‹ Le monde chinoisChapitre 43 sur 49 · FORCES DE · texte numérisé non relu

FORCES DE

- Les forces de terre et de mer.

Conlucius avait apijris aux Chinois à ne compter, pour fuire des conquiîtes, que sur le prestige ut la contagion des avantages résultant d'un bon gouvernement. Il les avait avertis qu'il n'en faudrait pas plus à la longue pour amener leurs voisins à solliciter l'annesion. Gelto pensée, d'une justesse si haute, s'est historiquement réalisée. Peu à peu, tous les peuples contigus à la Chine propre sont entrés dans son orbite, et c'est volontairenieût qu'ils l'ont fait. Us n'ont jamais eu à s'enplaindi'e: leurs mœurs particulières, leur indépendance, leurautonomiej ont toujours été respectées. La constitution graduelle de l'Empire du Miiiou. est un exemple admirable des résultats obtenus par une politique extérieure résolument pacifique.

Mais ce a'cst pas à dire pour cela que la Chine ait jamais négligé l'art de la guerre. Il existe chez elle, de toute antiquité, non seulement des traités de tactique, mais do véritables manuels du soldat. Un de ces petits livres pom'raît être utilisé même par une armée de l'Europe moderne. Il est divisé en dix-huit chapitres : le premier traita des dilTérentes formations et des ordres de

LE MONDE CHINOTST

marche, explique la nécessité de se procurer de b( cartes du pays où l'on opère et de les étudier avec il recommande au soldat de ne jamais commettre une exaction inutUe et de toujours chercher à se coucilier les populations par une conduite absolument correcte le second chapitre est consacré à la construction des ponts en campagae, au service des éclaii'eurs et des espions; le troisiùmc traite de la Eortiflcàtion passagère, de la place des sentinelles et vedettes, des mesures prendre pour que les troupes puissent se trouver bous les armes au premier signal, et en général de la police militaire. Le reste du volume analyse les avantages des divers ordres de Sataille, traite du choix des positions, du service do l'état-major et de la meilleure manière de disposer les troupes de réserve.

Ce n'est pas, tant s'en faut, le seul ouvrage consacré à ces matières. Aucune littêratm-e n'est plus riche en livres de tout ordre sur les diverses ^anches de l'art militaire. Mais, comme un peuple de lettrés qu'ils Chinois ont toujours donné heaucoup plus d'importance à la théorie qu'à la pratique. Aussi en sont-ils restés pour. le recrutement des officiers aux idées féodales, qui exigeaient avant tout d'un chef de troupes l'adresse el U force physiques ; et leurs soldats, en dépit de qualités réelles, ont-ils toujoura été battus par les Mongols, les Mandchous, les Huns, les Tartares. Il est vrai que les Fils de Han ont non moins régulièrement pris leur. revanche pendant la paix, en absorbant corps et bi le vainqueur. Uue foi.s bien armé, et commandé par officiers venus d'Amérique ou d'Europe, le soldat chinois n'en est pas moins un adversaire avec lequel il fauli.

LES FORkus DK TERHE ET DE MKII. 2q3

compLor. Gordon, !e héros de Khartoura, lui avait de longue date rendu ce témoignage.

" Il faut en finir, écrivait-il, avec la vieille légende do la poUfonnerio du soldat chinois, qui demande seulement à Glre bien commandé. La régularité de ses habitudes, si remarquable en temps de paix, fait place on campagne à une audace voisine de l'imprudence. Son intelligence et son excellente mémoire en font aisément un très bon sous-officier; la froideur de son tempérament et son calme imperturbable ne sont pas des qualités moins précieuses. Physiquement, il n'est peut-être pas en moyenne aussi robuste que l'Européen, mais il l'est beaucoup plus que les auti'ps races de l'Orient. Uno modeste ration de riz, de légumes, de poisson salé et de povc lui suffit pour supporter les plus grandes fatigues, soit dans un climat tempéré, soit dans les régions tropicales qui ont bientôt raison de l'énergie européenne. Il a peu de besoins, point de préjugés de caste, et les boissons alcooliques ne le tentent pas. Son tempérament lymphatique ou bilioao-lymphatitpie l'affranchit des maladies inflammatoires et la diathèse tuberculeuse lui est presque inconnue. »

La dynastie mandchoue qui a conquis la Chine il y a deux siècles y campe encore avec tous ses partisans à peu près comme Guillaume et ses NormanSsoccupèreot la Grande-Bretagne après Hastings. Voilà ce qu'il faut toujours avoir en vue pour comprendre l'organisation militairede rEm[)ire du Milieu. La première distinction à faire parmi les troupes chinoises est en effet celle de l'arméedes Huit Bannières, ouforce personnelle des usurpateurs, et de l'année du Drapeau-Vert, ou milice nalio-

nalo. Ces dcui 61cmeiitâ,iioii seulement ne secoiilondeât jamais, mais sont opposés l'un à l'autre sur toute l'&eH.'due du teiTiloire et savamment répartis de manière à se balancer aussi exac^iment que possible.

Les M hommes de bannière » sont tous Mandchous, Tartarcs, ou Han-kiun, c'est-à-dire descendants des Chinoia qui abandonnèrent la cause des Ming k l'époque de l'invasion. Ces trois nations sont rangées sous huit bannières, dont les trois premières, purement mandchoues, sont dites supéi-ieures, et les cinq autres inférieures, savoir ;

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