eaux stagnantes, s'é- ' levant par l'effet des infiltrations toujours afilnentes finit par trouver une issue qui conduit au jour le trop plein du réservoir, et il se forme ainsi une source. C'est aussi dans de pareils réservoirs ou lacs souterrains qu'aboutissent nos puits. Il peut arriver aussi que les eaux se soient insinuées entre deux couches imperméables, d'argile par exemple, et que l'eaaemble de ces couches soit incliné et plonge BOUS le sol de la plaine jusqu'à une certaine protondeur. 8i, dans cette plaine, on creuse un puits jusqu'A la rencontre de la nappe aquifëre, l'eau s'élèvera par cette ouverture jusqu^à ce qu'elle atteigne le niveau de son point de départ. C est ce qu'on nomme un puits artésien parce que c'est dans l'Artois que parait

206 LE MoNttB AV&irr lz s&lvcè

avoir été d'abord pratiqué ce genre de puits. Si Vtm de la couche inférieure trouve une ouverture, oae fissure naturelle, elle s'y élance pour reprendre xn niveau primitif et jailli Inora de terre, c'est alors un fontaine jaillûsante. Un grand nombre de marais et de lacs sont ainsi alimentés.

Certaines couches aquifëres se trouvant à uns grande profondeur, leurs eaux ont une température élevée qu'elles conservent en arrivant au jour. Le puits artésien de Grenelle ayant tme profoadeur de M7 mètres, on pouvait prédired'aTanceque&eeeaai seraient à environ 25 degrés, et les eaux cbandesoD thermales de Cbaudesaigues dans le Caut^ mar-

3uant 88°, on peut en conclure qu'elles Tiennent 'une profondeur de près de 3,000 mètres.

Les sources thermales sont communes dans toutes les parties du monde. La France en possède un grand nombre. Presque toutes sont situées dansles pays de montaj^nes. c'est-à-dire dans les contrées on la nature, au moyen des dislocations causées par les soulèvements, s'est, pourainsi dire, chargée de creuser ellemûtnç des puits artéàiens. Venant d'une grande profondeur et traversant par consé juent dee terrains très-variés, ces eaux dissolvent les matières minérales qu'elles rencontrent sur leur passage et deviennent souvent ainsi d'un précieux secours oour la médecine. ^

Ces sources sont ou gazeuses, oti salines, ou sul-

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LE^NDE AVANT LE DtLtCS

foreusee. OQ chargées THprincipe» métalIiqueB et particulièrement de fer. D'Autres tiennent en dissolutiou de la silice ou du carbosate de chaux qu'elle» déposent sur leurs ri Tes, lesquelles, par suite de ces dépôts Buccessifs, s'élèvent, se i^orochent et B.irissent même quelquefois par forawr des ponts naturels. Les dépôts siliceux ont générjtteœent peu d'importance, mais il n'en est pas de même -ém M(>ôt8 calcaires qui ont souvent comblé des lacs et foirtM des bancs de rochei d'une étendue considérable, cnnme à Salle-la-Source, dans i'Âveyron, où une petite rTtMre se précipite en cascade d'une hauteur de 13 mètres,«'<un rocher qu'elle a elle-même formé. A Vichy, à Saint-Miïre, M trouvent des fon- ' tahies célèbres par la propri9l»<|U8 possèdent lencff eaux de recouvrir et d'incruster ne «alcaire les branches, les fruits et les divçrs objets qtfrti y plonge et y abandonne pendant quelques jours.

Un fait qui pourrait faire penser q^ue les eaoz minérales et thermales sont formées dans les profoo* deurs de la terre , outre leur température élevée, c'est qu'en général elles ne sont point du tout influencées par l'état de la surface ; leur température, leur to- Inme et les substances qu'elles tiennent eu dissolution sont sensiblement les mêmes dans toutes les saisons.

