PHILOSOPHIE ET RELIGIONS
quo l'a écrit son petiuflla, tout au moins pour moyen, M de transmettre k la postérité les préceptes de Tao et de Choun, comme s'ils eussent été ses ancÊlres, et de développer les commandements de Wan et de Wu, qu'il prenait pour modèles. » Par Confucianisme, il faut donc entendre à la fois et l'ancien trésor littéraire de la Qliine et les vues propres au grand philosophe, en y comprenant les adjonctions incessantes que fait à la liste des grands hommes la reconnaissante piété des lellres. Toute leur vie est un hommage aux écrivains nationaux, puisqu'elle est exclusivement consacrée à l'étude des livres classiques. Confucius occupe la première place dans la vénération des fidèles, avec les souverains légendaires dont se réclamaient ses enseignements, Yao et Choun, le roi Wan et ses deux flls Wu et Ghaou; puis viennent Mencius, les empereurs philanthi'opcs, les grands inventeurs, les artistes illustres, tous les bienfaiteurs de riiumanité. De nouveaux noms peuvent venir en grossir le catalogue, par une sorte de canonisation spontanée. Les honneurs qu'on leur rend sont le véritable culte officiel, qui a ses temples dans toutes les villes, avec des desservants spéciaux, et tous les lettrés, tous les fouctionnaires pour pontifes. Ces temples, au nombre de quinze ou seize cents, sont habituellement rattachés aux salles d'examen provinciales et entretenus partie sur le produit des domaines publics, partie par le moyen de dons volontaires. Les dons sont généralement en nature. Ou estime qu'ils comprennent tous les ans 60,000 lapins, porcs, moutons ou daims, et 25,000 pièces de soie..
La philosophie pratique de Confucius eat saoa ca\\.'v.^^-
dit le code moral le plus parfait qui ait jamais été formulé. En voici les articles principaux, « qu'il faudrait savoir par cœur j>, selon le mot de Diderot :
1. L'éthiijue politique a deux objets principaux : la culture de la nature intelligente ; l'éducaiion du peuple. i. L'un de ces objets demande que l'entendement soit orné de la science des choses, afin qu'il discerne le bien et le mal, le vrai et le faux, que les passions soient modérées, que l'amour de la vérité et de la vertu se fortifie dans le cœur, et que la conduite envers les autres soit décente et courtoise. 3. L'autre objet demande que le citoyen sache se conduire lui-mi5rae, gouverner sa famille, remplir sa charge, commander une partie delà nation, posséder l'empire. 4. Le philosophe est celui qui a une connaissance profonde des choses et des livres, ijui pèse tout, qui se soumet à la raison et q^ marche d'un pas assuré dans les voies de la vérité et de la justice. 5. Quand on aura employé sa force intellectuelle à: approfondir les choses, l'intention et la volonté s'épore-ront, les mauvaises affections s'éloigneront de l'âme, 1qcorps se conservera sain, les alfaires domestiques seront' bien ordonnées, la charge sera bien remplie, le gouvernement particalier bien administré, l'empire bien r^l;, il jouira de la paix. 6. Que tient l'homme du ciel? Lk nature intelligente, La conformité à cette nature constitue la règle. L'attention à vérifier la règle et à s'y aasU.^ jettir est l'exercice du sage. 7, Il est une certaine raisoa* ou droiture céleste donnée à tous : il y a un supplément humain à ce don quand on l'a perdu. La raison céleste est du saint; le supplément est du sage. 8. Il n'y a qu'uii' seul principe de conduite; c'est de porter en tout la sin-
ut la sin-4