‹ Le monde chinoisChapitre 2 sur 49 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Les événements ont des leçons que rien ne supplée- 'Personne en Europe ne soupçonnait avant 1866, ni môme avant 1870, le réel degré de puissance latente qui couvait sous l'organisation militaire de la Prusse. Cette organisation, pourtant, n'avait rien de.secret et mùrissail au grand jour, tout près de nous. Il nous était loisible de l'étudier. Elle s'offrait en quelque sorte à notre jugement et se manifestait dans nos expositions marnes rar des engins de guerre nullement invisibles à l'œil nu. Il n'y avait qu'à passer le pont de Kehl pour la voir fonctionner. En dépit de tout, nous ne savions pas la regarder, et il ne fallut rien de moins que d'immenses L désastres pour nous dessiller les yeux.

i On ne peut être surpris qu'après nous être fait sur I notre plus proche voisine des illusions aussi complètes, I nous nous en fassions de pareilles sur la plus lointaine I el la plus fermée des agglomérations humaines. Il est t. certain pourtant que la Chine d'aujourd'hui n'est plus la r Chine d'il y a vingt ans, ni miîme d'il y a quatre ou Icinq ans. Il est évident qu'un « facteur n important, ■jusqu'à ce jour enfermé entre sa grande muraille et le f Pacifique, est en train de se produire sur la scène du [ monde. II est manifeste que l'Empii-e du Milieu, si long- L temps réfractaire à la civilisation gén^,\a\ft,'jeQï-WK«sï.-

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If , ' INTRODUCTION.

mais prendre eiitare les nations la place qui convient à une masse compacta de quatre cents millions d'hommes.

J^e moment est venu d'étudier sa condition prépente.

Si nous voulons bien Wnpaître la Chine, ce n'ôBt pas à nos propres lunettes seulement qu'il faut recourir, c'est à l'expérience de tous ceux qui, dans ces derniers temps, l'ont approchée et pratiquée. Pour la géographie, ce travail a déjà été fait chez nous par Elisée Reclus -^ on sait avec quelle autorité, quelle puissance d'iafprmation et quelle hauteur de style. Il n'y aura rien à a|outer tant que le grand atlas de la Chine, par F. von Ridblofen, en quarante-quatre feuilles, n'est pas terminé. Pour l'histoire, la langue et la littérature, les éléipenta abondent, plus encore en France qu'à l'étranger, et ce n'est pas dans la patrie d'Abel Rémusat, de Stanisla,8 Julien, de Bazin aîné, de Pauthier, qu'on peut se plaindre d'être mal renseigné sur ces matières. Mais, pour les institutions, les mœurs et les ressources actuelles, c'est surtout à l'Angleterre, aux Etats-Unis, à TAllemagne, à la Russie qu'il faut nous adresser*.

1. En première ligne, nous y trouvons le grand ouvrage de l'Américain Wells Williams, « The middle Kingdom », le plus complet qui ait été écrit sur la Chine; les deux gros volumes de F. von Richtofen; les charmante» études cantonaises de rarchdeacon Gray; les Chinese classics du D' James Legge, publiés à Oxford, sous la direction du professeur Max Mûller; les travaux de Dennys, Edkins, Mayers, Balfour, Doolittle, Fergusson; les voyages tout récents de Cooper, Margary, Szechenyi, Ney Elias, Hosie, Baber, Colquhoun; les Arbeiten des russischen Gesandtschaft zu Pékin de Zakharow, la Landwirthschafl von China de Syrski ; le Chinese Repository ; les réimpressions de la « Gazette de Pékin » ; une multitude de monographies publiées dans les cinq ou six dernières années.

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