Les variations de la chaleur, l'air, les vents, la sécheresse, l'humidité, agissent d'une manière trèssensible sut la plupart des substances minérales : il n'est pas une roche à la surface de la terre gui n'en présente des traces. L'action de l'air sur les roches poreusesesttrës rapide ;et,en peu d'années, les roches calcaires surtout sont altérées jusqu'à une grande profondeur. La chaleurde l'atmosphère exerceégalementuneacttondestructivesurlasurface des masses minérales solides, en les désagrégeant par les alternatives de condensation et de dilatation que produit son plus ou moins d'intensité. La gelée a une trèsforte action désorganisatrice sur les roches, action d'autant plus forte que la roche est plus poreuse et qu'elle laisse plus facilement pénétrer l'eau.

On sait que par un abaissement suffisant de la température, l'eau se congèle, ce gui produit dans son volume environ un douzième d'augmentation ; or si l'eau dont une roche est pénétrée éprouve

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208 LE HONDE AVANT LE DËLDGB.

l'effet de la gelée, la dilatation de volum« qui s'en- STiit produit dans le corps qui la recèle des fissures

§lu3 ou moins grondes qui y déterminent peu à peu es ruptures codïplètea.

L'eau dea pluies, soit à l'état liquide soit sous forme de neige, exerce une action chimique sur quelques aubstances qu'elle peut dissoudre, ou une action mécanique, eu ramollissant certains terraiuB, au point que leurs masses ne peuvent plus se soutenir sur les pentes et<ia'elles s'écroulent aous leur pn^re poids.

La gelée, la pluie, les vents détachent doue chaque jour des rochers des montagnes; les avalanches de neige entraînent parfois dea pics tout entiers, témoin la Dent du Miai dans les Alpes qui, aous l'actiAU de ces cauaes réunies, a Sai par s'écrouler et par joncher le sol de ses débris. Les granits euxmêmes, malgré leur durelé, sont corrodés et désagrégés par les agents atmosphériques, et il n'est pas rare.dàns les pays de montagDes,o'en rencoatreraea hlocs dont la masse a été comme feuilletée. Souvent la matière moins résistante au milieu de laquelle ils se trouvaient enclavés ayant été entraînée par les pluies et les gelées, un énorme quartier de roc ne portant plus que sur un de ses angles, et n'ayant

Ïilus qu'un équilibre instable, cède à l'impulsion de , a main. Telle est le plus ordinairement l' origine de ces pierres branlantes ou pierres des fées, que la tradition explique toujours par quelque poétique légende.

bi l'eau de la pluie, tomhant goutte à goutte, Unit uar percer les rochers les plus durs, le choc répété des vagues contre les falaises des côtes exerce une action plus destructive encore. Rongés à leur base, ces rochers s'écroulent et leurs débris, jouets des eaux, sont sous forme de galets arrondis, transportés sur de lointains rivages; car, ici comme partout, s'établit un certain équilibre, et ce quelamergague d'un côté, elle le perd de l'autre par les atterrissements gu elle forme.

Les fleuves produisent aussi des atterrissements, en accumulant à leur embouchure les terres qu'ils arrachent de leurs bords. Tels sont les deltas célèbres du Nil, du Gange et du Rhûne, et les ailuvions au milieu desquelles le Rhin, en arrivant à

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LE MONDE AVANT LEDÉlUGl 209

la mer, se divise en une multitude de petites biancbea. Quand ce sont des sables ou des graviers'

Sue charrient ainsi les fleuves, cas matières, au lieu e se déposer à la droite et à la gauche des courants gagnent la pleine mer, et, se précipitant aux pointa où le courant a. perdu toute sa foKe, forment comme des digues soua-marines, des barres qui obstruent l'entrée des fleuves et opposent à la navigation les plus dangereux obstacles.

Nos rivières d'Europe ne fournissent que deS allu- Tions de peu d'importance, si on les compare à

Fig. lUU. — ralaiiBS dâsagtegaes pai ws -vaguea.

celles formées par les ûeuves gui traversent les immenses solitudes de l'Amérique tels que l'Amazone et le Mississipi ; on a évalué à plusieurs millions de mètres cubes la masse de matières, tant minérales que végétales, qu'entraînent chaque jour ces fleuves À la mer. Le banc de Terre -Neuve d'une surface presque égale âla moitié de celle de la France est en partie le résultat des atterrissements séculaires du Saint- Laurent. Certaines rivières déposent des alluvions, nou-senlement à leur emboucnure, mais dans leur propre lit qui s'exhausse ainsi de plus en

plus. C'est ainsi que le Pô ollre le phénomène sinffulier d'un fleuve dont les eaux, sur certains points ae son parcours, sont plus élevées que le toit des maisons des villes qu'elles traversent.

