‹ Le monde comme volonté et comme représentationChapitre 166 sur 167 · T. I, 430 et 433. — ") T. I, 436. - * *"") T. I · texte numérisé non relu

T. I, 430 et 433. — ") T. I, 436. - * *"") T. I

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CRITIQUE DE LA PHILOSOPHIE KANTIENNE

ture, succession des événements et coexistence des états sont toutes choses de l’intuition et non de la simple pensée abstraite.

Je défie tous ceux qui partagent ma vénération pour Kant, de concilier ces contradictions et d’établir qu’il a pensé quelque chose de clair et de précis à l’occasion de sa théorie sur l’objet de l’expérience, et sur la manière dont cet objet est déterminé par l’activité de l’entendement avec ses douze fonctions. Je suis convaincu que la véritable cause de l’obscurité profonde qui enveloppe l’exposé de la Logique transcendantale, c’est cette contradiction flagrante qui se continue à travers tout l’ouvrage. Kant, en effet, doit en avoir eu une vague conscience, contre laquelle il luttait en dedans; mais, ne voulant ou ne pouvant pas s’en rendre un compte exact, il la voilait à ses yeux comme à ceux des autres, et cherchait à l’éluder par toute sorte de détours. De là vient probablement aussi qu’il fait de la faculté de connaissance une machine si étrange et si compliquée, à rouages nombreux, tels que les douze catégories, la synthèse transcendantale de l’imagination, du sens intime, de l’unité transcendantale de l’aperception, puis le schématisme des concepts purs de l’entendement, etc. Nonobstant tout cet immense appareil, il n’essaie même pas d’expliquer la perception intuitive du monde extérieur, qui pourtant est bien la chose principale dans notre connaisance; cette exigence si impérieuse, il l’écarte constamment et misérablement par la même expression insignifiante, figurée: „L’intuition empirique nous est donnée". P. 145 de la cinquième édition (T. I, 412), nous apprenons en outre qu’elle est donnée par l’objet: par conséquent, l’objet doit être quelque chose qui diffère de l’intuition.

CRITIQUE DE LA PHILOSOPHIE KANTIENNE

Si maintenant nous cherchons à découvrir l’opinion intime, quoique jamais explicitement énoncée, de Kant, nous trouverons que c’est bien en effet un semblable objet, différent de l 'intuition, sans pour cela être un concept, qui est pour lui l’objet propre de l’entendement; bien plus, nous verrons que c’est la bizarre hypothèse de cet inimaginable objet qui change avant tout l’intuition en expérience. Je crois que chez Kant c’est un vieux préjugé, enraciné et rebelle à tout examen, qui est la cause dernière pour laquelle il adopte cet objet absolu , lequel est objet par soi-même, c’est-àdire même sans le sujet. Cet objet n’est pas du tout Y objet perçu intuitivement ; c’est quelque chose que la pensée ajoute en abstraction à l’intuition comme correspondant à celle-ci, et c’est ensuite seulement que l’intuition devient expérience et possède uue valeur et une réalité : elle n’acquiert donc ces qualités que par son rapport avec un concept (à la différence diamétrale d’avec mon système, selon lequel c’est le concept qui puise sa valeur et sa vérité uniquement dans l’intuition). Ajouter à l’intuition, par la pensée, cet objet irreprésentable directement ( „direkt nicht vorstellbaru) , voilà donc alors la fonction propre des catégories. L’objet , donné d’abord par l’intuition , est pensé ensuite suivant la catégorie “ (Critique de la raison pure, première édition, p. 399 *). Cela ressort encore plus clairement du passage suivant, p. 125 de la cinquième édition**): „On se demande alors si des concepts a priori ne sont pas également les conditions préalables sous lesquelles seules quelque chose peut être, sinon perçu intuitivement , mais du moins pensé comme objet11-, et il répond affirmativement. Ici se montre bien ma-

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