‹ Le monde de demainChapitre 10 sur 28 · LES DIFFICULTÉS DU PROBLÈME SOCIAL LE LUXE ET LA MISÈRE · texte numérisé non relu

LES DIFFICULTÉS DU PROBLÈME SOCIAL LE LUXE ET LA MISÈRE

Je traiterai, ce soir,un sujet qui sortira peutêtre du cadre de nos conférences habituelles. En général, le théosophe s’intéresse aux causes plutôt qu’aux effets ; c’est pourquoi il étudie les causes de la misère et n’attribue qu’une importance secondaire aux formes particulières que celle-ci revêt ; aussi, dit-on parfois que le théosophe n’est nullement pratique. C’est mal s’exprimer que de parler ainsi.

11 est certainement beaucoup plus pratique de s’attaquer bien plus aux causes de la misère qu’à ses effets ; autrem nt c’est vouloir faucher les mauvaises herbes sans arracher les racines qui, demain, donneront de nouvelles plantes. Prétendre que cette étude et la discussion qui en découle ne sont pas utiles revient à dire qu’il est préférable d’envoyer des infirmières et des médecins sur le champ de bataille

pour ranimer les blessés, amputer les membres hors d’usage, plutôt que de songer à faire disparaître les causes mêmes de la guerre. Il est bien certes, en de pareilles occurrences, d’envoyer infirmières et médecins ; mais je soutiens qu’il est infiniment mieux de tendre à substituer l’arbitrage à la guerre.

Ainsi en est-il des questions qui, ce soir, feront Ponjet de cette conférence. Je vous exposerai pourtant certains effets, à seule fin dr vous amener à étudier les causes, comme aussi les changements fondamentaux qui devront s’effectuer pour la réalisation d’une civilisation meilleure.

Pour diriger l’esprit humain dans cette voie, lui donner l’impulsion qui le fera prendre à cœur P amélioration et l’élévation de la société, il faut tout d’abord le mettre en présence des conditions intolérables au milieu desquelles nous vivons aujourd’hui. Ce faisant, je ne m’écarte pas de l’enseignement et de l’exemple prêchés par la noble femme restée si longtemps incomprise ; H. P. Blawatsky, à qui je dois les meilleurs et les plus heureux jours de ma vie.

Ceux d’entre vous qui ont étudié la théosophie peuvent ne pas avoir oublié certain pas-

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sage de La Clef de la Théosophie , où H - P. Biawatsky parle de

La misère des quartiers paumes de Londres ,

et loue les tentatives qui furent faites, à cette époque,pour y pallier.Elle fît mieux que d'encourager par le livre semblables tentatives.

Je lui dépeignais un jour quelques-uns des tristes spectacles auxquels j’assistais régulièrement, comme membre du School Board dans le quartier Est de Londres. Le lendemain, je recevais un petit mot contenant deux pièces d’or et ces quelques lignes : « Vous savez que je suis pauvre moi aussi, mais donnez quand même ce que je vous envoie, aux enfants qui, hier, vous demandèrent des fleurs. »

Cette sympathie, toujours prête à soulager les souffrances humaines, se manifesta une autre fois, sous une forme que peu d’entre nous, sans doute, seraient disposés à adopter.

H.-P. B... partait pour T Amérique ayant juste la somme nécessaire à l’achat de son billet.

Elle venait à peine de quitter le guichet, qu’elle rencontrait, sur le quai, une femme pleurant auprès de ses enfants. H.-P. B... la pria de lui confier la cause de son chagrin, et la pauvre

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