Les débris de locnea détachés par la mer, roolâs SUT le fond et frottés les uns contre les autres, s'ar- TondisEent et deviennent des galets, que le Sot dé-

Sose sur le rivage, où ils forment ces espèces de igues, qui marquent, sur chaque plage, la zone où viennent mourir les vagues. Poussés par les courants, ces galets se brisent, et chaque parcelle qu'ils perdent en chemin devient un grain de sahle, de sorte que, à quelque distance des falaises le ^et devient de plus en plus rare et le sable plus abondant.

Ërurelevant et amoncelant le sable des côtes, les vents forment les dunes. Ce sont des collines de 20 <i 40 mètres de hauteur, constituant en général une série de chaînes parallèles aux côtes. Le sable qui se trouve au sommet des dunes, étant chassé

Fig. 101. — Uaruhe dee dunes.

Ïar le vent, tombe de l'autre côté de ces collines, ont la base, en s'élargissanl de ce côté, empiète de plus en plus sur la plaine, pendant que le vent de mer relève de nouveau sable jnsqu à la cime des monticules, pour le rejeter encore sur la pente opposée. De te mouvement continuel il résulte que les dunes avancent constanimeiit vers l'intérieur, engloutissant sur leur passage tout ce qu'elles rencontrent. Leur marche est heureusement asset lente, car, en moyenne, elle ne dépasse pas deux on trois mètres par an. 11 en est cependant qui avancent très- rapidement ; c'est ainsi que dans les Landes et dans la Loire-Inférieure, on a vu des villages ensevelis sous les sables en quelques années. L'ingénieur Brémontier a calculé que l'Océan déposait annuellement plus d'un million de mètres cubes de sable sur les côtes de Gascogne, et tendait ainsi peu à peu à combler le golfe lormé par ces côtes et celles de Biscaye.

C'est A cet iDgêaieur qu'eat due l'heureuse idée d'arrêter la marché des dunes, en les consolidant au moyen de graminées i racines traçantes, de

feoets et de pins maritimes. Aujourd'hui les dunes e Gascogne sont en partie Usées et recouvertes de vastes forêts, d'esseace résineust^, dont les produits acquièrent chaque jour une plus grande importance.

Une cause noa moins puissante que ces efi^ts mécaniques sur la formation des sédiments est l'accumulation des débris animaux qui ont vécu dans ces milieux et dont le rôle a été longtemps mal apprécié.

Les travaux microscopiques ont fait reconnaître que l'importance des êtres organisés dans la composition des coucbes de sédiment était en raison inverse de leurs dimensions, et que les infiniment petits louent un rûle considérable dans ta formation des terrains. Nous avons vu déjà que la craie qui constitue des couches si puissantes et si étendues n'était composée que de débris et de tests d'animaux inférieurs, que le iripoli et le rainerai de fer des marais étaient entièrement composés des débris de diatomées et d'infusoires. Le sable du littoral des mers est tellement riche en coquilles microscopiques, des formes les plus variées et les plus élégantes, que souvent il en est composé pour moitié. D'Orbigny n'en comptait pas moins de ^80,000 dans dix grammes de sable provenant des Antilles. Si l'on remarque qu'il en est de même sur la plupart des côtes et au fond de toutes les mers, on reconnaîtra qu'aucune autre sorte d'êtres organisés n'est comparable à celle-ci. Ces corps dont beaucoup n'ont que 1/5° de millimètre de diamètre constituent une grande partie des bancs de sable qui gênent la navigation, obstruent les golfes, les détroits et comblent les ports comme celui d'Alexandrie.

Les constructions élevées par le trayait incessant des polypes et qui forment des lies au milieu de rOcean ou des récifs le long des continents est un des phénomènes biologiques les pins curieux de la nature actuelle, et celui qui se produit sur la plus vaste échelle.

Dans les mera du Sud gui, aujourd'hui renferment un si grand nombre d'Ues, il n'en existait autrefois

que trëB-peu; mais seulement une multitude de montagnes BouB-marines presque toutes d'origine volcanique et dont les sommets étaient de dix A quarante mètres au deBsous du niveau de la mer.

Sur ces sommeta, Bur les bords relevés de ces cratères, se Bont établis des myriades de petits animaux gélatineux, presque invisibles à l'œil nu, des polypes, qui, au moyen de la liqueur calcaire qu'ils sécrètent comme les mollusques à coquille, se sont construit des ruches solides et de forme tantâtsphérique, tantôt arborescente (Madrépores, coraux). A

Fig. 103. — Le corail et son polypier.

une première génération de ces animalcules en ont auccedÉ d'autres, qui, sur les ruches ou polypiers laissés par leurs prédÉcesseurs, en ont construit d'autres, et cela sans relâche, jusqu'à ce que ces édifices amoncelés se soient élevés a fleur d'eau.

Ces récifs madréporjques, ces forêts de coraux entrelacés ont bientôt été couverts par les algues jjue rejetait la mer et aussi par le guano qu'y déposaient des milliers d'oiseaux pécheurs dont elles étaient le refuge. Une végétation active n'a pas tardé à s'y établir ; les débris des végétaux ont de pluB en plus

exhaussé le sol et, grilce aux travaux de ces petits êtres, en apparence si méprisables, de florissants archipels sont venus embellir les mers.

On a évalué l'accroissement des polypiers â 4 ou 5 millimètres par an, et comme il y a -fle ces récifs qui ont une épaisseur de OOOmètres, leur formation d'après l'évaluatioQ précédeote aurait exigé au moine 120,000 ans.

ï surfece, les forces physiques s'y manifestent sans cessa par des effets de diverses sortes. L'homme est encore trop nouveau sur le globe, pour que les quelques dizaines de siècles qu'embrassent seachroniques lui sufDsent pour constater encore descbangements bien notables, et il croit volontiers que la nature organique, qui n'a cessé de se modifier depuis l'origine des choses, est devenue immobile ; que les lois qui ont régi sur la Terre l'apparition et la succession des êtres organisés, depuis la première flore et la première faune, ne sont plus que des lois de conservation. II croit, en un mot, que la création est finie parce qu'il est arrivé. Mais rien ne prouve qu'il en soit ainsi; nul no connaît la destinée de notre planète, et le tableau de son état actuel n'est probablement pas le dernier qu'éclairera le Soleil.

Comme tout ce qui est né, la Terre doit probablement mourir un jour. Plusieurs hypothèses ont été mises en avant sur la Un qui lui est réservée ; nous les avons rapportées dans le cours de cette histoire. Il n'est plus à craindre aujourd'hui que le choc d'une comète la réduise en poudre ; les astronomes ont fait justice de cette lugubre prédiction. L'extinction absolue de son foyer intérieur ne peut pas plus entraîner sa mort ; car le célèbre mathématicien Fourrier a calculé que l'influence de cette chaleur intérieure sur la surface ne dépassait pas un trentième de degré. Toute la chaleur dont nous jouissons nous vient du Soleil ; tant que cet astre, d'où dépendent tous les phénomënesdela vie actuelle sur

le globe, conservera les propriëtëa qui concourent â leur productioD, la Terre continuera à se x^rer de fleura et du fruits, et à nou^ combler de ses dona.

Mais si, comme tout semble le prouver, le Soleil a la même origine et la même compositioa que les planètes qui ae meuvent autour de lui, il devra passer aussi par les mômes phases de refroidissement. Et lorsqu'à son tour il sera deveoa un soleil éteint, les planëteâ n'en continueront pas moins a 88 mouvoir dan « un milieu qui ne sera plus éclairé et échaullé que par Is rayonnement stellaire. Alors la via aui'a depuis longtemps cessé â la surface de la Terre, roulant dans l'espace sans lumière et sans chaleur.

Cette triste conclusion est heureusement fort éloignée de nous, car il est rigoureusement démontré que depuis les observations de l'école grecque d'Aleiandne jusqu'à nous, la chaleur solaire n'a pas dimmué ne la trois centième partie d'un degré.

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